JOURNAL PARLE

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D’Écueil à Récif j’avoue louvoyer. Il n’est pas dit que le Navire ira Sombrer. Le Capitaine veut Vivre donc Vivra qui Verra !..

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Pour bien faire il faudrait que je tire un fil hors de cette pelote de noeuds, oui, mais quel fil …

Si je tire un Fil d’entre les Noeuds… Ça va faire des Noeuds dans les Fils… Tout est tellement emmêlé que c’en est une vraie Pitié…

Les Fils y’a qu’à Prendre… Tu tires tu Tires et voilà… A chaque Coup quelque part ça Coince… C’est vraiment Ardu de m’y Retrouver…

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– « Humm… »

disait-elle

– « Artiste ? Je m’demande comment tu Oses dire ça de Toi Même ?.. Jamais je n’Oserais dire Ça ! Pour qui tu te Prends ? »

Elle avait une de ces Façons de se mettre la Bouche en Cul de Poule, Sourcils Froncés, Faciès traversé d’un Rictus Ironique et Méprisant…

Pour me dire de sa voix Vilaine :

– « Ecrire ? M’Oui… Tu écris mais à quoi ça Sert ? De toute Façon de ce Temps là tu ne Travailles pas !… »

Ainsi est née la Culpabilité d’Ecrire, cette Forme Glauque de « Faute » développée en moi… Comme si Ecrire tenait de l’Onanisme même…

Comme de dire qu’Ecrire ne sert à Nul Autre qu’à Moi Même et que Moi M’Aime ne Rapporte Rien et que si ce n’est Ecrire je ne Fous rien…

Amputation Mentale… Musellement Létal… Censure Fatale… Exil Brutal… Condamnation à l’Autisme Social…

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Ne Croyez pas que je Saute du Coq à l’Âne c’est dans la Foulée des Pensées s’Enchaînant Déchaînées que se Brisent les Lames aux Souvenirs…

Si je Hurlais de Toute Manière vous ne m’Entendriez point. Seuls les Mots ont Puissance du Dire fussent-ils Muets… Fussent-ils Conspués…

Je peux même vous Dire qu’après avoir Ecrit deux ou trois Lignes ici je me suis Levée et j’ai Hurlé c’est Vérité comme une Louve aux Abois.

Qu’importe n’est ce pas ils sont Supposés Muets les Poètes aussi Longtemps qu’on ne les Comprend pas. Comprendre signifiant Prendre en Soi.

N’ayez pas Peur c’est Invalidant et Paralysant la Peur de l’Autre. Cette Peur que Véhicule l’Effroi de l’Etrange Nourrissant l’Ostracisme…

Le fil de la pelote de noeuds s’emmêlant dans le Labyrinthe où le poète reste l’Otage et la Proie du Minotaure aux Aguets prêt à le Dévorer.

Dommage que je n’aie 20 Doigts et deux Claviers j’Avancerais plus Vite pour Sortir tout ce qui se Trame là en ce Moment dans ma Caboche !

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La Nuit est Féroce…

Translucide et Sans Pitié…

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Attention !

Vous êtes au Théâtre.

Quoi ?

Votre Attente serait-elle nourrie d’un Désir de Fiction ?

Il n’en sera rien !

Ceci est Réalité !

L’envers de l’Ecran…

Le Tangible du Virtuel…

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Il y a une Scène pour que puisse Agir la Parole. Il y a la Mise en Scène pour en Soutenir l’Émotion. Le Théâtre est Acte d’Importance…

Il faut que ça Sue !… Il faut que ça Grince !… Pas Question de Ronds de Jambes ni de Dentelles… Car la Vie Sue ! Car la Vie Grince !

Il s’agit de Hurler la nécessité du “Dire”. L’urgence de Rupture avec un Silence Sélectivement Contrôlé. A partir d’où devons nous Parler ?

Et jusqu’où Pouvons nous nous Taire ?…

A partir d’où Pouvons nous Parler, jusqu’où Devons nous nous Taire ? Mais oui va. Il est Bien sûr que les Vocables peuvent être Inversés !

Le Sens n’a de Sens que si l’on peut le Prendre à ContreSens. N’ayez Crainte nous ne Mourrons dans l’Ignorance mais il sera Tard alors déjà.

Il y a un Poing au Centre de la Scène et un Coup Donné vers le Dehors. Vers les Gradins. Les Figurants se Mettent en Rangs. Ça Rime à Quoi ?

Il y a des Milliers de Gens Errants Ignorants de leurs Demains s’ils y Ouvrent les Yeux. Des Enfants là dedans. Ne me dis rien ! J’écoute !

Il y a des Acteurs dans ce Décor. Porteurs de Paroles, de Cris, de Sons, de Cadences allant se heurter dans les murs. S’y briser en Echos…

Pourquoi mets-tu des Majuscules Partout m’a-t-on demandé encore Hier. Me signalant que cela ne se fait pas en Milieu de Phrase… Je Ris !

Je ris !… Haut et Fort !… Je me Gausse oui !… La Douleur, La Misère, L’injustice, La Violence, La Cruauté Réclament des Majuscules !!!

Tout autant que la Beauté, l’Amour, la Tendresse, La Justice, L’Amitié, La Douceur, Le Bonheur en Réclament eux aussi des Majuscules !…

Tout comme la Haine ! Celle qui Couve dans les Coeurs Innassouvis. Celle qui Soumet. Qui Brise. Qui S’enhardit jusqu’aux Larmes et au Sang !

Tu ne Connais Rien Ni ne sais Ni ne Comprends Ni n’Entends Ni ne Vois pour Oser me dire que l’on ne Place de Majuscules en Milieu de Phrase!

La Majuscule met à l’Honneur ce dont il est Coutume de se Taire le Sais-tu Seulement ? La Majuscule c’est le Son de la Phrase !… Le Cri !

Evidemment…

Il y a le Malaise, la Parole Directe sans subterfuge ni fiction. Le “Tu” le “Toi” qui peut être “Moi” ou “Lui” ou “Elle” ou “Nous” ou “Eux”.

Il y a ce Malaise … Et il pose question … Evidemment !…

Il y a l’Ambiance Embarrassante d’un Monologue Anonyme Déchirant brusquement de sa Sonorité le Confort Acquit d’une Lueur de Lucidité …

Et devant l’Ecran on s’Interroge :

– “Et si c’était Nous … Demain ?”

Evidemment …

Alors … Soudain … Il y a une Flambée de Colère qui gagne le Juste … Et ne cesse de Crépiter … Evidemment …

Puis… Il y a l’Ouverture… Les Mots prenant Figure… La Brèche provoquée par la Parole Physiquement Habillée d’Emotions… Soudain !…

Soudain surgit l’Espoir du Dire ne laissant aucun Silence Indemne. Il s’agit d’un Drame sans Histoire. C’est l’Histoire qui fait le Drame.

Et la Parole se scande sur le Tempo de l’Outrance. Sur la Mesure de la Puissance où Elle trouve Corps dans Lequel s’ouvrir à l’Emotion…

Ils Dérivent de leurs Frontières. Ils Campent entre les Fils de Fer de nos Cités et nous devrions nous Taire ou parler par Onomatopées ?

Ou par Métaphores encore nous Débarrasser d’une Honte Sous-Cutanée ?

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Choisissons !…

Allons !…

Choisissons Enfin oui …

De Heurter !..

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Extrait du « Parti-Pris de la Mise en Scène »

Pièce de Théâtre

« JOURNAL PARLE »

{Drame Musical}

PRIMÉE PAR AMNESTY INTERNATIONAL NAMUR EN 2003

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RED_BAKKARA

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Pièce Déposée à l’Albertine en 2001

Tous Droits Réservés

Si la Pièce vous Intéressait …

nous Pourrions Envisager de venir la  Jouer.

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