Imagine …

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Imagine …

Imagine toi …

Que je te confie mais oui…

Que je te confie un talisman…

Une pierre belle, ovale, plate, lisse…

D’un reflet satiné et d’un rouge profond …

Tu sais, de ces pierres dont il est dit…

Qu’elles ont des pouvoirs, des vertus…

Le sais-tu ?

Imagine …

Cela…

Et que ce talisman soit à toi…

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Imagine que tu ne saches qu’en faire, par maladresse, ou par peur, ou par manque de foi. Que tu ne puisses de suite pressentir l’importance de l’objet que je viens de te confier. C’est tout à fait défendable mon idée ne trouves-tu pas ?

Imagine que ce soit tard, bien plus tard, des années plus loin que le jour où je te le donnais, tu prennes conscience des vertus, des puissances de l’objet que je te confiais.  Que tu l’aurais rangé quelque part dans l’un de tes nombreux tiroirs d’où de temps à autre tu le ressortais juste pour le prendre en main, le contempler…

Et songer…

Sans savoir pourquoi cette attirance…

Imagine qu’un jour ainsi, un matin ensoleillé ou un matin de grisaille, peu importe quand, tu ouvres le tiroir à nouveau pour en extraire le talisman et que brusquement, alors, à cet instant, te vienne la révélation de son importance, de sa puissance.

Qu’il en serait brusquement pour toi comme d’une vérité …

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Une vérité oui tu vois ?… De ces vérités qui gênent, de celles que l’on ne dit pas, de celles qui se taisent ou se transmettent tout bas … Une vérité curieuse, une vérité étonnante, mieux encore comme d’une clairvoyance qui d’un coup, d’avoir posé la pierre toute rouge sur ta paume blanche, main à plat et grande ouverte, elle te fasse entrevoir et lire en elle comme entre les pages d’un bel ouvrage rempli d’images, la totalité de ton passé, de ta vie, et pas seulement mais comme d’un pressentiment tu verrais ton présent tel qu’il est et même ton futur aussi tel qu’il se pourrait.

Que ressentirais tu dis moi ?

De la peur ?

De l’embarras ?

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*

Peut-être que tu voudras oblitérer tout cela et à l’instant te défaire de la pierre ?… La jeter ?… Et même déjà es-tu en route vers où oui dis moi où irais-tu t’en défaire de cette pierre que je te donnais ?…  Dans la poubelle, celle qui est dans la cuisine mais où tu devines qu’avant les éboueurs d’après-demain tu seras déjà venu la rechercher au moins une dizaine de fois, hésitant et inquiet, incapable de la nier, de la jeter, de l’oublier… La reprenant en main, la regardant, l’écoutant… Alors tu irais plus loin, tu irais jusqu’au jardin, tu envisagerais de l’enterrer peut-être ou de la laisser couler dans le puits ? Et tout en marchant tu réfléchirais de sorte qu’arrivé devant le puits, te penchant déjà contre la margelle, regardant dans le fond dans le noir dans le silence de l’eau que tu ne vois mais devine et pressens tout loin là en bas et dedans, tu hésites … L’idée de l’y laisser tomber, couler, te rebutes car là tu le sais que tu ne pourras  jamais plus la retrouver à moins que d’y descendre…

Et de t’y noyer qui sait …

*

Alors, te demandes-tu, comment te débarrasser de cette pierre qui vient de te prouver qu’elle a un sens, une histoire …

La tienne que tu viens de voir…

Elle t’embarrasse, tu la glisses dans ta poche, elle est moche après tout qu’est ce que tu t’en fous, elle n’a rien de spécial, c’était une hallucination, balivernes sans fondement, mirage… Mais que tu ne parviens pas à oublier alors que d’un pas lent tu reviens vers ta maison.  Vraiment, cette pierre, mais elle est fausse et grossière et sans le moindre intérêt !

*

Tu remontes les escaliers et décidé à ne pas te décider tu la remets dans le tiroir te disant qu’il sera toujours temps d’y songer, plus tard…

Seulement voilà elle s’est glissée dans ta pensée, occupe ton esprit, s’est immiscée  dans chaque recoin de ton cerveau  te forçant ainsi à admettre son pouvoir, te ramenant sans cesse à son existence, te rappelant sa présence là haut dans le tiroir.  Impossible de l’oublier…  Elle s’impose dans chaque minute de ta journée . Tu tentes de mettre en veille son évocation, sa forme, sa couleur, son toucher mais elle reste prêgnante, elle est là, en toi… Par moments même tu doutes de l’avoir remonté, tu glisses ta main dans ta poche à sa recherche comme si elle se trouvait toujours là mais sans la trouver…

Alors tu mets de la musique, tu allumes le téléviseur, tu allumes l’écran de ton ordinateur aussi, tu remplis ta maison de bruits venus de l’extérieur mais cela ne suffit à estomper la conscience qui te revient du talisman que tu détiens et qui vient se réveiller de temps en temps, subrepticement, dans ta pensée…

Tu te proposes de choisir un moyen, de prendre ton courage à deux mains, de ne pas te laisser distancier  par la décison car de remettre à plus tard encore fera que tu oblitèreras et croiras la chose oubliée et même que tu t’en croiras soulagé. Mais quel choix te faudra-t-il faire ? Accepter l’idée que la pierre possède puissance de souvenances et même de divination ou laisser pour compte les images qui ont défilé devant tes yeux il y a peu lorsque tu tenais la pierre dans ta main, juste au creux ?

*

Lequel des deux choix serait le plus pertinent pour toi ?

Le premier t’effraye et le deuxième te rassure… Mais si peu… Déjà tu sens qu’il pourrait même te faire souffrir, ou mieux, ou pire, engendrer en toi le souvenir et le regret. A moins que ce ne soit le contraire oui sans doute le second choix te rassure et le premier t’effrayes tu tournes en rond la musique et la télévision et l’écran de l’ordinateur ne te permettent pas de retrouver ton calme, cette forme d’insouciance que tu connaissais quelques secondes avant la révélation et tu ne sais plus, tu ne vois plus clair, te voilà perdu, déçu, déchu… Et le choix à faire reste là en toi, comme gravé au fer rouge dans ta mémoire, il est toujours là ce choix à faire et plus tu t’y perds plus tu t’approches d’un geste à faire d’un pas à poser, d’une option qui semble s’imposer…

*

Alors…

Tu sors…

Tu quittes ta maison… Tu t’éloignes d’elle et de la pierre, tu prends la route, tu marches, tu vas vers le petit bois en contrebas mais l’idée te suit ! Bien entendu.  Alors tu cours, tu prends la fuite, tu dévales la ruelle, tu tournes l’angle de la rue des Corbettes tu crois échapper à l’obsession mais tu te retrouves nez à nez et face à face et face avec elle à nouveau. Tu ne comprends plus, tu ne parviens plus à saisir, quelle importance cette pierre, depuis tant d’années qu’elle était là dans le tiroir et plus tu tentes de la défaire de ta mémoire plus elle s’impose à toi et tu sens oui tu sens que tu souffres en toi profondément.

Le petit bois ne t’accueilleras pas…

Tu remontes la rue des Corbettes et tu retournes chez toi.

*

Rassuré tu te retrouves face à ta porte, dans ton couloir, dans la pièce où le téléviseur est toujours allumé et l’écran de l’ordinateur et la musique qui serine serine serine un air que tu ne reconnais pas. Tu as peur. Tu as peur brusquement de mourir mais  pourquoi ? Quelle est cette angoisse visqueuse qui vient te serrer le thorax, te broie l’intérieur.  Peur !… En courant tu remontes  les escaliers, tu te précipites vers la commode, tu ouvres le tiroir et soulagé tu retrouves la pierre dans l’écrin, bien tranquille et rouge et lisse et ovale et plate tu as eu peur de l’avoir perdue à jamais.

La voilà devenue importante, capitale, cruciale pour toi !

La vérité la vérité qui te fait peur peur à en mourir !

*
Que faire ?

Pris au piège de cette forme de délire qui te tient tu tends la main et délicatement tu prends la pierre entre le pouce et l’index et tu la déposes, précieusement, comme tu l’avais fait ce matin, sur la paume de ta main. Et tu attends. Tu veux vérifier sans y croire que oui elle a un pouvoir…  Tu ne voulais  pas y croire, tu ne voulais pas le percevoir, tu ne voulais pas le savoir, tu ne voulais pas voir ta peur de la vérité mais tu ne vois plus qu’elle et de la refuser tu le sais risquerait de te perdre. Ce que tu ne pouvais croire arrive, dans l’instant.  Tu n’as plus de choix tu as fait le choix tu avais encore le choix tu avais déjà fait le choix alors qu’encore tu ne le savais pas tu as arrêté ton choix tu as décidé que mieux valait la vérité que le doute, que mieux valait le vrai que le faux.

C’est ainsi qu’est arrivée cette chose étonnante de ressentir enfin en toi et autour de toi partout autour de toi le bienfait de la vérité. Tu ne voulais pas y venir, tu avais peur de te la dire, tu ne voulais pas comprendre, tu avais craint de t’y perdre et tu t’y es retrouvé. Et la pierre dans ta main, ta main fermée sur la pierre comme pour la protéger la réchauffer la faire tienne à jamais dans ta paume tu es retourné sur le palier, tu as descendu les escaliers, tu as éteins le téléviseur, et la musique et l’écran de l’ordinateur et tu t’es assis et tu n’as plus eu d’yeux que pour la pierre comme si te venais la crainte de la voir disparaître et de risquer qu’elle t’oublie.

*
Ton choix était fait dès l’instant car tu comprenais que la vérité ne peut être modelée ni façonnée à mesure des peurs et des désirs car alors elle ne serait plus vérité elle serait falsification, facilité factice, semblant d’être semblant de vie, mensonge et facétie.

Et tu ris !

D’un grand éclat de rire tu t’esclaffes !

Soulagé !..

Libéré …

En ouvrant ta main tu vois dans la pénombre du soir qui déjà arrive luire la lueur satinée de la pierre toute chaude à présent et lisse et plate et ovale et si rouge là dans ta main et tu te demandes comment tu as pu vivre aussi longtemps éloigné de la vérité.  Tu t’en moquais, tu t’en fichais, tu n’en connaissais que partie tu t’en approchais tu t’en éloignais volontairement ou non tu ne sais plus mais tu te sens rassuré.

C’est ton choix.

A moins que non ?

Est-ce bien toi qui a choisi ou s’est-il imposée à toi ?

Tu ne savais qu’en faire …

De la vérité …

Tu as voulu la fuir ..

Tu as voulu la perdre ..

Tu as tenté de te perdre or qu’à présent tu ne peux plus te  perdre car dans la vérité l’on n’est jamais perdu et tu le sais. Dorénavant tu continueras ta route et tu sauras …  Que toujours tu lutteras et jusqu’au bout pour être proche de la vérité et proche de toi.  Proche de ta volonté d’être, proche de ta vérité à être, proche de ta vie, de celle qui est tienne, qui te ressemble dans laquelle tu t’assembles te rassembles corps âme et esprit.

Voilà qui est le choix, voilà qui est ton choix. C’est elle, c’est la vérité, c’est ainsi et à travers tout jusqu’au bout ce sera ta vérité à toi, ton choix …

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Imagine …

Imagine toi …

Que je te confie mais oui…

Que je te confie un talisman…

Une pierre belle, ovale, plate, lisse…

D’un reflet satiné et d’un rouge profond …

Tu sais, de ces pierres dont il est dit…

Qu’elles ont des pouvoirs, des vertus…

Le sais-tu ?

Imagine …

Cela…

Et que ce talisman soit à toi…

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RED_BAKKARA

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