Il y a des Noëls -(2)-

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(Suivant épisode)

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Il y a des Noël sans Rires

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Elle ne flânait plus Adélie. Sur le chemin qui restait vers la maison, elle allait d’un pas vif et alerte. Elle avait hâte à présent de rentrer, de retrouver sa maman. Elle en aurait des choses à lui raconter … Sauf les cadeaux bien sûr… Elle les garderait dans son cœur et dans son espérance …

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Arrivée devant la porte de la maison quel ne fut pas son étonnement de trouver celle-ci grande ouverte !… La propriétaire sur le seuil, les pieds dans la neige, scrutait le fond de la rue, la main en visière au dessus des yeux. Voyant la petite arriver, elle se précipitât vers elle lui demandant d’un ton brusque :

– « Mais enfin d’où sors-tu donc ? Voilà au moins une heure que tu aurais du être revenue … Ta maman est au plus mal … Rentre ! »

Et d’une ruade elle poussait l’enfant vers l’escalier qui allait vers le sous-sol …
Mon Dieu ! Maman !…

Que lui était-il donc arrivé ?…
Poussant la porte vers leur logis elle y trouvait le médecin debout près du lit. Sa maman, allongée, avait le visage blanc comme de la craie … Le cœur d’Adélie se mit à battre la chamade…
– « Maman !… »
S’écria-t-elle bondissant vers le lit et s’y agenouillant pour mettre sa tête contre celle de sa mère …
– « Docteur ?… Que se passe t il ?… »
Hoqueta-t-elle déjà en larmes en levant son pauvre petit visage vers le praticien … Puis se retournant vers sa mère, sanglotant, elle mit son bras délicatement sous le cou de la femme alitée et lui murmura dans l’oreille :
– « Maman, maman, parle moi je t’en prie.. Maman … Il faut que tu reviennes ne reste pas là où tu es …
Mais la mère gisait, comme inconsciente, partie dans un rêve éloigné…
– « Docteur !… »
Cria alors Adélie !…
– « Il faut aider ma maman !… »
– « C’est pour ça que je suis là ma chère enfant, mais je crains que ta maman ne soit très gravement malade cette fois ci … »
Le médecin connaissait bien la petite, depuis les années qu’il soignait la mère il avait eu le temps de connaître er d’apprécier les qualités de la petite fille…
– « Il faudra que tu sois très forte … Pour elle … »
Etre très forte ?…

Pour maman ?…

Mais Adélie était très forte pour maman !

Depuis des années déjà Adélie était très forte pour sa maman.

*
Elle ne se plaignait jamais, ne pleurait que seule dans son oreiller la nuit pour ne pas que maman entende son chagrin, elle se levait tôt, faisait les tâches, lui apportait son déjeuner avant de partir à l’école et de ses doigts de petite fille elle aidait maman à tricoter les chandails. C’était elle qui faisait tous les droits de manches et les dos et puis elle cousait aussi, les boutons … Elle lui racontait des histoires après avoir fait sagement ses devoirs à la table, sous la lampe, le soupirail ne donnant jamais assez de lumière pour y voir au plein jour …
Adélie était forte, pour elles deux.
Elle faisait les courses, ravaudait les vêtements et les bas … Elle savait faire Elodie, elle savait faire tout cela … Que pouvait-elle faire encore, que pourrait elle faire de plus encore ?…
– « Mais docteur maman ?… Elle va vivre oui ?… Elle doit vivre oui !… Elle doit vivre encore ! »
– « Sans doute oui … »
Dit le médecin …
– « Mais pour cela il faut qu’elle le veuille encore … Le comprends tu cela ?… Ta maman est fatiguée, usée, bien plus dans son cœur et son âme que dans son corps … C’est la tristesse … Le chagrin … La seule médecine que je pourrais lui administrer serait une dose de vie, de désir de vie… Mais je crains qu’elle n’en ait plus vraiment le goût. Il y a des années que ta maman glisse vers le bas vois-tu … »
Glisser vers le bas ?… Elle regarda sa mère étendue dans le lit … Glisser vers le bas ?… Quel mystère se cachait derrière ses mots ?… Où allait-elle glisser sa maman ?… Adélie ne comprenait pas non … Pourquoi maman ne voudrait-elle plus vivre ?… Adélie avait besoin d’elle !… Il fallait que maman vive !…
– « C’est ma faute ! »
S’écria Adélie …
– « Maman a du me croire perdue, j’ai traîné là-bas au coin de la rue, à regarder les magasins … J’ai … J’ai parlé au père Noël !… Il était là, il était si gentil, j’ai tardé oui … Et maman à du croire que je n’allais pas revenir … Mon dieu !… Qu’ai-je fait ?… »
– « Mais non, mais non voyons ce n’est pas ta faute … »
Lui dit le docteur d’une voix apaisante …
– « Non va !… Tu n’y es pour rien … Le désir de vie est chose personnelle. Il y a des gens qui le gardent jusque dans les flammes de l’enfer et d’autres qui le perdent en chemin … Qui ne peuvent plus, ne veulent plus le conserver … Ta logeuse m’a appelé vers quatre heures de l’après midi, ta maman a voulu se lever et sortir semble-t-il dans le froid et à peine couverte … Elle disait quelle irait te rejoindre … Mais tu comprends, elle n’aurait pas fait dix pas qu’elle se serait effondrée … »
– « Elle voulait me rejoindre ?… »
– « C’est ce qu’elle disait oui … Elle ne cessait de répéter que tu dansais ce soir à l’Académie, et qu’elle voulait te voir … Mais peut être aussi avait elle une autre idée en tête … Je ne pourrais te le dire … Quand ta propriétaire m’a téléphoné j’ai accouru de suite, te sachant partie, et depuis je suis là… Je l’ai ramenée au lit, lui ai donné un médicament pour l’apaiser et depuis lors, elle dort … »
– « Et depuis lors, elle dort … »
Répétait Adélie comme en écho …
– « Je dois l’aider docteur !… Je dois l’aider, je vais l’aider, il faut que je l’aide ma maman !… Elle ne peut pas vouloir glisser vers le bas, je suis là, elle a besoin de moi mais j’ai aussi besoin d’elle … C’est le père Noël qui me l’a dit … Nous avons besoin l’une de l’autre … Nous allons nous en sortir, il faut que je lui donne l’envie de revenir, elle ne peut pas rester là où elle est, elle va mourir là où elle est et je ne veux pas rester sans elle dans la vie, ce n’est pas possible … »
Et sur ces mots, l’enfant enfonçait son visage près de celui de sa mère et ses frêles épaules secouées de sanglots lui chuchotait des mots doux dans le cou…
– « Maman tu m’entends ?… Ecoute moi … Il faut que tu m’entendes … J’ai rencontré le père Noël maman, et il m’a dit que tout irait bien !… Il était très gentil, je suis sûre qu’il ne m’a pas raconté des histoires tu verras … Quelque chose va se passer, maman, quelque chose va nous arriver, quelque chose de très bien … Je t’en prie petite maman, ouvre les yeux bien grands, regarde, je suis là, c’est moi, Adélie … »

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Mais à part le souffle très léger de sa respiration contre les cheveux de l’enfant la mère ne fit entendre aucun son …

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– « Bien … »
Dit le médecin en se raclant la gorge, ému et chagriné par ces évènements dépassant de loin ses compétences de bon vieux médecin des familles pauvres. Ah, il en avait vu déjà lui des mamans perdant le goût de vivre … Bien sûr il y en avait d’autres, des vaillantes, des battantes, de celles, entreprenantes, que même un loup furieux n’aurait pas effrayé. Mais il y avait aussi ces âmes délicates et transparentes, celle dont le glaive du chagrin, de l’adversité et de la misère sans cesse renouvelés avait tranché net le souffle qui porte vers la lumière et le désir de rejaillir des peines et des épreuves. Il l’aimait beaucoup cette petite dame toute fine et légère qu’il soignait depuis tant d’années. Il avait l’impression de la porter à bout de bras, tentant à chaque fois de lui redonner force et vigueur …. Mais force et vigueur ne se trouvait dans nulle médication … Il fallait une motivation… Le bon docteur déplorait bien sûr que celle-ci ne puisse venir du désir de faire grandir la petite, de la mener à bon port mais pouvait-on juger ?… Pouvait-on dire que celle-ci, prostrée et défaillante qui de détresse se laissait mourir valait moins que celle-là, vaillante et forte qu’aucun coup dur n’empêchait de rebondir ?… Certes non … Nul n’avait pouvoir ni droit de jugement. La vie est ainsi faite, elle choisit ses proies, et quoi qu’il en soit des volontés tout autour, si le courage de continuer la route faisait défaut, nul au monde ne pouvait ni condamner ni bannir, ni non plus apporter le remède pour ressurgir …

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– « Bien… »
Répéta-t-il une fois de plus …

Où allait-il à présent chercher les mots pour consoler cette pauvre petite qu’il avait vue grandir dans l’ombre du chagrin de sa maman ?… Comment lui dire ?… Et nous étions soir de Noël en plus … Ce qui n’arrangeait jamais rien aux chagrins des humains … Bien au contraire … Il n’était pas rare que ces soirs de fête le docteur retrouve l’un ou l’autre de ses pauvres hères n’ayant plus goût à la vie engoncé dans leur détresse, certains allant même jusqu’à abandonner ce soir là, et une fois pour de bon, la vie …
– « Ecoute moi … Voici ce que nous allons faire … A présent que te voilà revenue je peux te laisser avec elle … Elle dort d’un sommeil léger et se réveillera sans doute plus tard dans la soirée … Il me faut aller, d’autres encore attendent mes soins … Un enfant pas loin d’ici est très malade lui aussi et j’ai promis à la maman de passer les voir … Mais toi … Ce soir … »
Il s’emberlificotait dans ses paroles …

Il n’y avait pas de paroles …

Pas même des actes …

Seul l’espoir présidait ici ce soir …

Et c’était soir de Noël, soir de tous les espoirs …

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– « Tu vas rester près d’elle … Je reviendrais plus tard … Dès qu’elle se réveillera tu lui feras du thé, et tu lui raconteras des histoires, je sais que tu aimes les raconter … Je vais demander à ta propriétaire de vous descendre un chauffage d’appoint, un peu de chaleur en plus vous fera du bien à toutes les deux et elle peut bien faire cela un soir de Noël pas vrai ?… »
Il fouillait d’un geste fébrile dans la poche de son grand manteau et en sortait quelques pièces de monnaie qu’il déposait sur la table d’un geste discret.
– « Voici … »
Lui dit-il …
– « Va vite jusqu’au petit magasin du coin je t’attends ici, j’irais voir la logeuse de ce temps là… Et achète là-bas ce que tu veux, ce qui te fera plaisir, ce que tu crois qui ferait plaisir à ta maman … »
– « Oh mais … »
Dit Adélie soudain toute en joie :
– « J’ai des Cougnolles Docteur !… Trois belles Cougnolles grandes comme des pains maison !… C’est le père Noël qui me les a donné pour maman et moi ce soir … Je n’ai pas besoin de l’argent va … »
Sa maman lui avait toujours appris qu’il ne fallait jamais accepter d’argent de personne lui expliquant que l’argent, une fois reçu et dépensé, il était difficile de le retrouver pour le rendre et que dès lors que l’on ne pouvait le restituer l’on devenait l’obligé de celui qui l’avait donné …
– « Prends ces pièces jeune fille et va !… »
Dit le docteur d’une voix étranglée, sentant bien la réticence de l’enfant à l’accepter …
– « Je te le donne pour toujours il est à toi !… A vous deux !… Achète ce que ton cœur souhaite et tâche de t’arranger pour que cela s’accommode bien avec ces belles « Cougnolles » que le père Noël t’a donnés !… M’entends-tu ?… Tu ne me dois rien, ni ce soir, ni demain, ni jamais !… Allons … Pressons … Je suis attendu plus loin … »
Sur ces mots le docteur sortait et prenait l’escalier pour se rendre chez la propriétaire au rez-de-chaussée. Adélie se relevait du lit de sa mère où elle était restée agenouillé tout ce temps, lui caressait doucement les cheveux, qu’elle avait longs et noirs comme les siens mais qui à présent était tout défaits et éparpillés sur l’oreiller. Se penchant vers sa maman elle lui soufflait à l’oreille :
– « Maman … Ecoute … Je sais que tu m’entends de là-bas où tu glisses. Je vais aller acheter du chocolat, et du lait, et du sucre tu verras … Et je te préparerais du cacao, comme tu sais si bien le faire toi !… J’achèterais du beurre aussi, je crois qu’il y aura assez d’argent pour cela … Et je te ferais de belles tranches de Cougnolles que je beurrerais … Et puis tiens, s’il y a assez d’argent j’achèterais aussi de la confiture de Framboise, celle que tu aimes le mieux, et j’en mettrais sur les tranches, avec le beurre et le cacao, maman, ce sera si doux, si bon … Et le docteur va nous ramener un chauffage, nous aurons chaud… Je dresserais la table, je la mettrais près du poêle, j’y mettrais la belle nappe blanche et dorée que tu gardes dans le tiroir de la commode, je ferais attention à ne pas la salir tu verras … Et je prendrais aussi tes belles assiettes, celles qui ont des liserés dorés … Je nous ferais une table de fête maman, ce soir c’est Noël et nous serons bien toutes les deux … Et puis attends … »
Ajoute-t-elle se dirigeant dans le fond de la pièce où se trouvait un vieux transistor …
– « Je vais allumer la radio !… Ce soir c’est Noël, je suis sûre qu’il y aura de la musique comme tu l’aimes … Elle te réchauffera le cœur maman, et tu auras un peu de joie … »
Tout en parlant elle allumait l’appareil et se mit à chercher en tournant le bouton sur la ligne crachotante des émissions où elle trouverait de la musique ou des cantiques de Noël …
Tout à coup des chœurs d’enfants s’élevèrent dans la pièce …
– « Ecoute ma petite maman ! »
Dit la petite fille revenue près du lit.
– « Ecoute !… Ils chantent !.. Ils chantent les enfants !… Ils chantent Noël !… C’est pour toi !… »
La maman d’Adélie ne bougeait toujours pas, ne répondait pas mais Adélie restait forte et confiante …
Elle se disait que maman devait laisser venir tout au fond d’elle les chants du chœur et même sa propre voix à elle … Qu’il faudrait du temps pour que les voix, la sienne d’abord, aille jusqu’à son âme de maman qui avait glissé si loin ce soir, comme l’avait dit le brave médecin … Il fallait que les chœurs, et sa propre voix, aillent retrouver la vie loin là où sa maman l’avait laissé glisser …

Il le fallait oui…
Elle voulait avoir confiance …
Elle voulait croire que tout allait bien aller maintenant, c’est le père Noël qui le lui avait dit … Et le père Noël ne mentait pas. Il ne faisait pas de promesses en l’air. Il savait bien lui que promettre et ne pas tenir c’était bien pire que de ne rien faire ni donner ni dire … Forte de ces espoirs elle enfilait son manteau après avoir pris soin de couvrir les Cougnolles d’un essuie propre…
Puis elle ramassait l’argent sur la table. Au jugé elle voyait dans sa paume qu’il y avait de grosses pièces dans le tas et sourit se disant que sans nul doute elle pourrait acheter de la confiture aussi. Puis elle mit ses gants, son bonnet, et remontait le petit escalier de pierre menant dans le vestibule. Après s’être assurée d’avoir la clé de la maison dans sa poche, et après un dernier regard vers sa mère toujours immobile dans le lit, elle refermait la porte, ouvrit grande celle donnant sur la rue et allât d’un bon pas vers le magasin du coin.

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De loin elle voyait qu’il était encore ouvert !..
Quelle chance !…
Elle allait pouvoir faire des emplettes extraordinaires …
De celles que l’on ne fait jamais…
Ou alors un soir comme celui-là, un soir de Noël …

Quand on a de l’argent …

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Arrivée dans le magasin, la dame derrière le comptoir la regardait et lui dit :
– « Adélie ?… Mais ?… Que viens-tu faire ici ? J’ai vu entrer le docteur Maillote dans ta maison … Je me demandais … Ta maman ?… »
– « Tout ira bien Madame Francine … Maman a glissé … C’est le docteur qui l’a dit … Mais elle va se relever … Je veux le croire … »
– « Elle a glissé ? Comment cela ? Elle est tombée ?… Elle ne va pas bien ?… Et où étais-tu toi ?… Ta propriétaire est venue ici par deux fois demander si je ne t’avais pas vue passer ?… »
– « J’étais à l’Académie Madame, je dansais ce soir … Et j’ai un peu traîné sur le chemin … Vous comprenez … J’ai rencontré le père Noël !… Et nous avons parlé … Et il m’a promis que tout irait bien lui aussi … »
– « Le père Noël ?!…. Aaah Aaaah Aaaaah !… Le père Noël !.. Ben alors là ma pauvre !… Elle est bien bonne celle-là !… »
S’écria madame Francine partant d’un grand éclat de rire.
– « Entendez vous ça !.. Elle a rencontré le père Noël !… Eh, Gaston, viens donc voir ici !… Adélie a rencontré le père Noël ce soir !… »
Et se tenant le ventre à deux mains elle se mit à rire de très bon cœur … Au point qu’Adélie se sentit vraiment vexée …
– « Il ne faut pas rire, Madame Francine !… Je l’ai vraiment rencontré et il m’a parlé … Beaucoup … Il m’a raconté les rennes, et son pays, et les enfants de maintenant qui ne sont jamais contents … »
– « C’est vrai ça !… »
Rétorque Mr. Gaston arrivé sur ces entrefaites,
– « Qu’as-tu donc Francine à rire ainsi de la gosse !… Il est tout à fait normal de rencontrer le père Noël un soir de Noël enfin bon !… N’aurais-tu plus toute ta raison de t’esclaffer et de te moquer de cette enfant !?… Je te le demande … »
Ainsi rabrouée par son mari, le gentil Monsieur Gaston qui aimait beaucoup Adélie, Madame Francine alla se renfrogner derrière son tiroir caisse, se le tenant pour dit.
– « Tu es venue pour quoi dis moi Adélie ? »
Lui demande Mr. Gaston …
Rougissante de cet intermède peu amène, Adélie avait un peu perdu de vue le but de son passage au magasin.
– « C’est-à-dire … »
Commence-t-elle …
– « Que je suis venue chercher quelques courses pour ce soir … »
– « Des courses ? »
Fit entendre à nouveau la voix moqueuse et acerbe de l’épicière.
– « As-tu de l’argent seulement ?… Tu sais bien que la maison ne fait pas crédit pourtant !?… »
– « A-t-elle jamais fait crédit chez nous Francine, la petite ?… »
Rétorque monsieur Gaston.
– « Euh … Non … Il est vrai … »
– « Alors … »
Continuait Monsieur Gaston cette fois pas content du tout,
– « Je te prierais de vouloir bien taire ta méchante langue pour que je puisse écouter ce dont Adélie a besoin … »
Le silence se fit dans le magasin. La femme restait dans son coin, derrière le comptoir et Adélie s’approchait de Mr. Gaston tout en sortant de la poche de son manteau tout l’argent que le docteur lui avait donné.
– « Voici, Monsieur Gaston, voici mon argent. J’aimerais, si possible, pour cet argent, deux litres de lait entier, un paquet de cacao en poudre, vous savez bien, celui qu’il faut cuire et puis un kilo de sucre, une livre de beurre doux et un pot de confiture de framboise. »
Son cœur battait à se rompre. Jamais, elle n’en avait souvenir, jamais elle n’avait acheté autant de choses luxueuses en même temps.
– « Ah mais dis moi donc … »
Répondait Monsieur Gaston.
– « C’est un festin que tu vas nous préparer toi !… Seulement ne crois-tu pas avoir oublié quelque chose dans ta liste ?… «
– « Oh je ne pense pas Monsieur Gaston. C’est déjà bien assez comme cela. Si l’argent suffit je serais bien contente … »
– « Sans doute … »
Lui répond le brave homme,
– « Mais … Il te faut du pain pour mettre le beurre et la confiture, ou alors il te faut de la farine pour faire des crêpes non ? Et des œufs ?… Qu’en dis-tu ? »
– « J’ai des Cougnolles Monsieur Gaston !… »
Répond l’enfant toute fière se redressant,
– « Trois belles grandes Cougnolles !.. C’est le père Noël qui me les a données !… Elles sont géantes vraiment !… »
Et de ses deux mains écartées elle montre à l’homme la dimension des Cougnolles.
– « Aux raisins et aux cristaux de sucre imaginez !… »
– « Ah mais voilà la belle nouvelle petite !… Quel brave homme que ce père Noël que tu as rencontré là… Bien … Alors nous disions … »
Continue-t-il en se rendant dans les rayons derrière :
– « Deux litres de lait entier … Voilàààà … Puis … Un kilo de sucre semoule …. Voiciiiiii … Un paquet de cacao en poudre … Une livre de beurre … Et un pot de confiture de framboise … As-tu pris un cabas cependant parce que voilà bien des choses à porter à mains nues ? »
– « Eh non monsieur Gaston, je n’y ai pas songé … Je suis partie un peu dans la précipitation … »
– « Ce n’est pas grave tu sais … Les épiciers ont toujours des cabas … Regarde … Je place tout dans celui-ci et tu nous le ramèneras demain ou lundi, à ton choix … »
Ce disant il se met à remplir un grand panier en osier des produits qu’Adélie venait d’acheter. Une fois fini il allait vers la caisse, pointait les denrées et arrachait le ticket qu’il déposait sur la grande vitre du comptoir, tout au dessus. Ensuite il se mit à compter l’argent qu’il y avait déposé et en retirait la somme qu’Adélie devait payer pour ses achats.
– « Voilà qui est fait !… »
Dit monsieur Gaston.
– « Et à présent … »
Ajoutait-il,
A mon tour d’être ton père Noël.

Et devant la mine médusée de madame Francine qui s’écria d’un sonore :

– « Mais !!!… »
Laissant entendre ainsi sa désapprobation, le regard furieux et courroucé de monsieur Gaston y mettant radicalement fin de manière péremptoire …

L’homme se dirigeait dans le comptoir de crèmerie et charcuteries où il se mit à couper quelques tranches de jambon et des tranches de gouda. Puis il saisit une cuillère et servit dans un ravier des raviolis maison, tout un tas, ajoutait encore à cela une belle tranche bien épaisse de pâté de gibier, un petit pot de confit d’airelles et un magnifique saucisson. A quoi il ajoutait encore un carton de 12 œufs, un gros pain ménager et un sachet de fromage râpé.
Enfin, derrière lui dans le rayon il prit un kilo de farine et une boîte de sucre en morceaux qu’il ajoutait aussi dans le panier. Ensuite, se dirigeant vers les fruits et légumes il y choisit quelques belles pommes, des poires, une grappe de raisins noirs, un grand et odorant ananas, quelques belles oranges et des bananes …
Pour finir, prenant l’escabelle, il fouillait dans les rayons du dessus et redescendait les bras chargés de deux belles boites en fer remplies l’une de biscuits, l’autre de chocolats fantaisie, d’une grande bouteille de sirop de fruits rouges et de trois paquets de jolis macaronis tout frisés et colorés. N’en restant pas là il prenait encore au passage deux boîtes de tomates pelées et une petite boîte de concentré, une boite de filets de maquereaux et pour conclure ajoutait aux tout trois bouteilles de jus d’orange.
Madame Francine, à la regarder, on aurait bien pu croire qu’elle allait étouffer…

Ses joues, son front, son cou, tout en elle était devenu rouge et comme boursouflé.
Son mari de ce temps, ne la regardant pas même, allait dans la réserve et en revenait avec trois autres litres de lait les mettant eux aussi dans le grand panier qui commençait à déborder comme la hotte du père Noël !…

*
Un spectacle !

*
Adélie n’en revenait pas !

Elle ne se souvenait pas avoir jamais vu panier si rempli…

Médusée elle aussi, elle laissait faire l’homme, se rendant bien compte qu’il eut été inutile de le contrarier.
Celui-ci n’avait pas fini…

Il allait dans la vitrine et y prit quelques branches de sapin tout frais et sentant bon la forêt, enlevait quelques boules de Noël de la décoration intérieure du magasin et les ajoutait au reste …
Enfin, pour finir, se tournant vers madame Francine sur le point de défaillir lui demandait d’une voix suave :
– « Dis moi donc Francine, il me semble qu’il nous restait encore une de ces belles bûches de Noël que nous achetions hier pas vrai ?… Nous pensions encore la vendre ce soir mais il commence à se faire tard … »
– « Sûrement !… »
Répondait madame Francine, toute heureuse elle de retrouver son droit à la parole …
– « Sûrement oui qu’il en reste encore une !… Mais nous pourrions très bien encore la vendre demain Gaston !… »
– « Demain … »
Lui répond Gaston d’un ton sans réplique et écartant largement les bras,
– « Demain, Francine, c’est un autre jour !… Et de plus, demain, Francine, c’est le jour de Noël !… De plus, Francine, demain, le boulanger passera nous déposer de nouvelles marchandises !… Tant qu’à faire, mieux vaudra vendre du frais aux clients pas vrai ?… Te plairait-il je te prie d’aller me la chercher cette bûche que tu as rangée derrière en chambre froide ?… Je vais l’ajouter au panier d’Adélie pour finir leur repas de Noël, demain !… Y verrais-tu un inconvénient peut-être ?… »
– « Si j’y vois un inconvénient ? »
Répond madame Francine au comble de la fureur.
– « Monsieur appellerais cela un inconvénient ? Mais mon cher ami, avec tout ce que tu as enfourné dans ce panier, ces gens là, il leur faudra au moins jusqu’au Noël prochain pour nous rembourser !… »
– « Nous rembourser ? »
Réplique monsieur Gaston tout étonné,
– « Nous rembourser ?… Mais, femme, tu n’y es pas du tout !!! Je crains que tu n’aies pas compris !… Il ne s’agit nullement de remboursement ni de crédit !… Ce sont des cadeaux de Noël que j’offre à « ces gens » comme tu le dis !… Veux-bien je te prie aller chercher cette bûche !?… Nous n’avons déjà que trop tardé et la maman d’Adélie risque de s’inquiéter … Sur le passage, voudrais tu bien me rapporter aussi mon manteau ?… Je vais lui faire un pas de conduite à cette enfant, le panier est bien lourd, elle ne pourra jamais arriver à bon port. »
Se tournant vers Adélie il ajoute :
– « Tu porteras la bûche petite, c’est plus délicat … Et léger … »
Retournant vers le comptoir il prit alors le ticket de caisse, le donnait à Adélie prenant soin de lui rendre aussi sa monnaie.
Toute éberluée, ne sachant plus que croire ni voir, Adélie prenait le reste de son argent. Constatant qu’il y en avait presque tout autant que quand elle arrivait elle dit à monsieur Gaston …
– « Il y en a assez encore monsieur Gaston, prenez donc le tout ! »
– « Un cadeau, petite, ne se paye pas, il se donne !… Avec le cœur !… Garde donc tes sous, tu iras demain matin chez le boulanger chercher un bon pain frais pour la journée … Et le reste, ma foi, tu pourras l’économiser pour d’autres usages. »

*

*
Regardant vers l’étalage, Adélie avisait une belle couronne de Noël toute faite de rubans rouge et or …

Elle l’avait déjà bien des fois admirée le matin en partant pour l’école et c’était dit que ce serait fort joli comme décoration de Noël.

Tout y était …

Les branches, les boules, les rubans, et même huit jolies bougies plantées dessus à intervalles réguliers …

Voilà une jolie chose qui ferait plaisir à maman.

Et la couronne pourrait resservir l’an prochain …

Ce ne serait pas vraiment un achat vain…

*

*
– « Alors monsieur Gaston, je vais acheter la couronne qui se trouve dans la vitrine. Je l’aime beaucoup. Je suis sûre que maman l’aimera aussi. Elle est vraiment très très belle. Puis-je l’acheter oui ? »
– « Ah mais écoute, si tu penses que cela pourrait te convenir, pourquoi pas ?… Attends, je vais la prendre. »
Et s’arc boutant contre l’étalage, monsieur Gaston se saisit à deux mains de la couronne, la faisant passer par-dessus les produits exposés.
– « Je l’ai décorée moi-même jeune fille ! »
Dit-il tout fier à Adélie.
– « Et l’an prochain tu pourras t’en resservir, il te suffira de remettre des branches de sapin toute fraîche. Le reste des décorations tu les garderas et tu les replaceras … »
– « Oh !… »
Dit Adélie tout séduite,
– « Il y même des clochettes dorées !… Je la poserais en milieu de table et j’allumerais les bougies à minuit pour le Noël !… Comme je suis contente ! »
Dit-elle en battant des deux mains.
– « Alors je suis content moi aussi ! »
Dit monsieur Gaston.
– « Combien pour la couronne monsieur Gaston ? »
– « Il t’en coûtera 7 euros mon enfant, c’est son prix produit fini. »
Reprenant ses sous dans sa poche Adélie compta minutieusement son argent et donnait le compte juste à l’épicier.

*

*
– « Il y en a des choses à transporter ! »
Dit-elle d’une voix tremblante d’émotion.

Jamais il ne lui était arrivé de n’avoir pas assez de bras pour porter toutes les emplettes !…

Vraiment, c’était la fête.
– « Pourvu que maman se réveille, pourvu que maman aille mieux tout à l’heure, pourvu qu’ensemble nous puissions faire la fête et profiter de toutes ces bonnes et jolies choses que je vais lui ramener. »
L’enfant était au comble du ravissement mais tout de même dans son cœur restait une brûlante lame d’inquiétude. Ah, si maman pouvait bien vouloir revenir de là où elle se laissait glisser. Ce serait si bien ensemble ce soir, et tous les soirs de la vie à venir.

*

*
Entretemps madame Francine revenait avec le carton de pâtisserie à bout de bras et le manteau de son mari jeté par au dessus.
– « Mauvaise !… »
Lui dit monsieur Gaston avec un ricanement en la voyant arriver …
– « Tu mets mon manteau sur le carton dans l’espoir d’abîmer la bûche ?… Bah, le carton est solide, tu en seras pour tes frais. »

*
Enfilant son vêtement il attrape le panier.
Se ravisant, il le dépose, ouvre la boîte de pâtisserie pour s’assurer que la bûche est bien dedans … Sait on jamais … Enfin, il referme le carton, met autour un joli ruban et le donne à Adélie qui le prend avec d’infinies précautions sur le plat de ses deux petites mains …
Le grand cabas dans une main et la couronne dans l’autre, monsieur Gaston suivait Adélie et ils sortirent du magasin…

Et c’est ainsi chargés qu’ils prenaient le chemin vers la maison de l’enfant.

*

*
Sur le retour, Adélie ne dit pas un mot.

Elle se demandait vraiment ce qui lui arrivait …

Abasourdie qu’elle était, éberluée, tout en effervescence aussi.

Serait-ce le père Noël qui aurait manigancé tout cela ?…

Lui qui disait ne pouvoir faire de miracle, la voilà servie !…

Si seulement il pouvait en faire autant pour maman se dit-elle.

*

*
Arrivés devant la maison pourtant son petit cœur se resserre et elle sent sa gorge se nouer. Elle se souvient avoir laissé sa maman couchée comme inconsciente dans son lit et se demande comment elle la retrouvera.
Fouillant prestement sa poche elle en extrait la clé et ouvre la porte.
C’est le moment que choisit la propriétaire pour descendre l’escalier. Voyant rentrer l’épicier à la suite de la petite et chargé d’un immense cabas rempli à craquer d’aliments elle s’arrête, interdite, au bas des marches.
– « Mais … »
S’exclame-t-elle,
– « Qu’est ce donc que tout cela ?… »
– « Des courses madame ! »
Répond, désinvolte, monsieur Gaston qui n’est pas sans ignorer, comme tous d’ailleurs dans le quartier, le caractère peu généreux du cerbère.
– « Des courses voyez-vous !… C’est Noël pour tout le monde pas vrai ? »
– « En effet … »
Répond la propriétaire, essayant d’un sourire forcé d’atténuer l’effet de sa question.
– « C’est Noël pour tout le monde oui !… Mais dites-moi donc, j’espère que l’enfant n’a pas fait crédit ?… »
– « Crédit madame ?… Mais point du tout ! Le crédit, elle le reçoit d’emblée. Car le crédit, voyez vous madame, c’est la confiance et l’estime que l’on accorde aux gens de cœur et de qualité ! En êtes-vous ? »

*

*
Laissant sa question en suspens l’épicier suit la petite Adélie en descendant l’escalier vers le logis où il trouve le médecin assis sur une chaise à la tête du lit de la maman qui elle, réveillée enfin, est à moitié assise, accoudée aux oreillers … Voyant cela Adélie, après avoir précautionneusement déposé le carton de pâtisserie sur la table, se précipite vers elle et la prend tendrement dans ses bras.

*
– « Maman !… Enfin te voilà réveillée… Enfin te voilà revenue !… Comme je suis contente ! Regarde, regarde maman, tout ce que j’ai ramené !… C’est monsieur Gaston !.. Il nous a tout donné pour nous, pour notre Noël !… Imagine maman, imagine !… C’est Noël !… »
S’exclame la petite.

Et se retournant elle cherche des yeux l’épicier, mais celui-ci, sans demander son reste, est déjà parti. C’est ainsi que font les bonnes gens. Ils donnent sans compter et ne demandent aucunement d’en être encensé. C’est cela, la générosité…

*

*
Voyant tout ce déballage de victuailles dans le grand panier, les branches de sapin qui en sortaient, le carton de pâtisserie et la belle couronne posés sur la table le docteur s’esclaffait :
– « Eh bien ma jolie, tu as fait bon usage de ton argent !… Je te félicite et je me réjouis pour toi et ta maman !… »
– « C’est monsieur Gaston docteur … C’est monsieur Gaston, c’est vous … C’est le père Noël aussi … »
Dit l’enfant dans un sourire noyé de larmes tout en caressant le front de sa maman…
– « Bien dis le docteur, très très bien ! Je suis ravi sache le bien !… Et moi j’ai eu de ce temps là une bonne et longue conversation avec ta maman… Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour l’aider … A mon avis, il serait peut-être temps de penser à prendre quelque vacances bien méritées … Changer d’air et d’atmosphère … Je vais voir ce que je peut faire pour vous deux … »
– « Des vacances docteur ? »
S’exclame Adélie …
– « Ben disons, des vacances … Pas tout à fait … Mais peut-être une manière de partir en vacances oui, qui sait … Ta maman m’a promis qu’elle allait essayer de remonter le courant … Il faut n’est-ce pas Madame ? »
Dit-il en regardant la mère d’un regard à la fois sévère et bienveillant.
– « Oui docteur, je vais essayer … Je vais essayer oui … Pour moi, pour Adélie … Mais … Vous êtes trop bon … Nous n’avons nulle part où aller … Et nous n’avons guère d’argent, pas même pour nous déplacer. »
Dit la femme d’une voix faible et basse.
– « Nous verrons en temps utile Madame, ce qui importe d’abord c’est que vous fassiez l’effort pour vous remettre debout !… Vivre ! Dame !… Vivre qu’il faut !… Rien n’est facile pour personne nous le savons tous … Mais vous avez là une si gentille petite qui vous adore et vous est toute dévouée … Pleine de talents et de qualités … Elle a besoin de vous !… Si vous ne voulez plus vivre pour vous, vivez au moins pour elle. Le reste suivra … »
Adélie ne comprenait pas trop bien de quoi il s’agissait. Ce qu’elle comprenait c’est que le bon docteur était parvenu à réveiller sa maman, qu’ils avaient beaucoup parlé, qu’il y avait dans la pièce un poêle supplémentaire, elle venait de s’en apercevoir, qu’il y faisait bien chaud et que sur la table et dans le grand panier il y avait de quoi faire un repas de fête … Un repas de Reines pour toutes les deux ce soir et encore demain et encore les jours prochains … Déposant un tendre baiser sur le front de sa maman elle lui dit :
– « Reste là bien au chaud maman, repose toi. Moi je vais ranger, mettre la table, fabriquer le cacao. Tu verras maman, ce soir, pour nous aussi, ce sera Noël !…Un vrai Noël maman !… Tu comprends … »
Alors l’enfant se levait du chevet de sa mère et se mettait à déballer toutes les provisions. Une belle musique de Noël remplissait la pièce et cela lui fit du bonheur au cœur. Elle adorait la musique bien sûr Adélie. Elle est danseuse, ne l’oublions pas.
– « Et moi je vais vous laisser à vos occupations … »
Dis le médecin.
– « Si j’ai le temps ce soir je passerais vous voir mais il m’étonnerait … Le veillée de Noël, curieusement, il y a toujours des malades parmi les petites gens. Mais au plus tard je vous retrouverais demain !… Promis … »
Se retournant vers la mère une dernière fois il lui recommanda d’une voix ferme :
– « Et pas de bêtises n’est ce pas ma bonne Dame !… Vous avez là près de vous une charmante enfant dont le cœur déborde d’amour pour vous !… Et ce soir, quoi qu’il en soit des chagrins, ce soir vous êtes ensemble, il fait chaud, vous avez de bonnes choses pour vous régaler et de belles choses à regarder. Et Adélie se fera un plaisir, je le sais, de vous raconter plein d’histoires de Noël. N’est ce pas petite ? »
Dit le médecin en s’approchant de l’enfant déjà fort affairée aux soins du repas de fêtes qu’elle se promettait de préparer.
– « Oui docteur … »
Répond elle … Et regardant vers sa maman :
– « D’ailleurs maman, avec tout ça, je n’ai pas encore pu te raconter le plus important !… Imagine-toi, maman !… Ce soir, en revenant de l’Académie, j’ai rencontré le père Noël !… Le vrai maman, le vrai père Noël, celui qui vient des pays lointains, là où les arcs en ciel se mélangent à la brume et où le soleil se lève trois fois sur la journée ! »

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Souriant et tranquillisé, le médecin remontait le petit escalier et discrètement s’en allait. Il était certain que ses petites protégées, au moins ce soir, passeraient une belle fête.  Le babillage de l’enfant le poursuivait dans le couloir et jusqu’à la porte d’entrée qu’il refermait derrière lui, le cœur soulagé et l’âme rassérénée. Il faut peu de choses pour rendre heureux tout compte fait se dit-il. Quelques heures de bon vouloir, quelques pièces de monnaie et c’est comme si tout le reste s’enclenchait à la chaîne.

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Demain, il en était certain, il retrouverait la mère et son enfant souriante et confiante.
Une petite voix le lui disait …

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(Suite au prochain épisode … Sous peu … J’y travaille…)

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RED_BAKKARA

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Droits d’Auteur …

Vous l’savez bien n’est ce pas …

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Un commentaire sur “Il y a des Noëls -(2)-

  1. […] This post was mentioned on Twitter by Jacqueline Brossard. Jacqueline Brossard said: RT @RED_BAKKARA: Il y a des Noëls -(2)-: http://wp.me/pWdOT-k6 […]

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