Ellendig ..

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Je me laisse séduire (cela arrive des fois) par l’idée d’un sommeil qu’on va dire « Pour toujours ».

J’ai du mal à l’écrire.

Revenir ici tout tient de la force.  Du courage.  Je peine à regarder devant moi.  Le chemin.  Le pont.  La maison.  Rien ne contraint mes souvenirs.  Ces sont eux qui dessinent les images.  Ils se souviennent plus que moi.  Ils surgissent vivants du néant.  Je me sens misérable, seule, « ellendig » (*). Je recule au lieu d’aller de l’avant.  Cette dernière partie de la route je me suis montrée vaillante et déterminée.  Pourtant…  Je devais le faire le chemin à l’envers.  Le dernier date de quand ?

Pauvre défunt.

Pourquoi cette violence déchaînée contre ton semblable ?  Ton enfant ?  Mains du monde.  Mains de parents.  Pourquoi détruire le petit qui ne demande qu’à grandir, qu’à construire ?  De quel mal que tu aurais fait devais-tu le punir ?  Je me sens malhabile, le corps comme détaché de mon esprit.  De ma pensée.  Comme si je pensais  » à part moi « .

De plus en plus l’envie de mourir me prend.

Pourquoi faudrait-il le dire autrement ?  Mettre des rubans ?  Autour de l’idée ?  Ma mort à venir bien des fois me semble meilleure à connaître que ma vie passée à ne pas mourir.  Partout où je me porte j’emporte avec moi cette voix qui me hante (mais pas toujours) me conseillant (mais oui carrément) d’en finir de moi et de cette comédie.  A quoi bon ?  Puis se dessine l’idée du regret.

Et si jamais ?

Et si toujours ?

Immerger en Moi et ne plus en revenir.

Qu’en souvenir …

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« Ellendig » (*) est un adjectif néerlandophone …  Puissant signifiant de la misère il peut prendre diverses figures et expressions et connait de nombreux synonymes.  Mais seul « Ellendig » peut rendre l’idée de « la peine à être et résister » …  Ellendig vient de « Leed » qui signifie souffrance, mal, chagrin, peine, malheur …  Ellendig serait « Etre en peine » …  Ou « Dans la peine » …  Malheureux …  Non pas minable ni misérable mais pauvre hère sans rêves ni espoirs encore …  Sans défense aussi …

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  • J’ai tellement envie de voir ma mère … (*)
    { (*) Cette phrase était là !…  Dans le manuscrit !… Je veux dire inscrite seule au dos du feuillet sur lequel le texte ci-dessus…  Cette phrase est étonnante, presque surréaliste…  Presque inimaginable !…  J’ai décidé de l’ajouter au bas de ce texte parce que je pense qu’elle en fait partie …  L’écriture du texte et celle de la phrase sont du même jour car identiques en tout point de vue. }

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MandraGaur’En Individu’Elle

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Extrait de « Journal » – 1991 –

Déposé à l’Albertine

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    Note : Je rappelle pour tout ceux que ça intéresse que ce que j’écris est protégé non seulement par la Licence Créative Commons mais aussi par la législation belge et internationale propre aux droits d’auteurs de même que par le dépôt des publications de ce blog (ou de tout autre de mes textes par ailleurs) dans les fichiers de la bibliothèque Royale Albertine à titre d’auteur belge repris dans les archives et déjà publié.  Merci d’en tenir compte.  Si des textes vous intéressaient vous pouvez me joindre par mail.  La page d’accueil vous informe amplement à ce sujet de même que des normes, clauses et droits d’utilisation de mon oeuvre.  -L’Auteur-

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Cette entrée a été publiée dans Des Maux.

2 commentaires sur “Ellendig ..

  1. Ciel ! …

    Jyoti !…

    ***

    Quelle splendide surprise ce matin de trouver un mot écrit de ta main !…

    Merci vraiment à toi merci !

    Tout d’abord fort honorée Céline de ces paroles si belles, si sensibles, si profondes … Qui m’éclairent l’âme … Et me réchauffent le coeur …

    Tu ne cesses de me surprendre et je ne puis que remercier encore Steph de nous avoir présenté l’une à l’autre …

    C’est le vrai …

    « La splendide noirceur poétique et existentielle … » Mince alors !…
    Quelle phrase mais non seulement …
    Quel ressenti …
    Comment te dire ?…

    Que l’espoir existe quand le poète peut recevoir de jeunes âmes comme la tienne le reflet de la petite lumière qu’il tente d’allumer dans l’âme du monde …

    Merci petit oiseau qui pépie si joliment, si hardiment, si joyeusement sur nos LigneDuTemps …

    Je me souviendrais toujours de cette jolie phrase de Jacqueslam quand il te découvrait :
     » Ça existe des filles comme ça ?  » …

    Eh bien oui …
    Ça existe des filles comme ça !…

    Dont toi Céline !…

    Merci de la fraîcheur de ce vent d’Orient que tu nous souffles au visage … Merci de ce regard oblique que tu jettes sur la vie et l’avenir … Sans concession mais avec une telle tendresse … Merci de ta langue, celle qu’avec nous tu partages … Merci de ta coquine frimousse d’enfante encore (il n’y a pas si longtemps) et qui vient égayer nos coeurs … Merci de ton audace de fille, de ta témérité d’humaine, de ton engagement citoyen, de ton respect des choses sacrées, de ton espoir en ta féminité, de tes choix et projets …

    De ta si belle gentillesse …

    Et merci Céline, de me lire …
    Merci …
    C’est un cadeau d’être lu, ressenti, entendu quand les vocables sont pures émotions sans masque ni grimage et s’en vont se perdre en des méandres méconnus, non parcourus, obscurs parfois, traversés d’éclairs d’autres fois … Car il y a la peur … La peur de la béance, de la plaie ouverte, du risque de la dévoiler … Car il y a l’errance … En des sentes buissonnières où la jachère laisse peu de place au pas assuré … Car il y a l’inconnu … Où la délimitation entre deux mondes est précaire, évanescente, instable, exposée par ce fait à la défiance, au rejet, au refus, au malentendu, au non-entendu …

    La peur de la différence fait taire celui qui est « différent » ou tenu pour tel et non pas ceux qui l’en accusent … Il faut longtemps pour que le poète ose parler de vive voix … Mais dès que proférée la première parole qui le fera taire encore alors ?…

    A plus tard Céline,
    Et encore merci de ta visite,
    Mandragaure

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  2. cieljyoti dit :

    de tous les si beaux textes que je lis de toi, je dois avouer que j’ai un petit faible pour celui-ci même si je n’en partage pas la splendide noirceur poétique et existentielle. la lecture me donne l’impression d’effleurer ton âme. merci pour ce souffle qui me caresse l’esprit en l’éveillant à chercher plus loin

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