Serpent ?

Trois heures pleines de lutrin tiens que je viens de m’offrir …  Plus d’une heure de violon et le reste saxo !!!  Du beurre !…  Mais tout de même pas moyen, malgré l’heure, d’aller la mettre dormir celle là !  Elle rôde dans ses mètres carrés, se refait de nouveau pour la sempiternelle fois un café, tudieu c’qu’elle en boit des cafés, elle ne vit que de ça une vraie pitié !  Et ses clopes !!!  Pour la longévité, ben c’est pas gagné !  Mais elle s’en fout en fait, vu qu’elle continue à bluezzer à donf y’a pas moyen de lui trouver une issue à cette âme qui ne cesse de réclamer mais quoi ?  Qu’est ce donc qu’elle réclame cette âme qui lui fait peine et dont elle n’arrive pas à faire taire la rengaine, pauvre d’elle mais qu’y faire c’est comme ça et ça s’appelle la galère …

Mais bon on fait avec de ces temps arides où le désert semble de plus en plus avide de l’absorber en ses sables éternels …  Alors voilà, c’est ici qu’elle vient tasser un peu de cette vilaine froidure qui lui bouffe les méninges et qu’ça dure et qu’ça dure depuis un bon temps que ça dure et pas moyen d’y trouver remède elle se dit que tant pis, on va écrire, ce sera toujours ça de débarrassé hors de l’enceinte fatale où s’engloutit la pensée infernale qui lui taraude les tempes merde alors !

Oui merde alors j’aime à le répéter …

"Fenêtre"

"Fenêtre" - MandraGaur'En Individu'Elle

Tiens …  Puisque j’ai l’air de ne pas vouloir aller dormir …  Pour le fun …  Je vais vous raconter que ce matin, très très tôt, je crois que je venais de me coucher d’une paire d’heures seulement, retentit stridente la sonnerie sur mon palier …

Quid ?…

Mais oui vraiment qui, à ces heures indues, d’autant que jamais personne ne se préoccupe de venir me voir, qui ose me dis-je en émergeant de mes songes, (pas drôles) …  Et donc je me lève vu le caractère intempestif et insistant de la sonnette qui résonne pareille à une urgence dans mes tympans …

Vite fait je me ramasse dedans ma litière, j’attrape ce que je trouve pour m’en faire une protection contre le froid sinistre qui règne aux étages, je traverse le palier, gla gla gla, et je m’en vais voir par la fenêtre du bureau …  Il fait tellement tôt que même il fait encore tard et noir faut pas d’mander …  J’ouvre la dite fenêtre qui en fait n’est jamais vraiment fermée tellement le châssis aurait bien besoin d’être changé et je me penche fort en avant pour parvenir à observer, sans être vue, le devant de ma porte à rue et voir quel est donc cet intrus …

Les pompiers !…

Oui ma chère me dis-je à moi même, ce sont bien des pompiers devant ta porte, grand camion stationné juste en face, et gyrophare allumé !!!

Kèssssakokessakivamarivé ???

Je me racle la gorge avant de parler, histoire de voir si j’ai encore de quoi m’exprimer, tellement il est vrai que je passe tant d’heures dernières à ne plus du tout parler puisqu’enfin bon il n’y a plus personne pour tailler la moindre bavette des jours entiers et je dis, classiquement et comme il se doit :

 » Oui ?  Euh …  C’est pourquoi ? »

Dans ma tête je me mets à penser que peut-être il y aurait le feu je ne sais pas moi, en bas dans la taverne, ou dans la grange, mais non tout de même, l’alarme est censée m’avertir avant les pompiers si tel était le cas …

Enfin on n’sait jamais, l’ustensile est peut-être en panne quoique non il vient d’être tchèké (c’est comme ça qu’on dit maintenant non ?) et normalement le service de vigilance, que je paye à l’année et qui coûte la peau des fesses, aurait déjà dû, si c’était le ca, me téléphoner …

Donc ?  Question :

« Je vous écoute ?  Il y a un souci ? »

Ils sont deux sur les trois à lever la tête vers moi et ensemble de me demander :

« Excusez nous madame, mais …  Voilà …  Est ce qu’il y a des serpents dans la maison ? »

Attends !…  Minute là …  J’ai bien ouï ?…

Je me frotte les quinquets et le conduit des oreilles, non c’est pas possible, je fais des tas de rêves bizarres et tristes et sournois de ces nuits mais tout de même là !?…  C’est un peu fort de café …  Des serpents à c’t’heure !!!…  On aura tout vu dans cette ville !..  Et à quelle heure encore bien !…  Je ne la sais même point !  Et moi de dire, pour enchaîner :

« Pardon Monsieur, des serpents ? »

« Oui Madame » … Est-ce que quelqu’un ici dans la maison aurait des serpents ? »

Hu ?…  J’hallucine, ça y est !…  Je suis cuite !!!

Apparemment non pourtant je ne rêve pas, d’ailleurs je commence même à avoir très très froid avec cette fenêtre ouverte sur ma petite personne à peine mal éveillée, je me dis :  « C’est la réalité vraiment on me demande au sortir de la nuit si dans ma maison il y aurait des serpents ! »

Surréaliste non ça ?…  Et je me sens mousser …

Et de répondre :

 » Bon !  Pour commencer, ici, il n’y a que moi avec moi, et à part moi … »  Dont on dirait bien, va savoir avec toutes ces mauvaises langues ici dans le coin, je leur disais :

 » A part moi il n’y a ici aucun serpent !!!…  Non Monsieur, pas de serpent non ! »

A ce moment là j’avise la mère de la pharmacienne, une espèce de méchante prétentieuse qui se croit sortie de la cuisse d’Aphrodite parce qu’elle a du pognon et qu’ils ont acheté cash (ça se dit aussi comme ça maintenant) l’officine d’à côté pour sa fille, celle là même qui un jour m’a dit, désobligeante comme une teigne que :

« Tout le monde sait bien dans la rue que vous êtes folle ! »  Et que je n’ai jamais pu digérer ça, ce qui me parait d’ailleurs normal …

Je la vois donc bien oui, elle, cette vilaine tourterelle, s’approcher des pompiers et lever, elle aussi, la tête vers moi me posant la même question saugrenue :

« Vous n’avez pas de serpents chez vous ?! »

Serpent toi même j’aurais pu lui dire mais bon, je ne suis pas comme ça et je reste toujours plutôt gentille moi et même calme je trouvais après coup malgré la situation on ne peut plus qu’étrange …  Et je nie donc pour la seconde fois de ma nuit, et même de ma vie, la présence de ce genre d’animaux dans mon logis :

« Non madame non, je n’ai pas, il n’y a pas et je ne veux pas de serpents chez moi !  Leur place … »

Ca j’ai pas quand même pas pu m’empêcher de l’ajouter …

« Leur place, selon moi, est dans leur milieu naturel « 

« Ah bon !  Merci Madame …  Excusez nous de vous avoir dérangé ! »

Et les quatre, trois pompiers et la mère de la pharmacienne, s’apprêtent à quitter mon trottoir pour s’acheminer plus loin, à savoir juste à côté de ma porte, devant celle de la pharmacie !  Me plantant là, encadrée dans ma fenêtre !!!  Ah mais non je me dis ça c’est trop fort !  Ils pourraient au moins, ce me semble, m’expliquer !!!  Comment donc, ça fait que vous venez sonner à toutes les heures, me réveiller, me demander si j’ai chez moi des reptiles et devant ma négation vous me plantez là ???

Mais vraiment c’est quoi ça ?…

Rugissante ou presque je referme, enfin façon de parler, la fenêtre de mon bureau et je me précipite dans l’escalier …

Merde !  L’alarme !  Je l’avais oubliée celle-là …

La voilà tonitruante qui se met elle à réveiller tout le quartier …  Je remonte vite comme l’éclair, tout ça je vous dis comme dans un film, je n’voyais même pas très clair, je désamorce l’alarme pour arrêter le tintamarre, je prends le téléphone sans fil parce que là c’est sûr le centre de vigilance va me sonner et je redévale les escaliers pour aller leur dire ma façon de penser moi à cette mère de pharmacienne et à ces pompiers …  Arrivée en bas dans la taverne je me rends compte que j’ai oublié les clés !…

Ah ouais !!!  Pour ouvrir la porte vaut mieux non ?… Donc, quatre à quatre je remonte pour aller les chercher, et merde !!!

Le téléphone lui se met à sonner !…

Je redescends …  Je  l’avais déposé sur la première table dans la salle en bas !…  C’est le centre de vigilance, comme prévu,  qui me demande mon code, et puis mon mot de passe et puis si tout va bien et puis s’il ne faut pas m’envoyer la police pour vérifier …

« Non Monsieur, oh que non merci, je suis déjà largement servie, ça ira, j’ai les pompiers ! »

« Les pompiers ?  Vous avez le feu chez vous ?! »

« Euh, non non non, pas du tout …  Tranquille Monsieur, rien à signaler, si ce n’est, peut-être, un serpent ! »

« Pardon Madame ?  Un serpent ?… »

« Oui bon, écoutez Monsieur, c’est un peu long à vous expliquer …  Et je voudrais bien les rattraper et pour ça je dois remonter chercher mes clés et voilà … (‘Tain le cafouillage là !…) Mais ne vous en faites donc pas, c’est moi qui avait oublié de défaire l’alarme dans ma précipitation à cause des pompiers et c’est pourquoi elle a sonné, et non il n’y a pas le feu mais il faut absolument que je rattrape les pompiers à cause des serpents et n’cherchez pas à comprendre surtout, je n’y arrive pas moi même et là je n’ai pas le temps parce qu’ils vont partir qui sait ???  Merci de m’avoir sonné !  Bonne journée !!! »

« Mais …  Attendez madame !…  Minute !…  Attendez …  Vous êtes sûre que tout va bien ?  Vous n’avez besoin de rien !!! »

Tout de même …  Allez comprendre ça vous …  Il est vrai que le bonhomme doit se poser des questions vu la manière dont je lui ai expliqué en cascade les évènements, après tout il fait son boulot, mais alors que tant de fois j’aimerais qu’on s’occupe un peu de moi, qu’on me demande si je n’ai besoin de rien et que ça n’arrive jamais de chez jamais voilà que pour une fois je voudrais juste qu’on ne s’occupe plus de moi et le mec d’insister …  Et moi de même …

Je reste calme, exemplaire :

‘ » Non monsieur, tout va bien, je vous répète, je n’ai besoin de rien, les pompiers sont devant ma porte mais ce n’est pas pour moi c’est pour des serpents et je m’en vais leur demander exactement de quoi il retourne si vous me le permettez … »

« Bon …  D’accord ! Sûr ?!  Vous ne voulez pas que je vous envoie la police pour vérifier ???  Si il y avait quoi que ce soit vous pouvez retéléphone madame !…  D’ailleurs je vous ressonerais moi même dans un quart d’heure pour me rassurer ! »

Mince alors celui là !…  Il fait du zèle pour le coup …  Si seulement de temps en temps on pouvait comme ça se soucier de moi quel bien qu’ça me f’rait mais là, vraiment je suis à la bourre, je veux savoir le fin mot de l’histoire des serpents et donc je coupe court:

« D’accord oui c’est ça vous me retéléphonerez tout à l’heure au revoir monsieur, je vous remercie encore … »

Et sans plus de formalités j’interromps la conversation !  Les clés maintenant …

Ah oui !!!

Je remonte donc, je prends le trousseau, je jette un œil par la fenêtre de ma chambre, (toujours façon de parler si vous saviez !) et je constate que quand même camion, pompiers et gyrophare sont toujours  là, bien présents, mais cette fois les gars sont sur le trottoir d’en face en train de parlementer …  Je redescends, je déverrouille, j’ouvre et je me retrouve dans la rue …  Je vois par la même occasion que le ciel est à la tendance ‘lever du jour’ et je me dis que pour ma nuit, ben c’est râpé …  Je plonge littéralement de l’autre côté de la rue et j’attrape le premier pompier venu, celui qui est à la plus courte distance de ma main que je lui pose sur l’avant bras coupant court à leurs conciliabules et je demande :

« Alors, c’est quoi cette histoire de serpents là ? »

Lui se retourne, me regarde comme si je sortais d’une boite à malices et me dis, tout de go :

« L’alarme, c’était chez vous ? »

Putain l’alarme !

Font ch …  eux !

« Oui Monsieur, c’était chez moi mais c’est arrangé !  Euh …  Je l’avais oubliée vous comprenez ?… »

« Ah !  C’était ça …  Parce que comme on n’savait pas d’trop on a appelé la police ! »

Et ben là c’est l’bouquet !!!  Des pompiers, des serpents, des alarmes, des centres de vigilance, des gardiens hyper diligents et la police à présent.!!!..  Qui d’ailleurs, en même temps que je l’évoque dévale littéralement du dessus de la rue, gyrophare eux aussi allumé, mais bleu celui là …  Les pompiers, le leur , il est rouge !

Là, je fulmine mais bon, je ne vais pas le leur montrer, ils seraient encore capables de m’embarquer en camisole de force dans un fourgon pour m’amener à l’asile ces malins !  Donc, je laisse venir l’avalanche, et je sens que je vais devoir m’expliquer et que ce sera corsé …  Alors que moi, vous en conviendrez, je n’avais rien mais rien demandé !  Y’a vraiment qu’dans ma ville sinistrée que çà se passe des machins pareils je me dis …  Et y’a qu’à moi que ça arrive ce style de scénario !!!

Le combi de ce temps se gare, plutôt mal, pas loin du camion et trois malabars en sortent …  Non, pas de Kalach mais tout comme …

Et se précipitent vers les pompiers :

« C’est quoi l’problème ? »

Et voilà que le pompier, celui que moi j’avais interpellé, commence une phrase qui me met définitivement les nerfs à bout et hors de moi …  Il dit, j’entends bien oui qu’il dit :  « C’est madame qui ….. »

Alors là ben … J’explose tiens !

« Comment ça, c’est madame qui !!?…  Ca fait que vous venez sonner chez moi en pleine nuit pour me demander si j’ai des serpents, je parviens à oublier mon alarme à cause de vous et tout se met à sonner, la centrale me sonne je refuse la police mais entretemps vous vous l’avez appelée, et pour finir c’est moi qui serait quoi ?  Cause de tout ça ?…  Non mais vraiment !?…  C’est pour rire là ? »

Les trois flics eux se regardent un peu estomaqués …  Et n’ont pas l’air de rire du tout par contre …  D’ailleurs l’un d’eux me le dit même :

« Mais nous on n’rigole pas hein madame, vous nous dérangez faudra vous expliquer !???  On r’vient d’ailleurs nous, on était sur un accident (sic), on est arrivé ici en urgence alors expliquez vous ça va ? »

Ben franchement !…  Je sens que je vais finir en cabane moi !…  Ils ont l’air de ne rien comprendre, ce qui me semble un peu normal, mais ils ont l’air de tout prendre trèèèèès au sérieux …  Et l’un d’eux me demande:

 » Mais qu’est ce que vous faites là vous alors ? »

« Comment ça qu’est ce que je fais là moi ?  Mais j’étais dans mon lit moi Monsieur !  Dans mon lit !!!..  Ce sont eux qui ont sonné chez moi, ils m’ont demandé si j’avais des serpents, je ne sais toujours pas pourquoi d’ailleurs et du coup, ben mon alarme s’est mise en route, qu’est ce que vous voulez ?  Ca m’avait échappé que je ne l’avais pas désarmée !  Voilà tout monsieur, il n’y a rien de plus …  Sauf que je voudrais bien comprendre, et c’est pourquoi je suis là, précisément, devant vous et dans la rue, j’aimerais bien comprendre moi aussi ce qui se passe et pourquoi on m’a demandé si j’avais des serpents !…  C’est ça mais c’est tout …  Ou c’est tout mais c’est ça …  Vous m’suivez ?  »

J’avais déjà peur qu’ils ne me répondent :

« C’est vous qui allez nous suivre si vous continuez à vous énerver … »

Mais non quand même on n’en était pas encore là …

« Et qui nous a appelé alors ?  Ce n’est pas vous ? »

Grrrrrrr ….

 » Non Monsieur, ce n’est pas moi qui vous ai appelé, ni non plus mon service de télésurveillance, non Môsieur , ce sont eux , les pompiers, qui vous ont appelé , parce qu’ils n’avaient pas compris que c’était mon alarme tiens voilà tout, c’est ça mais c’est tout !!!

Et je me tourne vers les pompiers :

« Alors, ces serpents, s’il vous plait, c’est quoi cette histoire ? »

Mais le policier lui il n’en a pas terminé avec moi apparemment !  Encore un zélé !  Décidément …  C’est mon jour !…  Le voilà celui là de me dire :

 » Il va falloir que vous fassiez une déposition pour la main courante comme quoi nous sommes bien venu et que c’était une fausse alarme ! »

Punaise !!!!  La main courante !  On aura tout vu !!!

« Mais non Monsieur, ce n’était pas une fausse alarme mille dieu !!!  Je ne vous ai PAS appelé moi !!!  Ce sont eux !!!!  S’ils n’étaient pas venu sonner chez moi, de un je dormirais maintenant, de deux l’alarme n’aurait pas sonné et de trois vous ne seriez pas là !!!  Est ce que vous m’comprenez ?.. »  Malheur de malheur je sens que je perds patience pour de bon .

« Bon …  Ben vous allez nous expliquer tout cela …  Nous allons prendre votre déposition …  On peut rentrer ? »

Ben voilà !!!

Ca …

C’est la totale !!!

Je n’ai plus âme qui vive qui fréquente ma taverne mais là !!! Trois flics de la plus belle espèce franchissent mon seuil au sortir de la nuit, s’installent à une table, enfin deux, il y en a un qui reste debout on n’sait jamais …  Et on te sort le calepin, et on te demande ta carte d’identité (pour laquelle il me faut une troisième fois remonter la chercher, du coup j’oublie mes clés que j’avais en main, mais bon, sur le moment je ne m’en rends pas compte ce qui fait que plus tard je les ai cherchée durant près d’une demie heure mais j’extrapole là…) et je ne sais toujours pas pourquoi les pompiers m’ont réveillée …  Je « dépose » donc comme ils appellent ça, je raconte, pour la troisième fois, mon histoire avec laquelle tout compte fait je n’ai rien à voir, je me demande moi même ce que je fais là dans la taverne, en bas, avec trois flics dont un qui gratte sa feuille, dont le second chipote à son talkie walkie ou genre et dont le troisième inspecte mon établissement en jetant ses yeux partout !!!

Et voilà que le téléphone sonne ! Ca, c’est l’autre zélé de la centrale sûr !

Je prends ! « Oui, j’écoute ! »

« C’est la centrale d’alarme madame, tout va bien maintenant ?… »

Comme si tout à l’heure tout allait mal vraiment !

Et de répondre :

« Très bien monsieur, la police est là ! »

Eberlué le gaillard !

« Ah bon, la police est venue quand même ?  Vous avez un problème ! »

Mais non d’un chien qu’est ce qu’ils ont tous à me demander si j’ai un problème !!!  Non que je n’ai pas de problème, on me fait des problèmes une fois de plus !!!  Je me surprends, toute étonnée, de parler d’une voix on ne peut plus pondérée pour expliquer à ce brave garçon la situation :

« Non monsieur, je n’ai pas de problèmes non , ils sont là parce que l’alarme a sonné à cause des pompiers qui sont venu pour un serpent et ce sont eux qui ont appelé la police vous comprenez ? »

Non …  Apparemment il ne comprend pas …

Excédée alors je lui passe le flic qui baille au corneille tout en détaillant ma taverne lui disant :

« Si vous voulez  bien leur expliquer s’il vous plait Monsieur, c’est la centrale d’alarme qui s’inquiète de moi !…  Ils s’inquiètent voyez vous, eux aussi !  Vous n’aurez qu’à leur envoyer une copie de la déposition comme ça ils comprendront ! »

Enfin, finalement ils ont l’air de s’arranger ensemble, le mec raccroche de son côté, le flic aussi, je signe ma déclaration …  Ils me saluent, faut être honnête, très corrects les gars, j’ai même failli leur proposer un café mais comme je savais qu’ils allaient dire non je me suis abstenue et je les ai suivi dans la rue !!!

Pour voir quoi ????

Devinez ???

Ben …  Que le camion des pompiers il n’était plus là !!!  Plus là !!!  Parti lui !!!!  Pfouiiiiiit !!!!  Evaporés les pompiers, le gyrophare et le camion …

Et moi ????  Je suis là !…  Les flics se barrent, la pharmacie est bouclée à croire que la mégère n’en est jamais sortie …  Comme si j’avais rêvé éveillée …

Cette fois !!!!  Je râle pour de bon vous m’comprendrez non ???  Et c’est là que je constate que je n’ai plus mon trousseau de clés et pas moyen de me souvenir de ce que j’en ai fait …  Panique !…  Et de fouiller …  Sans même penser que pour aller chercher ma carte d’identité j’étais montée et que, en effet je les découvre après une demie heure de recherches et l’intervention de Saint Antoine que j’avais invoqué, (il est habitué lui de me dépanner, c’est d’ailleurs la seule personne au monde que je connaisse qui fait quelque chose pour moi …) Il m’a mis la puce à l’oreille et je suis remontée droit comme téléguidée pour les retrouver à côté de mon sac encore ouvert, sur le palier, d’où j’avais extirpé à la hâte, peu avant, ma pièce d’identité !!

Qu’est ce que vous en dites de ça hein ???  Pas banal non !  Et les serpents vous me demand’rez ?  Ben voilà !!!  On y arrive …

Voici l’épilogue !…

Le fin mot de l’histoire je l’ai connu vers 10 heures du matin …  Je n’ai quand même pas pu m’empêcher de téléphoner à la caserne des pompiers pour demander quel était ce genre d’intervention pour laquelle je fus tant dérangée …  Normal non ?  Ainsi donc …

« Quelqu’un », un quidam anonyme, avait téléphoné de nuit à la caserne des pompiers, pour les avertir qu’un de ses serpents s’était échappé mais tout en donnant le nom de la rue il n’avait pas donné le numéro de sa maison …  Juste  avait-il indiqué aux pompiers la hauteur à laquelle il se trouvait à peu près, dans ma rue …  Le type avait précisé :

 » Juste à côté de la pharmacie !!! « 

Et donc les pompiers ont sonné chez moi puisqu’en face personne n’habite, c’est un logement quadruple mais vide (un de plus) et en face de la pharmacie c’est pareil, un logement double, mais vide  …  Et pourquoi la mère de la pharmacienne était-elle sur le trottoir ?  Ben parce que le type avait aussi sonné à la pharmacie, qui était de garde cette nuit là …  Pour prévenir qu’il y avait une  espèce de serpent venimeux qui se promenait peut-être dans la rue, hein, et qu’il allait, peut-être, falloir prévoir des antidotes …

Kèèèèèdisssssssssss de ça ???

Et la mère de la pharmacienne elle était là pourquoi ???  Parce que sa fille, la pharmacienne, affolée (faut dire qu’un rien l’affole celle là) avait appelé d’urgence sa mère pour venir près d’elle parce que son sicilien de mari était à l’étranger et qu’avec les bébés (elle en a deux) et son officine de garde elle ne se sentait pas vraiment à l’aise de voir débarquer un serpent …  Ou même une victime de serpent !

Et le serpent vous me demand’rez ?

On l’a retrouvé !!!

Dans la cage d’escalier du propriétaire !!!!

Qui lui, du temps où tout cela se passait chez moi, avait fait le chemin vers le bas de la rue, et pendant que les flics m’interrogeaient, à force de signes cabalistiques et d’appels aux pompiers pour les appeler à venir le rejoindre bien plus bas dans la rue,  ils avaient démarré donc parce que ce n’était pas à côté de « la mienne » de pharmacie non, mais à côté de la pharmacie du fond de la rue !!!!

Et le serpent il était tranquillement dans la maison du gars, sous les escaliers !!!

Oufffffffffffffffffffftiiiiiiiii …..

Comme je n’avais pas décidé d’aller dormir, je trouvais que ça valait le coup de vous raconter ça moi !…

Non !!?  Pas triste hein !…

Là-d’ssus …

Je monte me coucher cette fois, j’espère y arriver !

C’étaient mes Pâques !!!

Et avec ça, aujourd’hui et demain, on va se farcir la cavalcade !!!!  J’en ai déjà mal aux dents de voir déambuler les Gilles, leurs plumes, leur clochette tintinabulantes et tout leur saint toin toin ! …  M’demande si je n’vais pas tout bonnement fuir la ville pour la journée moi là …  Et aussi demain !  A une autre fois ?

MandraGaur’En Individu’Elle

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