Le Hall : Perceptions

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Aussi je me rendais d’un pas décidé vers cet escalier …

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A chaque marche, tout le long du mur de la volée, mon regard s’arrêtait sur les tableaux qui le garnissaient.  Il y avait là de très grandes toiles impressionnistes d’une technique sûre et d’un regard averti…  Mais dépourvues de toute émotion…  D’un affect terne et retenu, d’une mièvre séduction visuelle, de puissance et d’inspiration médiocres…  Sombres si possible pour des paysages bucoliques..  Arrivée au dessus je me trouvais du premier pas dans une grande salle plus profonde que large aménagée de tables carrées assez grandes, nappées d’étoffes blanches damasquinées et flanquées des quatre côtés de chaises austères aux dossiers ouvragés, minces, incommodes à vue de nez…

Je n’irais pas m’asseoir me dis-je si même l’on m’y conviait.

Un homme long et mince s’avança vers moi.  S’inclina d’un geste obséquieux appartenant à d’autres temps.  Je restais coite, surprise,  interdite.  J’attendais la suite. L’homme portait un pantalon noir impeccable et bien mis dans son pli sur lequel une redingote noire dévoilait par endroits une chemise en satin blanc dont le col, rigide et rehaussé, donnait à sa tête l’impression d’être posée sur une boîte aux rebords contondants.

Mal à l’aise…

Il m’invita, se relevant de sa pliure de subordonné, à le suivre …

Je le suivais.

Au milieu de la pièce une décoration étrange attira mon regard.  Je m’arrêtais à sa hauteur, l’homme qui me précédait à une distance oblique d’un demi mètre en fît autant.  Mais ne dit rien.  La chose, je ne parvenais pas à lui donner de nom, ressemblait à une sculpture.  Façonnée dans un matériau précaire semblable à du carton plastifié elle se dressait sur une hauteur de deux mètres au moins et devait avoir la largeur d’une carrure d’homme.  Bien bâti.  L’oeuvre, pour sûr que c’en était une, d’une laideur repoussante et d’un manque d’équilibre et de souci des rapports hallucinants, ne représentait rien …  Rien.  Absolument rien à ma connaissance …  Mon cerveau ne parvenait pas, malgré la bonne volonté que je lui sentais, à associer aucune forme ni silhouette connue à ce plasme …  Un monolithe …  Massif, rugueux, mal dégrossi, haut, d’apparence lourd et rebutant, il se dressait là au milieu de cette longue salle dans un espace circulaire dégagé à son intention de bien deux mètres de rayon …

Fameux !…

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Je me tournais alors vers l’homme qui mi-penché semblait scruter sur les traits de mon visage une quelconque appréciation et lui demandait :

 » Quel est cet objet ?  » …

Il se redressa, vif, pareil à un ressort se détendant et d’un air courroucé oui presque, d’une voix d’offense oui tout de même me dit :

 » Objet ?… Mais …  Monsieur !?…  Ceci devant vous est « Humour » voyons !…  La dernière oeuvre de Milazso Compuncto !…  Ne le saviez vous pas ?… »

Non …

Je ne le savais pas …

Ni ne connaissais le nom ni ne connaissais l’existence de ce nom en personne.  Désolée me dis-je in petto le regardant et ajoutant d’une voix sans hésitation

 » Non, je ne connais pas non !…  Et de même … » désignant l’oeuvre ainsi nommée « …  je trouve cette chose hideuse oui, laide, moche, rebutante, cauchemardesque, vilaine oui !…  Désolée pour votre, comment disiez vous là ?  Votre Componcto c’est bien ça ?!…  Déjà vous avouerez quel nom n’est ce pas !…  Et son « Humour » à vrai dire, je le trouve désolant … »

« 

Débitant ma réplique je m’amusais …  J’étais en train et qui allait me freiner ?…  La situation me semblait cocasse et je m’y trouvais prêt à des joutes verbales me délectant déjà de son indignation.  Je m’amusais oui, en effet …  Mais j’étais bien le seul …  Mon interlocuteur lui prenait une tête écarlate qui faisait tache de sang là posée sur son col en forme de guillotinne …

« Compuncto … »

Parvint-il pesamment à souffler hors de son col pour me corriger.  Non ça qu’il n’avait pas trop l’air content …  Mais soit !…  Fallait il trouver joli ce que je trouvais laid et le dire joli par peur de le dire laid ?…  Ou par interdiction pire encore ?…  Non n’est ce pas ?…

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Aussi …

Son « Humour » …

Hein ?…

On s’en tapait !…

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Dans mes réflexions je voyais de l’angle de mon oeil droit mon larbin se remettre de ses états de confusion, s’avancer vers moi, se courber à ma hauteur comme pour me prendre à témoin, s’approcher presque de mon oreille et me dire d’une voix qui me paraissaît rauque de suspecte émotion :

 » D’ailleurs vous allez le rencontrer ce soir,  Milazso Compuncto !…  Ce soir même et ici même oui !…  »  Il jubilait.  Son front moite et mat irradiait tout à coup d’une brillance satinée.  Il poursuivait: « Il donne sa célèbre conférence : ‘L’Inutilité du Beau » … »

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Je suffoquais …  J’avalais de travers … Comme ça …  Brusquement …  Il me  semblait avoir entendu de dieu le tonnerre !…  Dans ma cervelle !…  Ca claquait là …  Quoi dit-il l’animal ?… Non !… Je devais avoir du mésentendre …  Mal comprendre …  L’inutilité du Beau ?…  Impressionnée par la laideur du monolithe dressé là devant moi j’avais du associer mes émotions propres à cette annonce de conférence et lui avoir donné une écoute en forme de lapsus :

 » Permettez ?… »

lui dis-je derechef,

 » L’Inutilité du Beau ?…  C’est bien cela que vous m’annonciez en guise de conférence ?…  Quel bon dieu d’imbécile peut se permettre même de songer en faire état ?…  Quelle est donc cette vulgarité ?…  Non content de produire de la laideur viendrait-il se mêler votre Componcton ou presque de la prêcher la laideur dites le moi ?… »

Son expression médusée m’informait en conséquence de son humeur.  Après avoir grincé d’entre ses dents un

« Compuncto !… »

exacerbé et correcteur il me tourna le dos d’une volte d’expérience me dictant dans le même mouvement d’une voix péremptoire :

 » Veuillez, Monsieur, me suivre !… »

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Ce que je fis …

De ce pas l’accompagnant …

Curieux …

Et point sur la défensive …

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MandraGaur’En Individu’Elle

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(Roman : Titre provisoire)

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Note : Je rappelle pour tout ceux que ça intéresse que ce que j’écris est protégé non seulement par la Licence Créative Commons mais aussi par la législation belge et internationale propre aux droits d’auteurs de même que par le dépôt des publications de ce blog (ou de tout autre de mes textes par ailleurs) dans les fichiers de la bibliothèque Royale Albertine à titre d’auteur belge repris dans les archives et déjà publié. Merci d’en tenir compte. Si des textes vous intéressaient vous pouvez me joindre par mail. La page d’accueil vous informe amplement à ce sujet de même que des normes, clauses et droits d’utilisation de mon oeuvre. -L’Auteur-

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Le Hall

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 » …  Le hall d’entrée était une pièce réduite où donnaient toutes les portes de l’appartement. Les murs étaient peints de vieux rose et vieil or.  Pour ce qu’il y avait de murs. Car les cinq versants de la forme géométrique que représentait le hall étaient chacun percé d’une ouverture.  Un escalier descendait par l’une d’entre elles à main droite si l’on peut dire, ne sachant pas vraiment l’orientation une fois dans le lieu.  Un air de musique semblait descendre les marches jusque devant mes pieds.  J’entendais des saxophones.  M’apprêtais à monter y voir… « 

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Je vais aller faire mon second café de la journée …

J’ai peu dormi …

J’ai beaucoup écris …

J’ai même (ou enfin) entamé la rédaction de ce fameux « roman » …

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(J’ai l’envie d’éclater de rire à l’idée ambitieuse d’écrire un roman)  Mais voilà …  Il y a des mois que ça couve et qu’est ce que je vais leur dire moi à ces voix qui me taraudent et me houspillent et ne cessent de me seriner d’écrire je vais quoi leur dire ?…  Non merci !?…  Très peu pour moi ?!…

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Ben non !…

Merci je dis !…

Autant pour moi !…

Et travaille enfin bon !…

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Je me suis dit que je devais pouvoir le faire puisqu’il est là tout près dans ma tête nom d’un p’tit bonhomme depuis l’temps qu’il traîne là … Attends !…  On va l’éjecter !…  J’ai mon plan …  Tout les jours je vous en apporterais un pan …  Si vous vouliez suivre, lire, me dire …

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Full Critique I bag you all and thank’s for that yeah !…

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MandraGaur’En Individu’Elle

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(Roman : Titre provisoire)

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