La Flûte de Noël

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C'est ma flûte ... C'est aussi celle du petit garçon ... Et celle de l'ami du violoneux ...

C'est ma flûte ... C'est aussi celle du petit garçon ... Et celle de l'ami du violoneux ...

 

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Le petit Garçon à la Flûte

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Depuis plusieurs jours déjà le petit garçon préparait son instrument.  Il le nettoyait, le faisait briller.  Mais surtout, il en jouait.  Il jouait un tout nouveau morceau de sa composition qu’il préparait pour la fête de Noël et qu’il allait offrir à toute sa famille après la distribution des cadeaux le soir du réveillon.  Déjà le matin, avant de partir pour l’école, il aimait de jouer.  Sinon, disait-il, il lui fallait rester toute la journée, durant les heures de classe et de récréation, sans même toucher sa flûte.  Il aurait aimé pouvoir jouer pour les élèves mais le directeur ne voulait pas qu’il emporte son instrument, ni son professeur de musique d’ailleurs.  Pourtant, une flûte, ce n’est pas pour la place qu’elle prend dans le cartable.  Elle était petite, fine, légère, et dans sa housse en cuir que maman lui avait fait elle ne risquait ni de s’endommager ni de rien abîmer.  Et maman était d’accord.  Mais non, le directeur ne voulait pas, ni non plus son professeur de musique.

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Alors le matin, au lever du lit, il prenait sa flûte et jouait plusieurs petites pièces qu’il affectionnait tout particulièrement.  Ensuite seulement il allait se laver, s’habiller puis déjeuner.  Et il laissait sa flûte, à l’abri dans son étui, sur sa table de nuit, à côté du livre que maman le soir lui lisait.  Depuis plusieurs jours ils avaient commencé à lire une histoire de Noël.  Une très belle histoire où il était question d’un joueur de flûte dans une ville allemande.

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Arrivé dans la rue de l’école, il s’arrêtait au petit carrefour pour regarder avant de traverser.  C’est alors qu’il voyait le vieil homme jouant du violon à l’angle de la rue.  Comme dans les livres, se dit-il.  Au lieu de traverser il faisait mine de devoir aller de l’autre côté alors qu’il n’avait rien à y faire.    Arrivé à hauteur du vieillard il le regarda en face et il vit que celui-ci jouait  les yeux fermés et qu’il pleurait.  Drôle de bonhomme, se dit le petit garçon. Le musicien portait des mitaines noires et les doigts qui maniaient l’archet et pinçaient les cordes étaient noircis et sales aux longs ongles durs et jaunes et recourbés.

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– “Mais qu’as tu donc?”

lui demanda le petit garçon après avoir un peu réfléchi mais vaincu par son coeur inondé de sollicitude pour le vieil homme.

– “Pourquoi pleures-tu?”

À l’écoute de la voix enfantine, le vieux ouvrit les yeux, étonné.

– “Oh, je ne pleure pas petit, ce sont les souvenirs vois-tu qui me mouille les yeux.”

– “Les souvenirs ils font mal?”

Demanda encore le petit garçon.

Et le vieil homme, tout en hochant la tête referma les yeux et dit, en reprenant où il l’avait laissée, en suspens dans l’air froid du matin, sa phrase musicale:

– ”Oui petit, il y a des souvenirs qui font mal…”.

Le petit garçon ne voulait pas se mettre en retard à l’école.  Il n’aimait pas à se faire gronder par le maître.  Mais aussi, il ne voulait pas laisser là le vieil homme et ses souvenirs qui lui faisaient mal.  Il dit à l’homme de sa petite voix:

– « Au revoir monsieur, il faut que je m’en aille.  A bientôt, je reviendrai vous voir.  J’aime beaucoup la musique.  Moi aussi je joue.”

Le viellard rouvrit les yeux et regarda le gamin:

-“Tu joues?”

– “Oui, je joue, je joue de la flûte, c’est vrai!”

Assura-t-il et le vieillard hocha la tête sans interrompre son jeu.   Le petit garçon s’en alla vers les grilles de l’école.  Il arrivait juste quand la sonnette retentit et il se dépêcha dans son rang, parmi ses camarades, devant la porte du couloir menant à sa classe.

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Toute la matinée il se sentit comme s’il avait des fourmis dans les jambes.  Le ménétrier du coin de la rue lui restait en mémoire.  Il le voyait devant ses pupilles faire aller l’archet, pincer les cordes sur le manche, et pleurer.  Son petit coeur d’enfant était pris d’un sanglot qu’il n’arrivait pas à faire sortir, pas même sous forme de soupir.  Ah, comme il aurait aimé avoir sa flûte auprès de lui, il aurait pu lui confier le désarroi de son âme.  Car voir pleurer un vieil homme étreint fortement l’âme des petits garçons.  Quand arrivait l’heure du midi, le petit garçon suivit ses camarades jusqu’au réfectoire mais sa pensée restait préoccupée par ce vieux monsieur, seul au coin de la rue de son école, seul avec son violon et ses souvenirs.  Et l’après-midi serait longue, il le sentait.

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Quand sonnait l’heure de fin de classe, le petit garçon se sentit heureux.  Il se dépêcha de ramasser ses livres, ses cahiers et son plumier, de ranger son journal de classe et de bien refermer son cartable.  Il n’avait pas une minute à perdre dans les couloirs, et attrapa son manteau en courant.  Dans les escaliers, Justin, de la classe des petits, l’appelait:

– ”Hé, Henri, tu m’accompagnes?”

– “Non, pas aujourd’hui,”

répondit le petit garçon

-“J’ai à faire ! »

-« Et je ne peux pas aller faire avec toi?”dit Justin, désappointé.

-“Non !” cria le petit garçon déjà au bas de l’escalier et décidé de semer Justin

– “Non, c’est impossible, c’est…  c’est un secret”

Et il s’enfuit de l’école en courant par la grande porte dans la cour et vers la grille, comme si des ailes lui auraient poussé aux chaussures.  Il ne pouvait tout de même pas raconter à Justin … Justin allait en parler, et le petit garçon se ferait gronder …

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Essoufflé, il arrivait à l’angle de la rue.  Le vieux monsieur était toujours là.  Assis sur une chaise, son violon appuyé contre sa jambe, la tête inclinée sur la poitrine, presqu’enfoncée sur ses bras haut croisés, il semblait dormir.  Le petit garçon n’aurait pas osé le réveiller, mais aussi, il désirait tant lui parler.  Il voulait savoir quels sont ses souvenirs qui font pleurer les violoneux.  Doucement, il déposait son cartable.  En se penchant pour le bien poser il vit, dans l’étui à violon, une flûte.  Une flûte comme encore jamais, de sa vie de petit garçon il n’en avait vu une.  Elle avait l’air, comment le dire, elle avait l’air d’être pas toute jeune, et puis, pas sale mais sombre, luisante, et chaude.  Elle reposait là sur le velours grenat de l’étui à violon comme si une main venait de l’y laisser après en avoir longtemps joué.  Ebahi, il restait penché ainsi un long moment puis constata que sa main droite prenait l’instrument, qu’elle le porta à sa bouche, qu’il ferma les yeux et en joua.  Il joua tous les airs qu’il connaissait, et ceux qu’il inventait.  Il jouait pour lui, pour le plaisir d’entendre les notes s’égrener dans l’air froid de l’hiver comme autant de cristaux translucides reflétant un coin de son âme.  Il jouait pour le sommeil du violoniste, il lui confiait toute sa journée d’émotions et de tristesse durant laquelle son image venait sans cesse se planter devant ses yeux.  Il jouait, se sentait jouer, s’écoutait jouer et quand enfin il rouvrit les yeux il voyait autour de lui une foule de gens le regardant et l’écoutant.  A terre, le chapeau du vieux monsieur contenait de belles pièces et même quelques billets.  Et brusquement tous applaudissaient.  Le petit garçon était stupéfait, et un peu honteux.  Il se ressaisit pourtant et s’inclina presque jusqu’à terre disant:

– “Merci, mesdames et messieurs, c’est pour mon ami, le vieux violoniste.”

Ensuite, et doucement, il déposait l’instrument dans l’étui à violon, reprenait son cartable et regardant le vieillard toujours engoncé dans ses bras croisés, semblant n’avoir vu ni entendu rien, il sourit et lui souffla:

– “Merci, et à demain”

Il était question de se dépêcher …

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Le lendemain tôt, dans sa chambre, le petit garçon joua.  Jusqu’à ce que maman l’appelle:

– “Henri, arrête à présent, il est temps pour l’école.”

S’il pouvait prendre sa flûte…  La montrer au vieux musicien…  mais bien sûr alors il désobéirait…  Tout de même, ils en faisaient déjà des histoires pour une flûte!  Ce n’était quand même pas un canon!  Après s’être lavé et habillé et coiffé, il mit l’instrument dans son étui, et l’emporta avec lui à la cuisine.

Ça sentait bon les oeufs au plat.  Son déjeuner préféré.

– “Maman, puisque toi tu es d’accord pour la flûte mais pas le professeur, si je la prends quand même, je ne désobéirait qu’à demi?”

– “C’est bien plus compliqué que cela, mon enfant”

lui dit maman en riant aux éclats,

– “En tous cas, les professeurs sont les maîtres dans les écoles, et les mamans ne peuvent pas y faire la loi.  Même si moi je suis d’accord, c’est l’avis du professeur qui compte d’abord.  Comprends-tu?”

Bien sûr qu’il comprenait, mais tout de même, pour une flûte…

Après avoir fort bien déjeuné le petit garçon remonta sa flûte dans sa chambre, mit son manteau et ses chaussures, prit son cartable, embrassa sa maman et s’en alla pour prendre l’autocar.  A l’arrêt près de l’école, il sautait en bas du marchepied et courut à grandes enjambées vers l’angle de la rue.  Le violoniste était là. Et il jouait, comme hier.  Vite il traversait la rue et venait se poster bien en face du musicien afin que celui-ci le voie dès qu’il ouvrirait les yeux.  Et il les ouvrit.  Et il lui sourit.  Et il lui dit:

– “Merci, petit, merci d’être revenu.”

– “Je ne peux pas rester longtemps Monsieur, je suis attendu en classe.”

Mais je reviendra vous voir, ce soir.  Mais dites moi, avant que de m’en aller, pourquoi les souvenirs vous font-ils pleurer?”

Le vieil homme souleva l’archet de sur les cordes et la main en l’air, comme s’il attendait que la suivante phrase musicale lui soit inspirée répondit:

– ” Vois tu petit, dans trois jours ce sera Noël.  Et ce sera le premier Noël depuis quarante cinq ans où je serai seul à jouer au coin de la rue pour le réveillon.  Jusqu’à la semaine dernière encore, j’avais un ami.  Il s’appelait Philibert, et ensemble, depuis de longues années nous accordions nos instruments et nous jouions jusqu’à ce que nos doigts gourds de froid réclament grâce et que nous allions les réchauffer chez la mère Marie où nous dépensions les quelques sous que la musique nous avait fait gagner.  Elle nous préparait un repas, aussi, la Marie, quand nous étions en fortune.  Elle disait que c’était ca de moins que nous irions dépenser à boire ou à fumer.  Mais elle est vilaine de dire cela, Marie, car il n’y a que chez elle que nous levions nos godets.  Elle est comme une soeur, et ce n’est sans doute pas sur notre dos qu’elle gagne son beurre.  C’qu’elle a pleuré, la Marie, quand on a perdu Philibert.”

– “Et il est où, maintenant, Philibert Monsieur?

Demanda encore le petit garçon.

A cette question le vieillard s’écroulait sur sa chaise pliante, son violon posé à plat sur ses cuisses, et se mit à sangloter.  Des larmes lui coulait de partout, des yeux et des narines et même de la bouche ca coulait alors qu’il ne cessait de répéter, comme une litanie remplie de silences:

– “Il est parti… petit…   Il est mort Philibert…  Il ne reviendra jamais…  Jamais plus…  C’est la maladie…  C’est la maladie qui l’a eu.”

Le petit garçon ne savait pas vraiment bien qui était la maladie, mais il comprenait bien qu’elle était méchante et avait emporté Philibert.  Il se sentait brusquement et étrangement devenu très grand.  Non qu’il avait poussé là sur le trottoir, non, mais qu’il regardait le vieillard se noyer dans ses larmes et qu’il se disait qu’il lui fallait l’aider à se consoler avant de partir.  Il ne pouvait pas le laisser ainsi répéter que Philibert était mort et plus jamais ne reviendrait.  C’était trop triste.  Et tout ca par la faute de la maladie…  C’était donc ca, des souvenirs qui font pleurer.  Et bien c’était trop de chagrin, et pas juste du tout, et il lui fallait trouver quelque chose pour donner à ce vieux monsieur à nouveau un peu de bonheur.  Une idée lui venait.

– “Monsieur, tu serais d’accord de venir avec moi un peu dans ma classe.  Aujourd’hui c’est mon jour de présenter ma rédaction.  Et justement, j’y parle de musique.  Peut-être que pour illustrer mon texte, vous pourriez nous jouer un morceau?  Et puis les copains, ils seraient vraiment épatés.  Comme ca aussi j’aurais de bonnes notes et vous pourriez vous réchauffer les mains.  Il fait chaud dans l’école.”

Tout le temps que parlait le petit garçon, le musicien ne bougeait pas de sa chaise, mais quand il s’arrêtait de parler et d’un pied à l’autre se dandinait attendant la réponse le vieillard se levait, remit son violon dans son étui, ramassait sa chaise pliante, son chapeau et donnant la main au petit Henri ils allèrent tous deux vers l’école.

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Arrivés dans la cour de récréation le petit garçon se sentit soudain moins courageux.  La décision qu’il avait prise, il l’avait prise seul.  Il n’avait demandé à personne la permission d’amener le vieillard dans la classe et il se sentit moins hardi que tout à l’heure quand il conviait le vieux monsieur à le suivre.  Tous les élèves se tournèrent vers le musicien mais celui-ci n’avait pas du tout l’air intimidé.  Il souriait aux alentours et avait l’air de connaître tous les enfants tant il semblait à l’aise dans la cour de récréation.  Le petit garçon alla jusqu’au maître d’école et lui dit:

– “Le vieux monsieur là, il est musicien, et il a perdu Philibert parce que la maladie est venu le prendre, et maintenant il est tout seul, et tout triste, et il n’a plus personne pour jouer de la musique avec lui.  Alors je lui ai proposé de venir en classe pour nous jouer un air de musique.  Ca illustrera ma rédaction monsieur car justement j’y parle de musique et de musiciens.”

Dans son coeur il se sentit tout effrayé.  Il avait peur que le professeur ne renvoie le vieil homme et alors il aurait été encore plus triste que tout à l’heure.  Mais il n’en fut rien.  Au contraire.  Le maître d’école alla jusqu’au musicien et après lui avoir tendu la main il le conduisit tout droit dans la salle de classe.  Cette matinée là fut une matinée de rêve et de joie pour tous les enfants et aussi pour le vieux musicien.  Par les fenêtres de la classe l’on entendait résonner les airs de musique jusque dans la cour et même au delà des murs d’enceinte jusque dans la rue.  Puis le musicien, après avoir pris un repas dans le réfectoire avec tous les élèves s’en retourna dans la rue non sans avoir au préalable remercié tous les élèves, et le professeur et surtout le petit garçon qui le raccompagna jusqu’à la grille:

– “Au revoir, petit, et viens me voir ce soir avant de rentrer chez toi.  Et surtout, merci beaucoup, merci de m’avoir donné un peu de chaleur au coeur.”

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Les jours qui suivirent furent des jours de bonheur pour le vieux bonhomme.  Tous les enfants de l’école le connaissaient à présent et en passant par le coin de la rue, le matin en allant à l’école et le soir en retournant à leur maison, ils étaient nombreux à s’arrêter, à écouter le musicien jouer et à glisser une piécette dans l’étui à violon.

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Le petit garçon écoutait le vieux lui raconter le souvenir de son dernier Noël avec son ami de toujours, Philibert, qui jouait de la flûte avec lui et qu’ensemble plus tard ils allaient dépenser l’argent chez la mère Marie qui leur servait à boire mais qui les nourrissait aussi durant plusieurs jours encore après la fête avec les restes des cuisines.  Son ami qui aujourd’hui dormait sous la rude terre froide de l’hiver et que plus jamais il ne reverrait, et que plus jamais il n’entendrait jouer avec lui.  L’enfant écoutait l’homme lui faire confidence de ses souvenirs qui font pleurer.  Il aurait aimé jouer pour le consoler mais il ne pouvait pas, il n’avait pas sa flûte avec lui et il ne voulait pas désobéir.  Et la belle flûte de laquelle il avait joué le premier soir de leur rencontre, le petit garçon ne l’avait plus jamais vue…

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Le soir de Noël approchait et l’enfant répétait à la maison sa nouvelle pièce de musique. Le vieillard à l’angle de la rue jouait à nouveau les larmes aux yeux.  Ce jour-là l’école se terminait plus tôt, pour pouvoir faire les préparatifs de la fête.  Avant de repartir dans sa famille, le petit garçon alla retrouver son ami le musicien.  Celui-ci l’attendait.  Dès qu’il le vit il se baissa vers son sac et fouilla dedans pour en sortir la flûte sur laquelle l’enfant avait joué en début de semaine.  Le vieillard  la donne au gamin:

– “Tiens,” lui dit-il “si tu le désire, tu peux en jouer, maintenant.”

Et ensemble ils se mirent à jouer, longtemps, et les yeux fermés.  Ils jouaient comme si depuis toujours ils jouaient ensemble, comme si jamais ils n’avaient fait que cela, l’enfant et le vieillard, faire de la musique ensemble au coin de la rue un soir de Noël.  Ils jouaient tant et tant sans s’arrêter que l’enfant ne rentrait pas chez lui ce soir là, dans sa famille où l’attendaient père et mère et soeur et frère.  Ils jouaient et l’enfant oubliait tout.  Il fut entièrement happé par la musique et par les émotions puissantes que celle-ci déversait en son petit coeur de jeune garçon.  Les passants s’arrêtaient, affluaient, écoutaient.  Certains même avaient les larmes aux yeux tant etait belle la musique que leur offrait le vieillard et l’enfant.  Les pièces de monnaie tombaient dans le chapeau que par trois fois ils durent vider dans l’étui à violon tant il débordait.  Le vieillard avait les yeux brillants de joie et de larmes et l’enfant jouait de plus belle pour lui donner du bonheur.  Quand enfin les passants se faisaient plus rares, le vieux s’arrêta de jouer.  Pour la quatrième fois de la soirée il vida le contenu du chapeau dans son étui à violon.

Puis il dit au gamin:

”Prends en une partie pour toi, pour ton Noël.  C’est aussi ton dû.”

Mais le petit garçon répondit:

”Non monsieur, je n’en veux pas.  Je n’en ai pas besoin.  Je vous laisse ma part pour que vous puissiez acheter, en plus de la nourriture et du vin et d’une paire de nouvelles mitaines et d’un bon bain, une belle rose de Noël, en pot, pour aller la mettre sur la tombe de votre ami qui n’a pas même une pierre ni une croix ni un nom.  Bon Noël, Monsieur.  Et ne vous en faites pas, nous nous reverrons.”

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Arrivé chez lui, ce fut la panique.  Toute la maison était en effervescence.  Père, mère, frère et soeur, tous étaient très inquiets.  Quand il eut tout expliqué, et après s’être fait valablement gronder pour avoir tant tardé et n’avoir donné aucun signe de vie, le papa et la maman de l’enfant le félicitèrent tout de même et malgré les remontrances justifiées.  Car le coeur du petit garçon était bon et celui-ci n’avait écouté que la voix de la solidarité humaine et de la bonté.  Ce qui est rare, somme toute, et surtout dans ce monde où tous nous courons derrière nos propres rêves sans penser à ceux qui ne peuvent réaliser les leurs, si petits, si modestes soient-ils.

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Toute la famille enfin réunie, et soulagée du retour de l’enfant, ils passèrent à table pour le repas de réveillon.  A ce moment précis la sonnette retentit.  Un livreur se trouvait sur le pas de la porte avec une magnifique rose de Noël emballée de cellophane et dans laquelle se trouvait accrochée une petite lettre et un paquet adressés au petit garçon.  Celui-ci, très ému, déballa la plante devant tous les membres de sa famille et leur lu le message que contenait la petite enveloppe:

– “Voici pour toi, petit, en souvenir de moi et de notre amitié.  il y avait assez d’argent pour deux roses de Noël, une pour mon ami Philibert et une pour toi.  Et pui,  voici aussi sa flûte.  Je te la donne.  Je sais qu’elle sera bien chez toi.  Bonne fête de Noël, et bonne chance dans la vie, et n’oublie pas, on n’est jamais seul avec la musique…”

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RED_BAKKARA

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DROITS D’AUTEUR

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5 commentaires sur “La Flûte de Noël

  1. Xoria dit :

    BOOonsoir, bonsoir,

    Très beau!!!

    Bonne soirée.

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  2. […] This post was mentioned on Twitter by Gershon Beaufils. Gershon Beaufils said: RT @RED_BAKKARA: La Flûte de Noël: http://wp.me/pWdOT-jS […]

    J'aime

  3. Sylvaine dit :

    Je n’aime pas Noël, mais j’aime les contes, et voilà ta page qui se garnit de mots. Tu sais au moins que j’ai été flutiste ?

    J'aime

    • RED-BAKKARA dit :

      Ah non bien sûr j’ignorais !… Moi aussi je suis flûtiste … Je joue dans l’ensemble baroque de mon académie … Merci de cette visite Sylvaine et ravie de vous faire plaisir de mes contes … C’est un plaisir pour moi …

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