Il y a des Noëls …

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Il y a des Noëls sans rires …

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Déjà plusieurs jours de cela j’entendais cette phrase à la radio, et mon âme, brusquement, en fût toute chagrinée.  Tous mes préparatifs pour la fête furent d’un seul coup interrompus et les jours passants je ne parvenais plus à m’y consacrer …

Les boîtes de décorations restaient là, ouvertes, les guirlandes et les lampions attendaient que je les accroche au sapin, et un peu partout dans la maison, mais je n’y arrivais pas … Je ne comprenais plus trop ce que je faisais là à décorer un sapin, à emballer des cadeaux, à préparer ma liste de courses, à calligraphier mes menus et mes cartons de table…

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Il y a des Noëls … Sans rire …

Pourquoi cette phrase restait-elle là dans mes pensées à retentir ?…

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La fête de Noël est magique, et sa magie est très résistante à travers le temps. C’est peut être bien la seule fête au monde qui réunit autant de familles autour des tables, la seule fête où la chaleur des foyers, les odeurs des plats cuisinés et les retrouvailles sont conjugués …

C’est la fête de la Nativité …

Elle parle de paix, d’amour et de partage …

Et de chaleur pour réchauffer les cœurs de tous les êtres du monde entier, et surtout de tous les enfants, puisque c’est la fête de la Naissance … Qu’ils soient riches ou pauvres, qu’ils aient des familles ou qu’ils soient orphelins, qu’ils soient joyeux ou tristes, Noël appartient aux enfants du monde entier et aussi à tous les parents, puisque sans parents, sans un papa et une maman nous sommes bien d’accord, pas d’enfants …

Il y a déjà bon temps de cela, il n’y avait pas de père Noël.  Il fut inventé sur le coup de génie opportun d’un publiciste et même, est-ce ironie, vantait les mérites d’une boisson dont nous savons aujourd’hui qu’elle est une des marques au monde dont les détenteurs et possesseurs du label et attributaires de dividendes sont parmi les êtres les plus riches du monde entier …

Nul n’ignore d’ailleurs qu’ils sont aussi de ceux qui investissent et retirent des gains des munitions, des armes nucléaires, des canons …

Mais on l’ajoutait à la Nativité … Il y avait un brave saint déjà pourtant, Santa Klaus, qui avait dit-on sauvé des enfants et était devenu leur patron, mais il fut détrôné.

C’est ainsi que très rapidement Noël devenait la fête des cadeaux pour petits et grands …

Car soudain dans le cours de l’histoire arrivait dans le décor de Noël l’idole ainsi créée, portant sur la tête un bonnet rouge bordé d’hermine blanche encadrant son visage rubicond, joufflu et bon enfant, un pantalon et une veste rouge sous laquelle un ventre proéminent, et sur son dos un gros havresac comme ceux que portaient les pèlerins et les voyageurs d’antan, bourré à craquer de jouets de partout dépassant …

Et c’est ainsi que venait s’ajouter à la fête de Noël la féerie de la surprise tant attendue des cadeaux sous le sapin.

Car un jour lointain il est arrivé que l’on réunisse la fête du sapin, celle du bon saint et celle de la Nativité pour la joie des familles réunies autour d’un excellent repas … Et tout semblait devenu divin …

Les lumières, les bougies, les cadeaux et joujoux et de tout acabit au pied de l’arbre joliment décoré …

Des poupées, des marionnettes, des cassettes de musique, des livres, des trottinettes, des jeux de sociétés, des jeux de construction, des vélos, des patins, des planches à roulettes, des déguisements de fées, de princesses ou de Tarzan, des boites à trésors et à malices, des coffrets remplis de personnages, des cuisines miniaturisées pour les petites filles, des établis complets pour les garçons, de jolis vêtements et des nouvelles bottes pour les enfants ;

Mais aussi des ustensiles de cuisine, du linge de maison, des meubles, des bijoux, des parfums et des belles robes pour les mamans ;

Des montres en or serties de diamants, des chevalières, des articles pour fumeurs, des cravates, des costumes, des jumelles, des planches à voile, des télescopes pour les papas ;

Et puis aussi des téléviseurs, des magnétoscopes, des caméras, des appareils photographiques, des ordinateurs ;

Et encore et tant et toutes sortes de choses et même de plus en plus de choses, de celles qui par ailleurs ne trouvaient plus même place sous le sapin, jusqu’à des voitures pour les adultes, des séjours dans des hôtels de luxe pour les grands-parents, des safaris dans le désert, des motoculteurs, des tondeuses à gazon, bref, le père Noël apportait de tout, du pire au meilleur, dans sa besace … Du moins … Il essayait …

Et c’est ça qu’est devenue la magie de Noël ! Le sapin, les cadeaux, les bons repas, les familles qui se réunissent au nom du Père Noël !  L’outrance, la bombance, l’indécence et une grande ignorance du piège se refermant sur cette fête qui se devrait d’être dédiée à l’amour, à la joie, à la paix …

Et aux retrouvailles familiales en toute sobriété, en toute simplicité …

Et encore, ce n’est pas fini !  Que nenni !…

Car après la fête, la magie continue … Jusqu’au Nouvel An qui lui aussi est un moment où désormais l’on offre des cadeaux…  Où l’on retourne une nouvelle fois dans les magasins pour de nouveau y acheter des mets de plus en plus sophistiqués, et des cadeaux une fois encore et de plus en plus chers, de plus en plus nombreux …  Et tout cela, bien entendu, exige beaucoup, beaucoup d’argent … Et les gens épargnent, mettent de côté leurs deniers, le résultat, ou le résultant de leur travail, de leurs efforts et endurances, fiévreusement, pour assurer cette explosion d’achat de fin de l’an …

Et cet argent, tout cet argent, bien sûr, enrichit outrageusement les producteurs de toute cette manne de Noël et Nouvel-An …

Et tout cela entraîne, dans l’ombre de l’effervescence, que ceux qui n’ont pas d’argent pour offrir n’osent plus venir à la fête, que ceux qui n’en offrent pas sont regardés de travers ou considérés un peu comme les pauvres de la famille … Au point aussi que ceux qui ne peuvent participer de cette allégresse, de ces fastes indécents de la liesse et de la consommation s’en sentent exclus, malheureux, déchus …

Il y a des Noëls…  Sans rire …

Curieux n’est ce pas ce que je vous raconte là …

Avec le temps les familles ont agrémenté le Noël avec des guirlandes de plus en plus sophistiquées, des lampions, des bougies, des bonhommes de neige et de Noël de toutes tailles et apparences et des boules, des boules, des boules ma p’tite dame, j’vous dis même pas …

Des boules de Noël de toutes les formes, de tous les aspects, de toutes les couleurs, de toutes les manières et matières et de plus en plus coûteuses, de plus en plus inutiles, de plus en plus douteuses voire de très mauvais goût mais pire encore que cela …

Il convient de savoir que de plus en plus toutes ces décorations viennent de pays où ce sont des mains de femmes pauvres, d’hommes pauvres et d’enfants qui les fabriquent pour quatre sous, même pas, dans des conditions de vie et de travail qui font honte à ceux qui les achètent et les possèdent à l’autre bout de cette infernale et pernicieuse chaîne …

Elles arrivent ici par avion, par train, par camion, par bateau, sont installées dans nos magasins déjà très tôt, de plus en plus tôt, juste après la fête des morts en novembre elles atterrissent déjà dans toutes les vitrines qui en regorgent et les gens se ruent chaque année dessus même s’ils en ont déjà dans leurs maisons, il leur en faut encore …

Il leur en faut toujours plus …

Parce qu’on leur en invente et leur en propose toujours plus … Et les enfants au bout du monde les fabriquent de leurs petites mains au lieu d’aller à l’école et reçoivent pour leur labeur tout juste de quoi acheter un peu de farine ou un bol de riz …

Ben oui, je comptais vous narrer Noël …

Mais…  Voyez ?…

Il y a des Noëls sans rires …

Avec le temps même les sapins ont changé … Il en est à présent des dorés, des tout bleus, des tout lisses, des tout fins, des argentés, des tout rouges … Car le sapin lui non plus n’a pas toujours connu la même histoire…  Il vient des forêts du Nord, il faisait partie du décor et jamais l’on n’aurait imaginé d’aller le déterrer ou l’abattre pour le ramener dans les maisons, dans les salons …

Soit … Passons …

Les cadeaux et les aliments ont commencé à devenir de plus en plus primés et pour finir les décorations, la table, les mets et les présents ont pris le pas sur cet anniversaire millénaire d’un soir quelque part dans un village où naissait un enfant, dans une étable, entouré de quelques moutons pour le tenir chaud de leur haleine, d’un âne pour le veiller et de ses parents pour le soigner …

Pourtant dans cette étable il n’y avait ni cadeaux ni sapin ni même de table … Et pour seule lumière il y avait la Lune … Les parents de l’enfant était pauvres, émigrés en région étrangère et mettaient au monde un enfant que d’aucuns déjà avait décidé d’éliminer.

Ce fut une nuit sanglante celle où Hérode décidait d’occire tous les nouveaux nés dans l’espoir de faire disparaître cet enfant juste né dont il était dit qu’il était venu au monde pour devenir roi, et le détrôner …

Roi …

J’vous d’mande un peu …

Un enfant de parents pauvres voyez vous ça ?

Pourtant …

Il y a des Noëls … Sans rire …

Réfléchissant ainsi de ces jours je me rappelais d’une histoire qui me fut racontée quand j’étais petite, ou peut-être l’ai-je lue, ou qui sait même l’ai-je inventée … Là dans le cours de mes pensées … Elle s’imposait à moi et j’avais brusquement envie de la raconter … Tout d’un coup, au bout de ces quelques jours de cogitations contradictoires, décorer, ne pas décorer …

Il y a des Noëls sans rires …

Tout ce manège dans mon esprit faisait que la seule chose qui me paraissait importante était d’écrire … Je n’avais plus aucune envie de faire des préparatifs et je décidais de laisser le sapin tel qu’en lui-même.

C’est d’ailleurs ainsi qu’il est le plus joli …

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L’histoire se passe dans un pays quelque part dans le monde, un pays comme tout les pays, ni moins merveilleux ni plus étrange. Un pays où les saisons se succèdent comme partout sur la planète, automne, hiver, printemps, été … Un pays où brille le soleil, où souffle le vent, où tombe la pluie, où virevoltent les flocons de neige, où le ciel prend des milliers de couleurs quand le soleil termine sa course sur l’horizon… Parfois, comme partout dans le monde, passent des nuages, doucement, lentement, voilant le soleil durant la journée ou la lune durant la nuit.

Un pays où les arbres ont des fruits odorants et jolis, où les fleurs poussent dans les parterres, où il y a des forêts, des étangs et des rivières …

Un pays où il y a des tas d’enfants, et des tas de parents …

Bref, un pays comme par ici …

C’était un soir de décembre, un soir de veillée de Noël …

Une petite fille aux yeux jolis et au nez retroussé avec tout plein de tâches de rousseur autour et de belles joues rouges et de beaux cheveux noirs comme la nuit marchait dans la rue en route vers sa maison … Il y avait de la neige partout et ses petits pieds, d’un pas gracieux, s’y enfonçait, légers … Elle revenait de l’école où une petite fête avait eu lieu … Elle était danseuse …  Et s’appelait Adélie … Elle apprenait la danse depuis déjà quelques années et dansait à merveille. Une vraie fée … La fête de l’école était terminée, tous les enfants de son groupe était parti dans le soir de Noël en voiture avec leurs parents qui étaient venus les chercher mais elle, elle rentrait seule à la maison parce que sa maman, malade et au lit, ne pouvait pas venir la prendre …

Oh, elle était bien habituée Adélie … Il y avait déjà tellement longtemps que sa maman était malade et alitée …

Elles vivaient toutes ensemble dans deux pièces tout en dessous d’une grande maison bourgeoise. La charité de la propriétaire leur permettait d’y loger pour peu d’argent et contre quelques services rendus … Ce n’était pas vraiment une cave mais cela y ressemblait beaucoup … Et puis, Adélie n’avait pas de papa … Du moins son papa il n’était plus là … Il était parti un jour il y avait déjà bien des années, Adélie se souvenait à peine de sa voix et maman racontait toujours qu’il ne reviendrait pas …

Adélie et sa maman était pauvres, très très pauvres … Enfin, elles n’avaient pas beaucoup d’argent … Bien sûr la maman d’Adélie ne pouvait pas travailler et donc elle ne recevait aucun revenu autre que celui qui lui était donné, chaque mois, par la paroisse. C’est pourquoi elles habitaient dans un logis si petit, pas très commode, pas très joli. Mais de cela non plus Adélie n’avait peine. Elle était grande Adélie, et comprenait beaucoup de choses … Elle était très débrouillarde aussi … Ainsi elle faisait la cuisine pour sa maman et elle, elle nettoyait les deux pièces régulièrement et puis elle aidait aussi sa maman qui, pour quelques sous en plus par moi, tricotait des chandails.

C’était la propriétaire qui leur apportait la laine nécessaire et vendait les ouvrages. De la sorte maman pouvait lui acheter ses chaussons de danse, ses tutus, ses collants …

« Parce que la danse, c’est cher… »

Disait maman …

Mais pour Adélie, la danse, c’était toute sa joie, toute sa vie … Elle rêvait, elle espérait, elle tremblait d’impatience de devenir grande et de devenir danseuse à l’Opéra et alors … Alors, rêvait Adélie, elle pourrait offrir à sa maman une jolie maison avec de beaux meubles, et un beau grand lit où elle pourrait se reposer et même peut-être un bon médecin pour la soigner …

Parce que la maman d’Adélie avait une maladie qu’on disait ‘Incurable’ … Cela signifiait que maman ne pourrait jamais en guérir … Et même … Et même … Qu’elle pourrait en mourir …

Toute à ses pensées brusquement cette idée faisait gonfler dans son petit cœur d’enfant un vilain sanglot qui lui faisait mal … Quelle terreur elle avait toujours de cette maladie incurable. C’était pour elle un effroi de penser qu’un jour il se pourrait que sa maman ne serait plus là … Parce que pour Adélie, il y avait dans sa vie maman, et la danse …

Secouant ses boucles et resserrant autour d’elle son manteau tout en enfonçant ses mains bien loin dans ses poches, elle forçait le pas … La neige était toute glissante et il fallait faire bien attention… Pas question de tomber … Ca non !…

Arrivée à l’angle de la grande avenue, près du parc, l’enfant fut projetée dans la féerie des éclairages … Toute la ville resplendissait …

C’était soir de Noël il est vrai et la fête se ressentait partout …

Des guirlandes, des décorations et des emballages cadeaux se voyaient dans les belles vitrines des magasins superbement éclairés et sur les trottoirs elle croisait des gens pressés qui tenaient dans leurs bras des emballages de toutes les couleurs avec des rubans de soies si jolis qu’elle en rêvait …

Et des bouquets de fleurs …

Allant le long de la grande avenue elle rasait les murs pour éviter les neiges amoncelées dans les caniveaux et sur les bords de trottoirs … Elle jetait de temps à autre des coups d’œil dans les vitrines des magasins et y voyait de si jolies choses que son petit cœur se serrait… Mais elle hâtait le pas … Il ne fallait pas trop regarder parce que ça la rendait triste …

Elle aurait tant aimé pouvoir acheter un cadeau pour maman … Oh rien de bien cher, rien de très luxueux, juste un petit quelque chose qui aurait fait briller ses yeux … Un collier, ou un bracelet, ou même elle avait pensé une belle liseuse comme elle en avait vu une un jour dans un des jolis magasins, toute en soie avec de jolis dessins. Mais il fallait beaucoup de sous et Adélie n’en avait pas du tout.

Instinctivement elle fouillait le fond de sa poche mais elle ne trouvait pas le moindre centime… D’ailleurs elle le savait bien …

Arrivée au bout de l’avenue, là où les magasins se faisaient plus rares, là où il fallait tourner pour prendre la rue vers la maison, soudain, Adélie, stupéfaite, se trouvait nez à nez avec un Père Noël !…

« Le Père Noël ! »

S’exclamait Adélie !…

« Ca alors c’est fort !… »

C’était la première fois qu’elle en voyait un en chair et en os !… Il y en avait partout des pères Noël, sur les affiches, dans les magazines que la propriétaire leur prêtait, dans les magasins, dans les vitrines… Même qu’il y en avait depuis quelques années des faux qui grimpaient le long des façades des maisons sur des petites échelles toute faite de lumière mais là, devant elle debout et bien vivant !… Non !…

Cela tenait de l’hallucination !…

« Le père Noël … » se dit-elle en souriant en elle-même …

Enfant il lui fut raconté que Le Papa Noël habitait loin, très très loin, dans un pays où il faisait très très froid.

On disait que toute l’année durant, avec ses petits valets, il fabriquait des jouets pour tous les enfants du monde et que le soir de Noël il chargeait tous ces jouets dans son traîneau et qu’il partait dans le ciel, tiré par ses rennes, et qu’après avoir rempli le sac qu’il portait sur son dos il descendait dans les cheminées des maisons et apportait partout partout de jolis cadeaux aux enfants qui les trouvaient sous le sapin le lendemain de son passage …

Mais Adélie savait bien que cela n’était pas tout à fait vrai … Depuis longtemps elle avait bien compris que le père Noël c’étaient les parents et que quand ils n’avaient pas d’argent eh bien … Il n’y avait pas de cadeaux… Comme pour elle … Pas de cadeaux, et pas de cadeaux non plus pour sa maman.

Et souvent même, pas de sapin …

De toute façon dans les deux pièces où elle habitait avec maman il n’y avait pas de place pour le sapin et d’ailleurs il n’y avait même pas de cheminée on se demande bien par où il serait rentré le père Noël.

Tout de même, la voilà renversée Adélie !… Un père Noël qui lui fait face pour de vrai !… C’est quelque chose un soir comme celui-là ! …

« Comme un miracle un peu … »

Se dit-elle …

Parce que même si Adélie était une petite fille très astucieuse, sage, mature et débrouillarde, Adélie était aussi une enfant … Et les enfants, ils ont beau savoir, ils rêvent quand même …

Et elle se mit à rêver …

« Et si je lui demandais… »

Se dit-elle,

« Si je lui demandais de m’apporter à la maison un cadeau pour maman … Peut-être qu’il lui en reste des cadeaux, peut-être que quelque chose pourrait faire office dans sa besace, peut-être qu’il aurait raté une cheminée, peut-être qu’il aurait, qui sait, un cadeau de trop … »

Tout d’abord ce ne fut qu’une fugitive pensée, mais voyant que le père Noël restait bien là debout stationné au coin de la rue et qu’il distribuait à tous les passants quelque chose qu’il sortait d’un grand panier tenu à bout de bras, la pensée se faisait audace et de l’audace à l’acte ben, il n’y avait tout compte fait qu’un pas …

Qu’elle fit …

En s’approchant de lui …

Un peu timide tout d’abord et un peu gauche, mais bien décidée, elle se disait qu’elle allait lui parler … Le père Noël ne l’avait pas vue, il lui tournait le dos. Alors elle passait devant lui et le regardant bien droit dans les yeux elle lui demandait d’une voix qui tremblait un peu :

« Vous venez d’où ? »

Alors le père Noël se penchait vers la petite fille et un grand sourire tout gentil sortait de sa barbe blanche et pétillait dans ses yeux…

« D’où je viens ? »

Répondit le père Noël d’une grosse voix bienveillante.

« Mais, petite fille, je viens de très très loin … Je viens d’un pays froid où les nuages et les brumes s’enroulent autour des arcs en ciel, où la terre se confond avec les forêts, où les feuilles des arbres ont la couleur de la mer et où le soleil se lève trois fois par jour ! »

« Oooooh ! »

Fit Adélie toute conquise,

« Comme il doit faire joli par chez vous là-bas !? »

« Ah oui ça, jeune fille, qu’il y fait joli dans mon pays ! »

« Vous … Vous êtes vraiment le père Noël ? »

Demandait la petite d’une voix toute chevrotante tellement elle était impressionnée de parler à cet illustre personnage …

« Bien sûr que je suis le père Noël ! En douterais-tu ?… »

Répond le père Noël d’une voix joviale dans sa blanche barbe.

« Oh … Non !… »

Dit Adélie toute contrite,

« Sûrement pas Père Noël, je n’en doute pas un seul instant !… Pas du tout du tout même … »

Dit la petite fille de plus en plus convaincue qu’il s’agissait bien de lui … Il était de toute évidence très exactement pareil à ce qu’elle avait vu sur les photographies et mille fois plus beau que ceux qu’elle voyait dans les vitrines et sur les façades des maisons … Tout habillé de rouge, avec son bonnet bordé de fourrure blanche, et son grand sac sur son dos …  C’était quelque chose… Vraiment !

« Mais … »

L’interroge-t-elle, pour avoir toutes ses assurances,

« Vos rennes, votre traîneau, Père Noël, ils sont où ? »

A cette question le père Noël partait d’un éclat de rire tellement sonore qu’il en retentissait dans toute la rue … Adélie en était toute tremblante … Mais de joie …

« Mes rennes ? »

Dit le Père Noël !

« Eh bien vois tu jeunesse, mes rennes, j’ai du les laisser aux portes de la ville … Ils sont interdits ici !… Et en plus, il n’y a plus moyen d’atterrir sur les toits des maisons, ils sont devenus trop hauts, trop compliqués et puis même, il n’y a plus de cheminées !… En plus vois-tu, mes rennes et mon traineau ne sont plus adaptés à toutes ces choses qui trainent partout dans le ciel ou sur les toits des immeubles … Les antennes de télévision, les antennes paraboliques qu’ils appellent cela, et puis tous ces pylônes qui me bouchent le chemin et les avions aussi tu n’as pas idée comme j’ai bien des peines à accomplir mon travail chaque année !… Et plus nous allons, plus les choses s’aggravent !… »

« Ben ça … »

Se dit Adélie en aparté …

« En voilà des nouvelles !… Le père Noël ne peut plus servir les enfants comme avant !…

« Et alors ?… »

Demande Adélie, soucieuse,

« Vous faites comment pour apporter les jouets aux enfants ? »

« Eh bien mais, je ne les apporte plus tu vois … Les enfants m’écrivent et me disent dans quel magasin je dois déposer les joujoux et les parents vont les chercher là où je les ai déposé !… Tu vois, ce n’est plus vraiment Noël ça !… »

« Ah non ! »

S’exclame Adélie toute solidaire avec le père Noël …

« Ah non pardi !… Vous avez raison !… Ca, ce n’est plus Noël !… Ca, c’est du commerce !… »

Et sur cette insolite réplique voilà que le père Noël, une nouvelle fois, s’esclaffe de son rire tonitruant !

« Eh bien jeune fille, je vois que tu as l’esprit d’à propos et que tu ouvres bien grands les yeux dans la vie … Mais, dis moi donc, que fais-tu ici sur ce coin de rue un soir de Noël ?  Tes parents savent-ils bien que tu es dehors ?… »

Fit-il en roulant de grands yeux interrogateurs.

« En vérité, père Noël, je suis sur le chemin de ma maison. Je reviens à l’instant de l’Académie … Je suis danseuse … Comprenez vous ?  Et ce soir il y avait une petite fête à mon école où j’avais le rôle d’une fée dans un conte dansé … Voyez-vous ?… Et là je rentre chez moi … »

« Oh oh !… »

Dit le père Noël.

« Tu es danseuse !… Ben dis moi donc, en voilà une jolie nouvelle. Tu sais, moi, je n’ai jamais parlé à une petite danseuse !… Et dis-moi, qu’as-tu demandé au père Noël cette année toi ? »

« Eh bien …. »

Commence Adélie en avalant sa salive tant elle est émue …

« Le fait est que le père Noël… Enfin … Vous … »

Corrige-t-elle prudente,

« Eh bien vous ne pouvez pas m’offrir de cadeaux … Ni à ma maman non plus d’ailleurs … »

Précise-t-elle dans la foulée.

« Comment ça, je ne peux pas ?… Mais le père Noël, mademoiselle, il peut tout !… Il a des cadeaux pour tous les enfants … Il suffit de les demander bien sûr … Parce que je n’ai pas un registre complet de tous les enfants du monde vois-tu … Ca, ce sont des légendes … Les gens racontent que le père Noël tient un grand livre, certes, mais ce livre ne peut être tenu que si les enfants se font connaître … M’as-tu écris toi par exemple ? »

Lui demande-t-il à voix basse tout en se penchant vers l’enfant.

« Non … »

Lui répond Adélie en haussant légèrement les épaules …

« Non bien sûr que je ne vous ai pas écris … Nous sommes pauvres père Noël, comprenez vous, et les enfants pauvres, ils ne peuvent pas demander de cadeaux … »

« Mmmmmm …. «

Bougonne le père Noël dans sa barbe …

« C’est donc cela ton souci !… Ce qui veut dire que tu crois que le père Noël ne donne de cadeaux qu’aux enfants dont les parents ont de l’argent ?… Est-ce que j’ai bien compris cela ? »

« Oui … »

Répond Adélie …

« Vous avez bien compris … Et je pense que cela est bien vrai aussi. »

Ajoute-t-elle, prudente, un peu par peur de le froisser, mais tout de même, pourquoi mentir ?

« Mmmmmmm … Je vois je vois … »

Dit le père Noël ensourdine …

« Ce qui veut dire aussi, dans ce cas, que tu ne crois pas au père Noël jeune fille ?… Et d’ailleurs, dis-moi un peu, quel est ton prénom ?… »

« Je me prénomme Adélie ! Adélie est mon nom ! »

Répond l’enfant en se dressant toute fière et relevant le menton pour ajouter :

« Et vous avez raison … Non … Je ne crois pas au père Noël !… »

«  Mm mm Mm mm …. Je vois !… Mais dis-moi, comment veux-tu, si tu ne crois pas au père Noël, et si tu ne lui écris pas même pour faire l’expérience de son existence, comment veux-tu, je te le demande, qu’il t’apporte le moindre cadeau ? »

« C’est vrai … Vous avez raison là … Si je n’écris pas, c’est parce que je n’y crois pas, et si je n’y crois pas, forcément je n’écris pas … Et dans ce cas c’est vrai que s’il existe …

« S’il existe ?… «

Répond le père Noël un peu froissé …

« S’il existe … Mais … Demoiselle !… Je suis là devant toi et tu doutes encore que j’existe ?  »

« Je voulais dire … »

Corrige Adélie

« Qu’il y en a tellement des pères Noël partout … Pour le coup, on n’sait plus qui est qui comprenez vous … Et puis disons …

Ajoute-t-elle un peu contrite de blesser la fierté du père Noël …

« Qu’avant de vous rencontrer je ne croyais pas bien sûr que vous existiez pour de vrai… »

« Et maintenant ? Le crois-tu que j’existe pour de vrai ?… »

« Ben … Force m’est … Car maintenant … Je vous vois oui … Et donc, je vous crois !… »

« Bravo mademoiselle … On ne te feras pas prendre des mèches pour des chandelles !  Alors dis moi un peu … Si tu y avais cru, au père Noël, avant de me rencontrer, dis moi, et si tu lui avais écris une lettre … Raconte moi … Que lui aurais tu demandé ?… En as-tu une idée ?… »

« Bien sûr oui !… Que j’en ai une d’idée … Je sais bien ce que j’aimerais recevoir comme cadeau si je pouvais en demander un … »

Répond Adélie vive et droite …

« Un ?… Un seul cadeau ?… Mais … Ne m’as-tu pas dit tout à l’heure que tu as une maman ?… Alors, ce sont au moins deux cadeaux que tu aurais demandé … Non ? »

« Non ! »

Répond Adélie,

« Je n’en aurais demandé qu’un seul !… Pour ma maman … Parce que vous comprenez, le cadeau que j’aurais voulu lui apporter, il coute très cher … Et nous sommes très pauvres je vous le rappelle père Noël … »

« Oui bien sur je me souviens, je suis déjà un peu vieux mais j’ai bonne mémoire tu sais … Même si j’ai la tête dans les étoiles et les pieds dans la neige je me souviens bien de tout ce que l’on me dit et écrit sois en bien assurée. C’est moi qui fait les listes des jouets tu comprends, ma responsabilité est très importante, tous les enfants comptent sur moi. Tu comprends bien qu’avec mon métier, il est important d’avoir une bonne mémoire … Alors … Qu’aurais tu aimé pouvoir offrir à ta maman ? »

« Une liseuse !… Une belle liseuse, en soie, avec de jolis rubans et des dessins aussi … «

Répond la petite fille les yeux brillants et le regard scintillant comme des étoiles …

« Une liseuse père Noël !… Ca lui ferait tellement plaisir à ma maman… Et à moi aussi … »

Ajoute-t-elle … Puis, hésitante, elle lui confie :

« Vous comprenez, elle est malade ma maman, très très malade … »

Et la voilà tout à coup qui éclate en sanglots …

Le père Noël en est tout médusé pour l’effet. De sa main gantée de blanc il caresse doucement la joue et la chevelure de l’enfant puis lui dit :

« Mon petit, mon tout petit … Ne pleure pas voyons !… Regarde ! Tu as rencontré ce soir le père Noël en personne !… C’est bien mieux encore que de lui écrire une lettre ne trouves-tu pas ?… Tout ira bien, je te le promets … Je vais d’ailleurs m’acquitter personnellement de la tâche. Tu n’auras pas même besoin d’aller au magasin pour prendre livraison de ton cadeau !… Je viendrais le déposer dans ta maison. »

« Ce serait si gentil … »

Répond la petite fille d’entre ces larmes…

« Si gentil, si gentil que j’ai peine à y croire … Maman dit toujours qu’il  ne faut pas croire aux histoires, car elles ne sont pas vraies … »

« Bien sûr bien sûr … Ta maman a raison … Toutes les histoires ne sont pas vraies … Et il faut prendre attention … Mais la mienne d’histoire, elle est vraie !.. Je te le promets !… Me crois-tu ?…

Retrouvant un tout petit sourire Adélie lui dit :

« Je vous crois oui … Je veux vous croire … «

Puis, après réflexion, et subitement inquiète, elle dit encore :

« Seulement … Père Noël … Nous n’avons pas de cheminée chez nous … Et pas non plus de sapin pour déposer les cadeaux voyez vous … Comment ferez vous ?…

« Oh mais ça, ce n’est qu’un détail technique tu sais …. »

« C’est parce que … Il fait trop petit, chez nous, pour le sapin et dans le sous-sol où nous habitons,  il n’y a pas de cheminée, ni de feu, ni même de chauffage. Nous chauffons comme ça, avec un petit poêle au gaz voyez ?… »

« Pas grave ! »

Répond le père Noël …

« J’en ai vu d’autres va ne t’en fais pas pour ça … Dis moi juste où je dois aller parce que comme tu sais, c’est la première fois que j’entends parler de toi Adélie … Je ne sais pas où est ta maison.  Et le père Noël, s’il ne connait pas d’adresse, il ne peut pas faire de livraison. Ca … »

« Mon adresse ?… »

Rapidement elle réfléchit … Maman lui a toujours dit de ne pas parler à des inconnus, mais bon, le père Noël n’est tout de même pas un inconnu … Puis aussi, maman lui a toujours recommandé de ne jamais donner son adresse. Cependant, se dit-elle, le père Noël connait l’adresse de beaucoup d’enfants … Elle peut bien lui confier la sienne. Et puis, c’est pour faire un cadeau à sa maman … C’était inespéré encore il y a une demi-heure de cela.

« J’habite rue des Corvettes, au numéro 32 ! C’est juste la rue là bas plus loin voyez ?…

Lui dit-elle en montrant de la main la rue qu’elle s’apprêtait à prendre au moment où elle rencontrait le père Noël.

« Paaaaarfait jeunesse … »

Lui dit le père Noël d’un petit ton malicieux.

« Et à présent dis moi un peu … Si tu pouvais me demander un cadeau, un cadeau pour toi, quel serait-il ? Je t’écoute ?… »

Eberluée Adélie restait sans mots … Un cadeau ? Un cadeau pour elle ?… Mais … Elle n’y avait même jamais songé !… Que pourrait-elle bien désirer ?… Il lui fallait penser très très fort là … C’était une question d’importance… Un cadeau pour elle ?… De quoi donc aurait-elle bien besoin ?… Mais … De rien !… Enfin, de rien qui vaille se dit-elle …

« Un cadeau ?… »

Interroge-t-elle …

« Un cadeau oui voyons ! Un cadeau !… C’est-à-dire quelque chose dont tu rêves, quelque chose que tu aimerais vraiment avoir pour toi … Je ne sais pas moi … Un jouet, un objet, un colifichet… Que sais-je donc … Un livre peut-être … »

Non … Elle ne voyait pas … Puis, d’une toute petite voix tout en regardant le père Noël bien en face elle dit :

« Les pères Noël, ça fait des miracles aussi ?… »

« Ohlà !… »

S’écrie le père Noël.

« Ah ben là … Tu me poses une colle petite … Les pères Noël peuvent ils faire des miracles ?… Je te promets que je ne me suis jamais posé la question. Tu sais, apporter des jouets à des enfants qui ne s’y attendent pas du tout, en soi, c’est déjà un miracle … Pourquoi, dis moi donc à quoi tu penses mon enfant ?… »

« Eh bien … »

Dit Adélie alors dans un souffle …

« Si vous pouviez guérir ma maman … Ce serait un merveilleux cadeau père Noël, un vrai miracle, un vrai de vrai. Parce que ma maman est malade d’une maladie qui ne se guérit pas. Et j’ai si peur, si peur souvent de la voir partir pour aller au ciel … Et j’aimerais tellement tellement rester auprès d’elle.  Que ferais-je moi, Adélie, toute seule sans ma maman ?… »

Et voilà l’enfant qui repart en sanglots.

Le gros homme n’en revient pas …

Quelle affaire mais quelle affaire que cette enfant là …

« Tu sais … »

Lui dit-il tout doucement,

« Le père Noël, ce n’est pas Dieu.  Et même Dieu, tu sais, il ne peut pas défaire ce que la vie à voulu faire … Ni non plus refaire ce que la vie a défait. Je ne serais pas honnête si je te promettais. Promettre et ne pas tenir est pire que de ne rien donner comprends tu cela ?… »

Oui … Adélie comprends cela. Maman dis toujours que les promesses non tenues sont pires que des mensonges. Mieux vaut ne rien promettre que de promettre et de ne pas tenir. Si, elle comprend ce que dit le père Noël. Il n’y a pas de miracle. La vie fait et défait. Et il y a des choses contre lesquelles les meilleures volontés restent impuissantes. Elle le sait bien même si elle est petite encore. Elle comprend. Assurément…

« Mais je peux par contre te promettre une chose…. »

Ajoute le père Noël, tellement ému qu’il sent  les larmes lui venir aux yeux …

«  C’est que chaque année, aussi longtemps que je serais en activité, je viendrais vous apporter, à toi et à ta maman, un cadeau de Noël… A condition que tu m’écrives bien sûr petite, parce que tu comprends, je me suis attaché à toi maintenant et j’aimerais bien avoir de tes nouvelles … Allons, fais un effort et réfléchis, réfléchis très très fort … N’y a-t-il vraiment rien, rien du tout, mis à part bien sûr la guérison de ta maman, n’y a-t-il vraiment rien que tu aimerais recevoir comme cadeau de Noël demain matin ?… »

« Si … »

Dit Adélie …

« Si.. Je me souviens à présent … Il y a bien quelque chose oui que j’aimerais recevoir pour moi… »

« Aaaah !… Tu vois !… En réfléchissant un peu on y arrive ! Et ce serait quoi dis-moi petit ange ?… »

« Un livre de contes, père Noël !… J’adore les contes, j’adore les lire et j’aime surtout les lire à hautes voix, les raconter aussi … Quand maman est un peu lasse je m’installe près d’elle dans le lit et je lui raconte des histoires … J’en ai vu un beau de livre de contes … Dans la vitrine d’une très belle librairie … Je me souviens très exactement où et je me souviens du titre. C’est un livre très grand, très gros, très beau, et rempli de belles images … Ce sont « Les contes des mille et une nuits » … Seulement … »

« Seulement ?… »

Répète le père Noël tout ouïe …

Toute enflammée l’enfant s’explique puis s’arrête soudain et levant le regard verss el père Noël, timide, ajoute :

« Si je puis … Car il est très très cher … »

« Si tu peux !… »

Lui répond-il ému de la tournure que prend  leur conversation …

« Si tu peux ?… Ah !… Petite … Si seulement tous les enfants avaient des esprits aussi modestes et des cœurs aussi grands que le tien… Mais … Ce monde les rend avides … Et  même, je te dirais … Cupides … Si ce n’est pas pitié … Tu n’as pas idée de tout ce qu’ils demandent maintenant les enfants … C’est encore une des raisons pour lesquelles je ne peux plus faire les livraisons … Il y en a même qui demandent des voiturettes électriques alors qu’ils n’ont pas même six ans !… Et il leur en faut toujours plus, toujours plus et toujours plus lourd, et toujours plus grand, et toujours plus impressionnant … Tu l’auras, ton livre de contes ma belle !… Foi de père Noël !… Tu l’auras ton livre de conte … »

Elle en a les larmes aux yeux Adélie …

A nouveau …

Et le père Noël aussi …

–      « Ah mais tu ne vas pas te remettre à pleurer Adélie !… Non non non !.. D’ailleurs tu vas finir par me faire pleurer aussi !… Sapristi !… Cela n’est pas permis !… Un père Noël il est jovial, et il apporte la bonne humeur dans les cœurs … Une grande fille comme toi … Tiens … Tu sais quoi ?… Il commence à se faire froid … Tu vas rentrer dans ta maison maintenant. Je ne voudrais pas savoir que ta maman s’inquiète … Il faut absolument que tu rentres … Il commence à faire tard d’ailleurs regarde il y a de moins en moins de gens dans la rue !.. Ils sont tous chez eux, ils vont tous faire la fête !… Allez vas y vite !.. Il le faut !.. »

A nouveau il passe la main dans les cheveux de l’enfant puis ajoute :

« Et tu peux compter sur moi !.. Tu pourras offrir la liseuse à ta maman … Et tu deviendras liseuse toi aussi !… »

Et ce bon mot les fait éclater de rire tous les deux, comme de vieux amis …

–      « Tu l’auras ton livre, ma petite, avec les contes des mille et une nuits et toutes les images dont tu as rêvé, foi de père Noël ! Et file à présent, tu t’es déjà bien assez mise en retard…  Ta maman doit être très inquiète. Car tu sais, si toi tu ne peux imaginer de ne plus avoir ta maman à tes côtés, pour elle c’est la même chose.  Elle a grand besoin elle aussi de sa petite Adélie !… Je suis certain qu’elle est très fière de toi !  ET puis tiens … »

Il plonge alors la main dans son panier et en sort trois beaux grands pains de Noël, des « Cougnolles » aux raisins et aux cristaux de sucre …  Adélie ouvre des yeux tout ronds … Jamais elle n’a vu de pareils pains dans sa vie …

« Pour moi ?… »

Souflle-t-elle …

–      « Ah non pas pour toi !… »

S’exclame le père Noël.

–      « Pour vous deux, pour ta maman et toi !.. Ce sera pour ce soir, pour votre réveillon … »

–      « Oh !… Merci ! Merci père Noël ! Merci tellement ! »

Et se dressant sur la pointe de ses jolis pieds de danseuse, se boucles sombres environnants son charmant visage, la petite se hisse jusqu’à la barbe, et même jusqu’à la joue du père Noël et y dépose un gros baiser tout plein de bonheur et d’amitié …

Puis, , après avoir calé les pains sous ses deux bras, le regardant dans les yeux bien droit elle lui dit :

–      « Je te crois père Noël !… Je sais que tu dis vrai !… Cette nuit je ferais de jolis rêves … Et je ne dirais rien à maman, pour les cadeaux … Ce sera une surprise … Mais je vous crois !… Ne pensez pas que je ne dirais rien pour ne pas la décevoir !… Je vous crois, soyez en sûr !… Mais je veux voir briller les yeux de ma maman demain matin, quand elle aura la surprise de trouver son cadeau de Noël que vous allez lui apporter. »

Puis, pratique encore dans sa pensée d’enfant modeste, elle ajoute :

–      « Si le livre est trop cher, père Noël … Je vous en prie … Dans ce cas, je préfèrerais la liseuse … »

Et sur ces dernières paroles l’enfant s’en va d’un pas sautillant et gracieux de petite ballerine vers sa rue, se retourne une fois encore pour sourire au gros bonhomme tout habillé de rouge qui reste planté là abasourdi, ému et heureux oui, heureux, le panier de Cougnolles au bras …

Puis, d’un pas pesant, il prend lui aussi le coin de la rue mais dans l’autre sens, secouant la tête et bougonnant dans sa barbe :

–      « Quelle aventure … Ben quelle aventure alors !… »

(Suite au prochain épisode … )

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RED_BAKKARA

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DROITS D’AUTEUR

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ET N’ALLEZ PAS COPIER HEIN !

CE TEXTE EST DEJA PROTEGE A L’ALBERTINE

JE VIENS DE LE LEUR ENVOYER !

TANT QU’A FAIRE …

QUE LES ESPIONS LE SACHENT …

LOL LOL LOL LOL LOL LOL

FAUT LOLLER DANS LA VIE …

MAIS FAUT ETRE SERIEUX AUSSI PAS VRAI ?

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