*
*
*
*
*


*
*
*
*
*

*
*
*
*
*
*
Froid …
Et dans le dos une main de glace …
Avant que tout ne s’efface …
Avant que la mémoire ne fasse son tri…
Ne laisse aux oubliettes tout ce qui d’emblée …
S’oublie …
Noire la couleur de l’horizon où tout s’égare …
C’est le peintre qui l’a reproduit …
Ne voir rien à travers les hublots il fait nuit …
*
*
Et froid …
De ses yeux coule une larme …
Acide c’est le goût de ce mauvais charme …
Il la désarme …
Sa langue …
Va chercher sur ses lèvres le goût salé d’un soir …
Acide le regard plongé dans la réalité …
*
*
Froide …
La lame de glace …
La lame de fond la lame …
De métal acéré …
Aux rayons des étoiles …
Du ciel noir lui aussi …
La voix se perd dans l’abîme des sans regards …
Sur la mer si immense des désespoirs …
*
*
Si froid …
Et dans le dos une main de glace …
Avant que ne trépasse le souvenir …
Il se doit dire …
Ce qui peut-être jamais ne reviendra …
Le moment l’instant celui où elle parle là …
Où se consignent les écrits en vers révoltés …
Révolver sur la tempe et forte debout …
Au bastingage pareille aux loups …
De mer et sans cri ni plainte tomber…
Le verbe haut …
Et le front droit …
Au sol …
Sur le pont …
Ne rien oublier …
*
*
Et froid …
Dans le dos une main de glace …
Avant que tout ne s’enlace ne s’en lasse…
Et nous passe dans des noeuds…
Dont impossible de se défaire il sera alors…
Trop tard pour marcher et courir …
Les pieds entravés…
De souvenirs qui ne pourront que hurler…
Alors qu’il conviendrait de s’en taire…
S’en défaire …
Et s’enterre cauchemar sans peur…
La voilà droite à la proue et devant elle …
S’envolent les paroles au gré de tous les vents…
Contraires …
Plutôt que de se taire regarde les…
Vois les à présent s’en aller par dessus les terres…
Et les mers elle espère …
Et ne jamais plus vouloir s’arrêter…
Au moins elle l’aura fait de les libérer…
Même si d’avoir osé les proférer…
Pourra faire que l’on vienne l’enfermer …
*
*
Dissidence ?
Halte là !!!
Ne te retourne pas !
Ne recule pas !…
Reste là immobile on te fouille !…
Et si t’as la bonne bouille …
Peut-être bien que tu pourras revenir …
Et reprendre le joug …
Prendre le bât et te faire oublier …
*
*
T’as compris toi là-bas ?…
Diligence !!!!
Que traines-tu dans ta valise ?
Rien ?!
Elle est vide ?…
Et la mémoire ?…
Pleine de rides ???…
Ras le bol de tout …
Et de quoi surtout ???
De tous ces jours où rien ne vient …
Et d’attendre sans espoir et sans fin…
Et d’espoirs sans attente ni rien …
Et d’attendre sans plus espérer …
Et la tourmente du néant et puis du noir …
Où même un chien n’irait voir …
Et de voyager seule de la cale au pont …
*
*
Et froid …
Avec dans le dos cette main de glace …
Qui glace le temps …
Passe donc passant !
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*

*
*
*

*
*
*
*
(Poétique)
*
*