Si ce n’était Noël

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Si ce n’était Noël…

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Si ce n’était Noël…

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Regarde, au loin, tu la vois, la ville qui serpente?

Toutes ces lumières du soir jusqu’au matin, c’est là-bas…

La-bas oui que la ville chante et allume une à une toutes ses lumières de joie …

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Si ce n’était Noël…

Regarde, j’aurais mes mains pleines de cadeaux, des jolis avec du papier tout beau, et des rubans autour, tout autour…

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Si ce n’était Noël…

Si ce n’était Noël j’ouvrirai mon panier et je distribuerai aux enfants qui manquent de chaleur un petit bout de mon coeur.

Ils pourraient s’y blottir…

S’y réchauffer …

 

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Si ce n’était Noël…

Je ferais un gâteau, immense, un gâteau grand comme la place la plus grande dans ce pays, aussi grand que cela je ferais un gâteau, moelleux.

Et encore chaud je le découperais en autant de part qu’il en faudrait pour en donner à tout ceux qui ne peuvent s’en acheter.

Car il y en a …

Vous le saviez?

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Si ce n’était Noêl…

Je bâtirais une table, une belle longue et large table, qui irait de par les rues, s’entrecroisant elle irait, et tout le monde s’y attablerait, et tout le monde s’y installerait, les pauvres avec les riches, les savants avec les idiots, les malins avec les sots, et les gentils, et les méchants, et les longs nez et les cous gras, et les hâves, et les maigres, et les échevelés.

Tous ils s’installeraient.

Et il y aurait à boire et à manger, pour les petits et pour les grands et même pour les gourmands.

Et tous seraient contents, et tous chanteraient.

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Si ce n’était Noël, oui, je pourrai.

Je pourrai ouvrir les maisons, les portes et les fenêtres, je pourrai en faire sortir les familles, les pères, les mères, leurs fils, leurs filles, je pourrai faire venir les voisins, et les lointains cousins, même ceux d’Amérique oui je pourrai.

Ceux qui sont partis et qui reviendraient.

Il y a partout des émigrés …

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Si ce n’était Noël.

Je sortirai mon harmonica, et ma flûte, et mon violon, et je jouerai des airs, des morceaux de polka et des musiques venues de nulle part, ou de ma mémoire, ou d’un lieu pas loin. Et je jouerai à n’en plus finir, comme le musicien de la ville de Brême, j’entraînerais derrière moi tous les convives de la fête et nous irions danser au bois.  Près d’un sapin que nous allumerions tous ensemble de milles lumières, de toutes les lumières du monde et nous chanterions autour, tout autour, et nous ferions la ronde et nos pas de danse nous égayeraient…

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Si ce n’était Noël, je pourrai faire tout cela.

Et réunir les coeurs.

Et rétrécir les rangs.

Et faire se tendre les mains.

Et faire se sourire les gens.

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Mais je ne peux pas…

Puisque c’est Noël…

Et qu’à Noël il n’y a  pas le temps pour tout cela.

Et  puis on n’a pas envie d’y penser …

Puisque c’est Noël …

Les gens sont pressés, les gens sont oublieux …

Ils courent dans les magasins, ils achètent des objets tout plein, ils fouillent les rayons…  Ils essayent tous, peuple, de songer à se faire une belle maison. Un bel arbre joliment décoré, et des cadeaux dessous, et une  jolie nappe, et des lumières qui illuminent l’entrée … La vie est si difficile, de plus en plus difficile, et il est déjà bien tant que se trouver le minimum d’argent, d’économies, pour se faire plaisir, et faire plaisir à ceux que l’on aime aussi …  Et puis … L’on ne peut pas toujours  penser à ceux qui n’ont rien. Le malheur  des autres jette une ombre sur le sien … C’est déjà tellement compliqué de se créer un peu de bonheur douillet dans son propre foyer …

Et puis personne ne m’écouterait …

Puisque c’est Noël …

Personne ne m’y aiderait …

Personne même  ne me  prendrait au sérieux …

Parce que je suis une rêveuse …

Une imagineuse qui ne produit que des rimes et des vers …

Je suis de ceux qui ont de grandes idées …

Mais pas d’argent pour les réaliser …

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Je cherchais des phrases pour vous raconter des histoires et voilà, regardez … C’étaient des rimes qui arrivaient.  Je cherchais loin dans ma mémoire, c’étaient des clochettes qui tintaient.  J’entendais murmurer à mes oreilles des chants d’enfants depuis longtemps oubliés.  Et je cherchais, je cherchais, des contes à vous narrer.  Des nuits sans sommeil, des heures sous la lampe, ma main devenue crochue sur la plume qu’elle tient.  Et toujours des rimes, toujours des rimes qui venaient.  En fermant les yeux, d’épuisement ou d’irritation, je voyais dans l’obscur de mes paupières se dérouler de jolis tableaux ; il y avait un étang, tout gelé, et dessus des enfants, ils patinaient.  Et tout autour des sapins de lumières décorés.  Un air de fête, et un air de gaieté.  Et toujours cette musique, et ces chœurs d’enfants qui chantaient.

Allégresse.

Cela voulait dire la joie.

La joie de la fête, la joie du partage, la joie de se réunir.

Et je cherchais des phrases pour vous faire rêver …

Mais rien ne venait.

Que ces paroles un peu triste, un peu dures, un peu froides …

Comme la neige qui ne cesse de tomber …

Je ne peux mentir …

Inventer des histoires juste pour en dire …

Pourtant …

Il me faut vous donner ce que je vous promettais.

Je tiens toujours mes promesses …

Des histoires je disais …

De Noël …

Il y en a tant, pourquoi me creuser la cervelle à vous en inventer ?

Il y a cette histoire déjà vieille de 2000 ans …

C’est l’histoire d’une ville, et d’un couple qui arrivait là.

Et de l’enfant qui allait naître.

Et de la fête dans le monde entier qui en résultat.

La Nativité …

Et où est le père Noël dans tout cela ?

Il n’arrive pas …

Car la ville était hostile, et le couple très pauvre, et l’enfant sans même un lit.

Et déjà menacé d’être occis …

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Je ne pourrais faire autrement que de vous en dire de ces villes, hostiles, et de ces couples, pauvres, et de ces enfants n’ayant pas même un lit.  Je vous les raconterais sous toutes sortes de formes, j’essayerais de tourner des histoires se terminant avant que le froid ne se fasse sentir …   Et le désespoir …

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Ainsi je songeais …

J’avais les mains gelées …

Et nulle part où me blottir …

Nulle part où aller parler de partage, et de bougies, de serpentins, de sucres d’orge et d’enfants sages …

Un peu sages, de temps en temps …

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Et la neige qui tombe et tombe dehors …

Et ma mémoire qui me rappelle sans cesse et sans trêve qui m’interpelle et me fait souvenir …  De ces êtres qui sont dans le froid et le givre, que personne ne vient secourir et ne voient pas même une croûte de pain venir …  De ceux qui ne savent plus ce qu’est le partage, ni les enfants sages ni la fête ni la joie de se réunir.  Qui ne peuvent plus même en rêver tellement ils ont de peine à s’en rappeler …

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Et le jour baisse ses lanternes sur la ville enneigée …

Je vous avais promis des histoires je viendrais vous les donner …

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Toute seule là chez moi avec l’encre et les mots, je vous les écrirais …

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RED_BAKKARA

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Un commentaire sur “Si ce n’était Noël

  1. […] This post was mentioned on Twitter by Danièle Boulard, Danièle Boulard. Danièle Boulard said: "Et qu’à Noël il n’y a pas le temps pour tout cela"….prenons du temps! RT @RED_BAKKARA: Si ce n'était Noël: http://wp.me/pWdOT-jL […]

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