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Mais Vous n’avez Rien Compris !
N’avez Rien Vu !
Vous êtes Aveugles !
Vous êtes Muets !
Vous êtes Sourds !
Surtout oui !
Vous êtes Sourds !
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Dans ce Monde Déchaîné
Où seul le Gain a Valeur,
Où l’Âme Moquée se meurt de Terreur,
Que peut faire Encore Le Poète
Sinon Attendre l’Heure ?…
Sinon Décrypter les Bruits Lancinants
Émergeant de Lieux Souterrains
Où l’Horreur Tapie Patiente ?…
Se Taire de cela le peut-il le Poète ?..
Humains et Sociétés Tourmentés,
Sols Sanglants, Bouches Cousues,
Vies Basculant de Soumission à Insurrection
Doit-il se Taire le Poète ?…
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Être Décrié dans ce Monde
Où Banalité et Trivialité gagnent
Sur Originalité et Profondeur
Est Marque d’Indépendance et de Qualité d’Esprit.
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Comment ne pas Glisser dans la Déréliction
Face au Temps Révolu,
Perdu à Jamais,
Où la Main Tendue et le Geste Gratuit
Avaient Sens Humain ?
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Le Poète ne Sait pas la Vérité …
Il en Éprouve le Présage …
Il ne Voit pas l’Avenir …
Il en Pressent les Augures …
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La Prétendue “Folie” du Poète Réside
Dans cet Incommensurable Espoir
De voir Naître un Monde Neuf
Où L’Art de l’Amour Unirait les Hommes …
La Mélancolie et la Désespérance du Poète
Sont Fruits de sa Quête de L’Idéal Humain
Confrontée à la Conscience de son Utopique Rêverie …
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Rien de ce qui fut ne Résiste, ne Persiste.
Tout fut Consommé,
Le plus Beau et jusqu’au Feu du Soleil…
Ils sont Parvenus à Tout Corrompre.
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Orphelin Accompagné de sa Muse
Le Poète Défriche le Chemin des Visions Obscures
Avide de Lumière
Il ne Cesse d’Invoquer la Ligne du Jour …
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Les Rythmes du Temps s’Alourdissent
Et Pèse sur l’Humanité
Une Sournoise Désolance
Résonnant d’un Timbre Solennel
Et Creux Comme un Glas…
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Chaque Nuage dans le Ciel
A son Poids d’Évanescence
Distillant en Larmes Iridescentes
Les Encres Tourmentées
Dont le Poète tache ses Cahiers.
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Et vient la Nuit.
Nul ne se Tourne vers Lui.
Seuls les Papillons Nocturnes
Viennent se Poser
Sur les Roses de Sang
Que le Poète a Transcrit.
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RED_BAKKARA
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Droits d’Auteur
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Emmanuel Hannaux (1855-1934)

