N’aître ?

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Ben oui, j’y pense souvent à ce moment là…

Décisif…

Celui de naître non pour n’être mais pour être …

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Me disant qu’il résulte moins d’un choix sensé (en connaissance de causes) que d’un choix censé être, d’une manière viscérale et même primale, de force majeure …

« Tu respires ou tu crèves » quoi genre je dirais…

Mais bon…

Il n’empêche (et je dois l’admettre par faute de n’accepter non plus la force majeure) que je ‘pense’ le « mort né » comme un décideur de ne vouloir pas prendre le risque de naître… Ou d’être… « J’ai voulu être sans quoi je n’aurais voulu naître pour n’être pas »… Je veux le croire ma foi… Le penser (ou ainsi le considérer) étant déjà la résultante de ne pas sentir l’être soi comme une imposition faisant force de loi… Je pars du principe de la volonté d’être, donc de naître pour être sans quoi n’être en serait le résultat… Tout cela restant bien entendu une projection propre à la pensée en fonction de « connaissances de causes »… Au moment du premier souffle je ne crois pas qu’il soit sût… Ni même admit… Sans quoi il y aurait sans doute bien plus de « morts-nés »… Sachant par après ce que l’on sait…

Je dirais que l’on naît d’une pulsion instinctive bien plus que d’une décision ou d’un choix… D’une volonté farouche à prendre l’air ! Sortant du « tout confort » confiné dans le ‘tout sien’ vers le « tout dehors » mais libre de Soi dans le ‘tout mien’… Quoi qu’il en soit, nous voilà ! Quant aux renoncements d’une perte d’un côté dans le choix à opérer … Le ceci OU le cela… J’acquiesce bien entendu car c’est incontournable… Mais là encore je dirais qu’il résultera d’un accord pesé après réflexion et fonction d’une analyse… Donc non d’un renoncement mais d’un ‘marché’ consenti à part soi… Et non malgré soi… J’entends par là que le choix, et le « renoncement » qui en doit résulter, ne peut être imposé… Sans quoi il n’est plus choix mais obligation, d’où admission, d’où résignation… Une forme dictatoriale dans les options existentielles, que je refuse…

Par immaturité sans doute, ou va savoir…

Oui, dans ce sens, mais dans ce seul sens, renoncer peut s’admettre…

Toute autre forme, ou formule, de « renoncement » restant pour moi insupportable dès lors qu’elle ne serait la résultante d’une option admise après l’avoir pesée… Même le choix, et le « renoncement » obligé qui en résultera, doit être et rester mien. Et non être, ou devenir, le résultat d’une obligation ou d’une imposition. Je peux toujours choisir d’aller à gauche même si j’y aurais faim et froid sachant que j’y serais libre plutôt que d’aller à droite où j’aurais chaud et où je serais rassasiée mais privée de liberté…(C’est une option consentie-Ce qui n’est plus pour moi un « renoncement »)… Comme celui de fumer ou pas (Exemple « Nous savons tous que fumer tue ») Y renoncer serait donc vivre, continuer serait ‘sans doute’ en mourir mais renoncer à ce plaisir faisant le poids du choix sachant que l’on se détruira en persévérant…Ou pas…En renonçant… Mais comme aussi : … « Tout est une question de mot »… (Ou de verbe) Ok!… Disons qu’il faudra alors trouver un autre verbe à « l’abandon d’une option pour une autre » dans le terme du choix…

(***)

Mais renoncer? Platte et Zak? Par force majeure parce que c’EST comme ça? Non ! Jamais ! Dans ma tête têtue? Dans mon immature rage de vaincre? Dans ma puérile option du « plutôt mourir qu’abdiquer?» Non ça ! Jamais ! Je ne m’incline jamais non ! Jamais je ne baissais les yeux sous les injures et les offenses. Ni sous les claques en pleine tronche à tour de bras ! Je baissais le front mais persistais à darder mon regard dans celui de mon bourreau ! Au risque de ma vie, je ne renonçais pas à cette liberté là ! Si j’avais accepté, (admis donc), si j’avais « fait mienne » (comme dit) l’idée de devoir renoncer ou d’avoir à renoncer je ne serais pas là en train de dire que je refuse cette option là. Je serais restée (au moins) au chaud et nourrie dans l’enfer de la maltraitance et de la dépersonnalisation (ainsi admise) plutôt que de traîner mes galoches dans l’insécurité et les risques de déviance.

Et même, ne le nions pas, de mort là aussi…

Mais « Ma » mort alors !

Pas leur « mort de moi » !

Je reste persuadée que mon option d’alors fut un choix pesé, réfléchi, délibéré et consenti ! Vraisemblablement nourri de « l’instinct » de conservation et de survie. Tout autant que d’une pulsion à « vouloir être » plus que d’une réflexion ou d’une analyse pesée et méditée… Mais aurai-je médité serai-je alors partie ? Je renonçais, certes, mais au pire ! Je n’ai pas encore eu à le regretter car l’alternative était effroyable alors… Rester équivalant à mourir ou à envisager la désintégration graduelle mais complète de ma personnalité ! Bien sûr je suis devenue de ce fait du style « J’agis… Puis je réfléchis… » Sans doute mes rages et « rigidité » y sont intrinsèquement liés ! Choisir oui ! En connaissance de causes. Renoncer ? Abdiquer? ME résigner? M’incliner? Jamais ! Sauf si « JE » le veux d’accord avec « MOI » ! Ce qui fait de moi une incurable et intraitable rebelle prêcheuse de dissidence ! Fouteuse de coup d’pied dans le tas ! Ce n’est là que ma façon de voir qui n’engage que moi bien sûr… Effarant comme l’on ramène toujours tout à Soi pas ? Plaidant pourtant que Soi étant le seul exemple valant « étalon de valeur » auquel l’on puisse se référer sans risque de jugements offensants ou stigmatisants…

Serai-je donc un être sans sagesse pour que la lecture de ce seul mot de « renoncement » m’aie ainsi touchée de plein fouet comme d’une balle en plein front !?… Ne serai-je donc jamais adulte, serai-je donc toujours une enfant éprise de manière incurable d’absolu ?… Idéaliste, voire pire même … Irréaliste … Pour qu’à lire la phrase j’aie hurlé comme s’il se fut agit d’un couperet qui s’abattait sur ma nuque ? Ce verbe … « Renoncer » … Et l’autre là … « Se résigner » … Pronominal en plus lui !!! Qui suppose que l’on se convainc, que l’on admette de se soumettre !!! Ils me font tellement l’effet d’une abdication ces verbes …

J’entends résonner dans ma boîte cranienne des autres mots

Qui leur font suite …

Comme

« Courber l’échine » …

« Accepter l’inacceptable » …

« Se soumettre à leurs lois  » …

« Abdiquer devant l’adversité » …

« Cultiver la docilité » …

Non !!!

Je refuse !…

Je réfute !…

Toutes ces sentences me hérissent le poil …

Et je ne puis souscrire …

Toutes ces espèces de soi-disant vertus existentielles implicites qui sont tenues pour exemplaires …

« Ah ! Tu n’es pas capable de renoncement !…

Ah ! Tu devrais pouvoir te résigner !… »

Ces soi-disant qualités qui sous-entendent le renoncement …

Précisément …

Il faut pouvoir renoncer ?…

Donc abdiquer ?!…

Serai-je en vie encore maintenant si je les avais conjugué alors ces verbes là ?… Quand de ma seule et farouche volonté d’enfant j’abdiquais, désertais de moi-même, me rangeant dans le renoncement, me résignant au sort qui m’était fait, à la falsification de mon être ? Renonçant, oui, à m’en libérer de ce joug de la dépersonnalisation ?…  De cette « part de moi » à laquelle il allait falloir, et de force encore, renoncer ? Serai-je en vie aujourd’hui alors ? Je ne le crois pas non … Peut-être vient-elle de là ma rage à vaincre … Parce qu’alors il me fallait vaincre, ne pas renoncer, ne pas me résigner, ne pas abdiquer … C’eût été pour moi, alors, synonyme de mort !…

Je vais réfléchir plus profond …

Et creuser plus loin …

J’ai le goût d’en parler encore …

Dans mes pages ici …

Songeant à cette phrase que je lisais :

« … pouvoir admettre un certain renoncement peut avoir du bon aussi… »

Admette me dit-on ?…

Renoncer me dit-on ?…

Cela me semble ne peut servir que ceux qui ont intérêt à ce que nous renoncions …

Ou non ?…

De ces temps-ci, curieusement, l’on tente de me convaincre à admettre le renoncement … Renoncer à mon café si rouge et citoyen, à ma taverne, renoncer à mon projet, renoncer à l’action, renoncer à la révolte, renoncer à la dissidence, renoncer … Mais accepter de renoncer, n’est ce pas se condamner à n’être plus qu’une partie de soi ?… Se résigner, car pour renoncer il faut se résigner, n’est ce pas se soumettre à une forme d’amputation de Soi ! De son essence ?… De ce qui fait sa nature même ?… Je ne sais pas … Je ne sais plus … Je me sens un peu perdue … Ou plutôt non … Je me sens de plus en plus « non conforme » par faute, précisément, de refuser d’admettre le renoncement, la résignation … L’abdication … Je connais les discours qui disent que « parfois il faut pouvoir renoncer !… »

Mais oui je sais !…

« Des fois il faut se résigner … » …

« Reculer pour mieux sauter … »

La la la la la …

Oui …

Je connais je connais je connais …

Mais ne puis me résigner à me résigner…

Ni ne puis renoncer à ne pas renoncer…

Ni ne puis abdiquer d’aucune façon …

Ah je suis têtue ?…

Oui sans nul doute oui, je suis têtue !

Ah je suis obstinée ?…

Pour part oui, je suis obstinée …

Ah ! Peut-être que je serais souffrante de ce que l’on nomme si joliment « la rigidité mentale » ?… Bah ! C’est être rigide que de ne vouloir pas renoncer à ce que l’on sent en soi comme possible ?… Ah non !… Je ne serais pas adulte ?… Je me souviens oui !

« Tu ne seras jamais adulte !… »

Mais je ne veux pas être adulte moi !!!

Je veux continuer à rêver à l’impossible oui !!!

Renoncer ?

Mais pour quelle raison en fait !?…

Parce que quoi ?…

Ce serait supposé plus « facile » …

Vivre docile ?…

Non ???…

Non !!!…

Mais renoncer ?…

Sans doute oui, certes même oui, probablement oui allez oui … Il serait sage d’apprendre à renoncer mais en vertu de quoi ? Quelle est donc cette loi qui nous obligerait à nous soumettre au renoncement ? A l’admettre ?… Celle qui veut peut-être, ou précisément, que l’on soit prétendument « conforme » ? Celle qui peut-être voudrait nous faire entendre que dans le renoncement l’on pourrait trouver la paix, la sérénité, la quiétude de son mental ?…

Je ne sais ….

Je ne sais plus grand chose à la vérité …

Je viens de la lune !…

Mon cerveau est en forme de point d’interrogation …

Renoncer ?…

Mais à quoi ?…

A s’exprimer ?…

A tenter de se dire ?…

Renoncer ?…

A une partie de soi ?…

Renoncer ?…

A quoi donc ???

A ses rêves hein ???

Ah oui c’est ça !…

A ses impossibles rêves oui ???

Renoncer à vouloir persister, à vouloir demeurer fidèle à soi même ?… Je ne sais pas … Je suis en état de choc là je crois … Renoncer ?… Cela à du bon ?… De ?… De se soumettre à l’idée que l’on ne puisse pleinement se réaliser ?… Je ne comprends pas … J’ai du mal avec cette idée là … D’ailleurs j’ai mal de tête brusquement !… Renoncer ?… Quoi ?… Pourquoi ?… Qui a dit ça ?… Qui veut nous faire croire que c’est là le secret de l’équilibre peut-être ?… Renoncer ? Comment ?… Pour moins déranger ?… Ne pas trop faire tache ? Se fondre dans le troupeau ? Connais pas moi ça !… Je refuse de renoncer de mon plein gré à quoi que ce soit !… Tant pis, je suis sauvage et mal élevée !?…

Possible !

Mais renoncer ?

Me résigner !?…

Jamais !!!

« … je pense qu’on peut tous plus ou moins avoir du mal à accepter que dès que l’on commence à parler on doit renoncer à une part de soi vis à vis de l’autre, intraduisible, tant les mots ne sont qu’une « pauvre » traduction de nous. »

J’écrivais hier des lignes et des lignes dans la foulée des réflexions que suscitaient en moi cette phrase ci-dessus reprise …

« Dès que l’on commence à parler on doit renoncer à une part de soi … » Cette phrase m’est restée depuis le moment où je l’ai lue … Sa portée en fut immense en moi … Parler … Cette « pauvre traduction de nous … » Et je me disais qu’écrire est du même ordre … Une autre « pauvre traduction » de nous … Et je me demandais alors  » Mais à quoi sert alors de pouvoir parler, de pouvoir écrire, d’être en mesure de s’exprimer ?… » Est-ce donc vain que tout cela ?

S’il faut y laisser un part de soi, c’est à dire de n’en dire qu’une part …

S’il faut veiller à ne pas en « encombrer » l’autre de cette « Trop-Part » de soi ?…

Comment se dire ?…

Il y a même réponse à l’injonction …

Dans la foulée …

« La peinture est un support … »

Oui … Certes … Et la musique aussi j’entends bien dans les « autres » sous entendus … Mais les mots ?… Pourquoi alors les mots ? Pourquoi alors cette passion du dire ? Pourquoi alors cette pression d’en dire d’en soi de soi ? Et qu’en faire ? Et se taire ? Et comment ? Et pourquoi ?… Cette effrayante interrogation qui conduit ma pensée depuis plusieurs jours déjà … Dire c’est trop dire … L’indicible n’a pas de mots … L’indicible est inaudible, inénarrable … L’indicible fait peur aux autruis … Pourtant il est possible de le traduire … Pour autant que l’oreille écoutante soit en mesure de l’entendre, l’indicible …

Toutes ne le peuvent pas …

Et je me dis là, me vient cette association …

Serait-ce là une des raisons pour laquelle de ces temps où l’écoute de l’autre se réduit de plus en plus à une peau de chagrin que l’on en soit à tenter faire passer Freud pour un imposteur ?.. Lui qui avait si bien compris que sans « Les mots pas de Dire » … Et sans « Le dire » … Pas de libération du Soi ?… Ce monde d’aujourd’hui justement, où tout doit aller vite, où tout doit être rentable, où tout doit se résumer aux moindres investissements pour un maximum de gain … Ce monde qui ne peut plus « écouter l’autre … » … Parce qu’il n’en a plus le temps … Je me disais, et je l’écrivais … Ah oui, écrire me dis-je là … Cette intarissable logorrhée oui … Je me disais et l’écrivais que certes l’indicible n’est que perceptible pour autant que l’oreille écoutante soit en mesure de décoder … Mais que surtout et avant tout elle veuille bien entendre ! Qu’elle y soit disposée !??? Qu’elle puisse faire ce don d’elle-même à la parole de l’autre ?…

Trop idéaliste je présume comme de coutume oui moi ? …

Et que fait le poète alors me demandé-je …

Que fait le pauvre poète alors ?

Lui qui a reçu comme un destin la parole …

Lui qui entend, qui sent en lui résonner les vocables se transformant en vers dans sa pensée même … Lui qui porte en son âme cette musicalité particulière qui fait de ces mots des chants et de ces chants des cris ?… Que fait-il lui ?… Cette petite part, cette infîme part de lui dont il parvient à se faire entendre ne lui suffisant pas pour se sentir exister, ou reconnu, ou en droit de reconnaissance de son existence ? Quelle phrase me dis-je encore la relisant …

« Je pense que l’on peut tous plus ou moins avoir du mal à accepter …  » Oui me dis-je la relisant encore … Et quelle fulgurante amertume contient cette phrase aussi … L’amertume de la conscience à ne pouvoir pas (ou plus) trouver où se dire … N’est ce pas là l’amorce de l’aliénation en-soi ? Et vouloir la transgresser de la parole, n’est ce pas là l’amorce du refus de soi par l’autre ?

Je me le demande … Je ne cesse de me poser cette question depuis que je lisais ces paroles avant-hier soir … Tard … J’emportais ces paroles avec moi … Et elles me poursuivent … Depuis … Je me dis que c’est là une règle à laquelle déroger condamne du même fait à la solitude … Au silence … Au désert … Vouloir pouvoir se dire mènerait donc au désert ? Alors qu’il en devrait être le contraire !… Et c’est terrifiant de devoir penser de la sorte … Parce qu’en même temps je ressens cela comme une sentence aussi … A laquelle, comme le disait l’autre jour quelqu’un ici-même dans mes pages, à laquelle en général l’on trouve la résignation comme réponse …

Ce qui est pour moi une autre forme d’aliénation …

Ah que fait le poète ?…

Que fera le poète ?

Que peut-il faire lui qui sait…

Lui qui est si visionnaire !…

Lui qui fut frappé du sceau des mots, de la parole ? …

Que fait-il lui qui ne peut pas même composer avec la résignation ?

Cette question qui me hante …

(***)

Renoncer à la parole, du moins la réduire à sa part congrue pour n’en dire que peu ou pour accepter de ne se dire, ou pour ne s’en dire ni en dire de soi serait comme de « mourir en soi » … La peinture, oui, la musique, certes… Mais comme me le disait encore dernièrement mon professeur de violon… « L’écrivain, le poète, le peintre ont eux au moins une trace de leurs dires … Le musicien voit s’évanouir à l’instant même où il l’a produit chaque son qui vient dire ce qu’il tente de transcrire de ce qui se passe en lui … » Est-ce un destin ? Est-ce un destin d’avoir été désigné par l’Art ? Et de s’y reconnaître, tout compte fait, muet ??? En autarcie dans sa pensée comme il en serait de l’autisme ? Je me le demande de plus en plus souvent… Et si oui, ce que je crois, que cela en est un de destin… Alors l’humain, et à fortiori l’artiste qui est là « juste pour dire » serait-il alors d’emblée condamné à ne pouvoir jamais se résoudre à la résignation de n’être entendu que d’une part de son dire ce qui par là même le condamnerait à l’isolement dans son dire « En Soi » ?… Quel qu’il soit … Son dire d’humain… Son dire écrit … Son dire peint … Son dire musicien … Son dire visionnaire … Son dire de médium … Ce dire qui s’adresse non pas à lui-même mais à l’autre précisément et à la terre entière… Car pour lui, pour l’artiste surtout, d’aucune manière il ne peut se résigner à ne laisser traverser qu’une part de son dire puisque c’est son dire lui-même qui le conduit, qui le mène, qui le fait Exister précisément… Me suivez vous ? Ou divagué-je ?

Car ainsi en est-il de sa destinée … D’avoir à dire … Pour en être entendu … Voilà pourquoi le poète est moqué … Parce qu’il fait peur de son dire qui se dit et dit de lui à l’autrui qui s’y retrouve comme reflété en un miroir … Voyez !… Voyez comme à nouveau les mots m’on devancé, et enfreint ma propre volonté à tenter d’en dire le moins possible … Comme si c’était possible … Des fois je ressens cet état de choses comme une malédiction … Mais c’est là blasphémer que d’avoir osé même proférer telle pensée … Je retire ce dernier dire, je retire cette dernière pensée …

Juste voilà …

Ces paroles qui me heurtaient et me font lever les boucliers !…  Halte là !… Il y va de ma liberté à être certes mais pas seulement il y a va de ma liberté à Etre Moi et non pas seulement le joug de N’Etre que Moi …  Car cette époustouflante lucidité je la combat oui je la combat en moi …

 » … dès que l’on commence à parler on doit renoncer à une part de soi vis à vis de l’autre, intraduisible … « 

Je m’insurge oui !…

Je veux être entendue en tout moi et non pas d’une part seulement de moi et sans obligation de conformité quelconque …  Et en ce que je suis oui …  Dans ce qu’il y a d’intraduisible, cette part là de moi à laquelle je ne puis renoncer car elle me semble précisément essentielle à mon être telle qu’en moi-même je suis …  C’est bien là le mot … Intraduisible ….

N’est ce pas là même synonyme d’indicible ?

Donc de « non racontable » ….

A quoi bon avoir appris à parler dirai-je même s’il n’était que pour s’en taire ( s’enterre ? ) du Soi ?

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MandraGaur’En Individu’Elle

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(Journal)

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