Sa M’use

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D’encres et de larmes

Violettes me désarment

Couleur de fleurs et de printemps

Courant au levant au devant

Je suis le vent

Messages …

Mes sages …

Mais sage ?…

Vous m’avez voulue et je n’ai pas pu …

*

Dire  encore je dois obéir aux ordres

D’ordre il ne pourrait être question

Attention distraction je ne puis garantir

Qu’écrire m’interdire il me faille

Et les failles je défaille

Dans l’ordre ou le désordre je naît

Je naît  des genêts des désordres gênés

Des ordres gênés ils ne sont

Et veulent tout ranger classifier

Autant me dire de ne plus inspirer,

Respirer, expirer ne plus écrire

Ne plus parler.

Et ne plus rire tant qu’on y est !

*

Me  laisser choir de la chaire

Ah ma chair tu le vois qu’elle est faite

De larges auréoles d’encre sur la table

Etalée, attablée et ne plus me demander

De ne pas écrire équivaut à me mourir

De ne plus vivre alors exsangue mais jamais

Renoncer à donner à ma plume

Qui s ‘use,

S’amuse

A mon âme

Ma Muse

*

Ne plus voir ni concevoir,

Ne plus entendre ni regarder

Ne plus chanter de couplets jamais

Liée aux vocables suis je libre

De renoncer quand il me sied ?

Jusqu’à la  nuit des temps

S’il me plaît s’il te plait Muse

Jusqu’à la fin des mondes

A la Muse, ma Muse m’amuse

Et je lui appartiens …

*

En moi l’orage gronde et l’ouragan

Cueilllir les larmes du ciel

Les mettre sur papier

Tant il y en a des anges

Que nul ne connait

Attraper les rayons du soleil

Ils viendraient me brûler le visage

A jamais

Si je laissais mes mots

Mourir en cage il n’y a pas

*

De mirages il n’y a que les nuages

Ceux avec lesquels je joue

A composer mes sonnets

Et des oranges striées de jaunes

Va le ciel va le monde et la mer s’y noie

Qu’importe je le demande le sens de tout cela

Et si  mes fleurs sont noires

Et si je raconte des histoires

Ne faut il point en ce monde

Des âmes pour en raconter ?

*

Quand arrive la nuit

Je me fais invisible

Et rien jamais de l’indicible

Je ne tairais.

Je tourne mon  regard

Sans cesse inlassable

Vers les cimes des arbres

Car c’est  là tout là haut

Que je pêche mes mots

Je pêche dans le ciel

Je chasse dans les rivières

Qu’ont ils à en faire

Si je fais tout à l’envers ?

A l’envers à l’endroit qui le dira dites moi ?

*

Je vais donner je peux donner

Je ne peux me défaire que de ce que j’ai

Ils ont le coeur vide et sec.

Qui se moquent et jugent

Le poète triste le poète fou

Le poète heureux malheureux

Qu’en peuvent ils en dire ?

Il n’ont jamais posé les doigts sur une feuille

Pour écrire trempant la plume

Dans l’encre violette

*

Offrez moi des violettes mon bon monsieur !

J’en veux …

Mais oui !…

Juste pour me croire un peu reconnue

Au coin de la rue

J’entends un ménestrel

Dans un autre siècle il me semble

Je devais aller flûte aux lèvres

Le poète est heureux

Sa muse

S’amuse

Ca m’use de toujours devoir répéter

*

Mais sans doute oui le poète pleure !

Et ses larmes même sont d’encre et de sang

De temps en temps

Pas tout le temps

De temps en temps oui seulement

Le poète est fou ?

Qu’il la garde sa folie !

Bénie folie

Et sa colère qui exaspère

Bénie sa colère

Et ses joies, ses anxiétés,

Ses inquiétudes qui durent oui

Et ses goûts des hauteurs

Et ses joies des précipices

Et les sommets d’où il revient

*

Toujours le poète revient des sommets

Pour tremper sa plume dans l’encre violette

Et raconter les beautés qu’il a pu contempler

Ah mais tu ne sais rien toi !

Inculte ! Va !

Toi oui ! Toi là-bas !

L’ingrat qui vient lui dire

« Pour te sauver il faut cesser d’écrire ! »

*

Et meurt le poète de vos sentences

Equivoques injures

Le poète sauve sa peau à chaque ligne

Sur le cahier tracé à l’encre des aubes

Violettes les encres des abysses

Et des ombres

Et lui réchauffe la muse

S’amuse de lui

Et s’use son âme son âme

Belle dame s’enfuit

*

Nul en ce monde ne peut interdire

Au poète de cheminer sur les lignes

Pareil aux notes de musique

Muse s’amuse mais non de lui

Sa Muse s’amuse car il est né

Sur une portée de contre-songes

Dans un écrin prédestiné

Libre oui d’être libre de lui

*

Le  poète vous me dites le  poète crie ?

Certes désespoir de ne  pouvoir

Etre entendu aimé compris

Pour lui et ses vocables

Trainez  !

Mais trainez le donc dehors !

Au bûcher le poète !

A la mort !

Pauvre de lui …

*

Pauvre agneau

Sacrifié de ce monde

Race éteinte de dans la honte

Tonalité grise dont s’irise

L’encre violette sur la page

Grandes taches

Auréoles Auréales Boréales

Qu’importe les mots ils sont miens

Je les invente les réinvente

Ils m’appartiennent en propre

Ils m’absorbent et je  les bois

Ils sont à moi et je m’en moque

Du papier buvard où les ronds s’étiolent

Pauvre poète oui pauvre de lui

*

Non survivre mais vivre

Muse dis le leur dis  le lui !

M’use la ruse qui les tient

De vouloir mettre à mort

Celui qui s’est taché les mains

D’encre violette vient offrir

Aux êtres laids, aux borgnes

Aux aveugles, aux sourds

Aux muets, aux hagards

Aux  vilains aux blafards

Aux imbéciles même  oui

La lumière !!!

*

La lumière poète vois !

Pas à pas effeuille tes tourments

Comme en un cirque de campagne

Les clowns pleurent sous leurs rires

Les poètes meurent sous les quolibets

Ils ont allumé déjà le bûcher

Poète attends !

Reviens !

Ne sors pas !

Ils vont te brûler ne le comprends tu donc ça ?

*

Et sur ta dalle tombale ils déposeront

Un bouquet de violettes

Couleur de ton encre

Et prieront !

Et la Muse

Pauvre Muse

S’amusent les gens de la conspuer

Mortellement blessée

Elle viendra se coucher

Au flanc de ton corps pauvre poète

Pauvre hère …  Pauvre toi …

Poète mort !

*

Ma muse

Ta muse

T’amuse encore …

Le monde stupide ne s’arrêtera pas de tourner

Et toi poète l’âme consumée

Tu quitteras la fosse

Commune fosse où ils t’auront jeté

Et de là haut,

Des cimes,

Des sommets et des cieux

Avec ta Muse

T’amuseras

Car te gausseras d’eux…

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RED_BAKKARA

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Un commentaire sur “Sa M’use

  1. […] This post was mentioned on Twitter by Jacques Le Bris. Jacques Le Bris said: RT @ChrisDalard: Superbe ! RT @RED_BAKKARA Ça M'use: http://wp.me/pWdOT-jm […]

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