>Marée<

L'EAU, LE SABLE, LA VASE, ...LES MARÉES DE FRISE.

Ne cherche pas, ne cherche plus, laisse, oh laisse la marée se retirer loin aux horizons vers où ton regard ne pourra en percevoir encore ni les lignes ni les signes sur les flots s’évadant ni non plus les ressacs, ces flux de l’âme…

Ne t’arrêtes pas, ne t’arrêtes plus, marche, oh marche jusqu’aux seuils de ta possible destinée et baisse toi vers les sables où traînent les coquillages esseulés sur cette plage désertée que les vagues abandonnaient…

Ne pleure pas, ne pleure plus, essuies tes yeux, oh essuies les tes yeux trop emplis de larmes et tes paupières si brûlantes, incandescentes des feux de douleurs inexprimées car enfin à qui irais-tu les dire si nul ne t’entend ?…

Ne crains pas, ne crains plus, ose vivre, oh vivre par toi-même et grandir sans ne demander rien ni ne te retourner ni ne te museler car enfin lequel de ceux qui te jugent, oui qui de ceux-là eut pu résister comme tu le fis, toi ?…

Ne te retournes pas, ne te retournes plus, avance, oh avance, déterminée, sûre de ton droit d’être, toi, sans plus en doute ne le mettre car il suffit de ces noires marées de sentences et d’inexistence qui te mettaient en danger.

MandraGaure

Image d’un Blog’Ami : http://vuesdunord.skynetblogs.be/archive/2011/05/25/l-eau-le-sable-la-vase-les-marees-de-frise.html

 

 

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Le Poète

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Mais Vous n’avez Rien Compris !

N’avez Rien Vu !

Vous êtes Aveugles !

Vous êtes Muets !

Vous êtes Sourds !

Surtout oui !

Vous êtes Sourds !

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Dans ce Monde Déchaîné

Où seul le Gain a Valeur,

Où l’Âme Moquée se meurt de Terreur,

Que peut faire Encore Le Poète

Sinon Attendre l’Heure ?…

Sinon Décrypter les Bruits Lancinants

Émergeant de Lieux Souterrains

Où l’Horreur Tapie Patiente ?…

Se Taire de cela le peut-il le Poète ?..

Humains et Sociétés Tourmentés,

Sols Sanglants, Bouches Cousues,

Vies Basculant de Soumission à Insurrection

Doit-il se Taire le Poète ?…

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Être Décrié dans ce Monde

Où Banalité et Trivialité gagnent

Sur Originalité et Profondeur

Est Marque d’Indépendance et de Qualité d’Esprit.

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Comment ne pas Glisser dans la Déréliction

Face au Temps Révolu,

Perdu à Jamais,

Où la Main Tendue et le Geste Gratuit

Avaient Sens Humain ?

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Le Poète ne Sait pas la Vérité …

Il en Éprouve le Présage …

Il ne Voit pas l’Avenir …

Il en Pressent les Augures …

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La Prétendue « Folie » du Poète Réside

Dans cet Incommensurable Espoir

De voir Naître un Monde Neuf

Où L’Art de l’Amour Unirait les Hommes …

La Mélancolie et la Désespérance du Poète

Sont Fruits de sa Quête de L’Idéal Humain

Confrontée à la Conscience de son Utopique Rêverie …

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Rien de ce qui fut ne Résiste, ne Persiste.

Tout fut Consommé,

Le plus Beau et jusqu’au Feu du Soleil…

Ils sont Parvenus à Tout Corrompre.

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Orphelin Accompagné de sa Muse

Le Poète Défriche le Chemin des Visions Obscures

Avide de Lumière

Il ne Cesse d’Invoquer la Ligne du Jour …

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Les Rythmes du Temps s’Alourdissent

Et Pèse sur l’Humanité

Une Sournoise Désolance

Résonnant d’un Timbre Solennel

Et Creux Comme un Glas…

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Chaque Nuage dans le Ciel

A son Poids d’Évanescence

Distillant en Larmes Iridescentes

Les Encres Tourmentées

Dont le Poète tache ses Cahiers.

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Et vient la Nuit.

Nul ne se Tourne vers Lui.

Seuls les Papillons Nocturnes

Viennent se Poser

Sur les Roses de Sang

Que le Poète a Transcrit.

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Calliope me retient

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Je dédie ces vers à mon amie 
@DBoulard
Qui veille avec tant de sollicitude 
Sur mes quelques rares heures de repos
La remerciant au passage
De m'avoir offert cette si jolie image de

CALLIOPE

Aînée des Muses
Déesse de l'éloquence
Muse de la Poésie Epique. 

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Pas de lune je rêve

C’est la nuit elle m’achève

D’une brume profonde

En désarroi évanescent

Sur l’onde floue

Sans trêve

D’un rythme lent …

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Apparence de sommeil

Confondus de fatigue

Les doigts roides de froid

S’obstinant encore

A vouloir consigner

Des pensées

Déjà loin évanouies.

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Trompant l’ennui

Le baladin à la musique

Blanche et ronde

S’agrippe aux croches

Vagabondes

Des boucles noires d’une Reine

Si nomade souvent.

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Et le ciel flotte

Sur des ailes larges

Couleur d’opale

Où de brillantes lucioles

Telles des phalènes dérivent

Aux vagues des nues bleutées.

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Fragiles fées

Aux auras de lumière

Vêtues de mantes brillantes

Où les astres pâlissent

Les reflets des danses

De l’onde captive de ses plis.

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Alors que se lève

Aphrodite étincelante

Irradiant la voûte étoilée

De ses voiles évanescentes

S’accrochant aux confins

Des désirs éperdus.

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Sa M’use

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D’encres et de larmes

Violettes me désarment

Couleur de fleurs et de printemps

Courant au levant au devant

Je suis le vent

Messages …

Mes sages …

Mais sage ?…

Vous m’avez voulue et je n’ai pas pu …

*

Dire  encore je dois obéir aux ordres

D’ordre il ne pourrait être question

Attention distraction je ne puis garantir

Qu’écrire m’interdire il me faille

Et les failles je défaille

Dans l’ordre ou le désordre je naît

Je naît  des genêts des désordres gênés

Des ordres gênés ils ne sont

Et veulent tout ranger classifier

Autant me dire de ne plus inspirer,

Respirer, expirer ne plus écrire

Ne plus parler.

Et ne plus rire tant qu’on y est !

*

Me  laisser choir de la chaire

Ah ma chair tu le vois qu’elle est faite

De larges auréoles d’encre sur la table

Etalée, attablée et ne plus me demander

De ne pas écrire équivaut à me mourir

De ne plus vivre alors exsangue mais jamais

Renoncer à donner à ma plume

Qui s ‘use,

S’amuse

A mon âme

Ma Muse

*

Ne plus voir ni concevoir,

Ne plus entendre ni regarder

Ne plus chanter de couplets jamais

Liée aux vocables suis je libre

De renoncer quand il me sied ?

Jusqu’à la  nuit des temps

S’il me plaît s’il te plait Muse

Jusqu’à la fin des mondes

A la Muse, ma Muse m’amuse

Et je lui appartiens …

*

En moi l’orage gronde et l’ouragan

Cueilllir les larmes du ciel

Les mettre sur papier

Tant il y en a des anges

Que nul ne connait

Attraper les rayons du soleil

Ils viendraient me brûler le visage

A jamais

Si je laissais mes mots

Mourir en cage il n’y a pas

*

De mirages il n’y a que les nuages

Ceux avec lesquels je joue

A composer mes sonnets

Et des oranges striées de jaunes

Va le ciel va le monde et la mer s’y noie

Qu’importe je le demande le sens de tout cela

Et si  mes fleurs sont noires

Et si je raconte des histoires

Ne faut il point en ce monde

Des âmes pour en raconter ?

*

Quand arrive la nuit

Je me fais invisible

Et rien jamais de l’indicible

Je ne tairais.

Je tourne mon  regard

Sans cesse inlassable

Vers les cimes des arbres

Car c’est  là tout là haut

Que je pêche mes mots

Je pêche dans le ciel

Je chasse dans les rivières

Qu’ont ils à en faire

Si je fais tout à l’envers ?

A l’envers à l’endroit qui le dira dites moi ?

*

Je vais donner je peux donner

Je ne peux me défaire que de ce que j’ai

Ils ont le coeur vide et sec.

Qui se moquent et jugent

Le poète triste le poète fou

Le poète heureux malheureux

Qu’en peuvent ils en dire ?

Il n’ont jamais posé les doigts sur une feuille

Pour écrire trempant la plume

Dans l’encre violette

*

Offrez moi des violettes mon bon monsieur !

J’en veux …

Mais oui !…

Juste pour me croire un peu reconnue

Au coin de la rue

J’entends un ménestrel

Dans un autre siècle il me semble

Je devais aller flûte aux lèvres

Le poète est heureux

Sa muse

S’amuse

Ca m’use de toujours devoir répéter

*

Mais sans doute oui le poète pleure !

Et ses larmes même sont d’encre et de sang

De temps en temps

Pas tout le temps

De temps en temps oui seulement

Le poète est fou ?

Qu’il la garde sa folie !

Bénie folie

Et sa colère qui exaspère

Bénie sa colère

Et ses joies, ses anxiétés,

Ses inquiétudes qui durent oui

Et ses goûts des hauteurs

Et ses joies des précipices

Et les sommets d’où il revient

*

Toujours le poète revient des sommets

Pour tremper sa plume dans l’encre violette

Et raconter les beautés qu’il a pu contempler

Ah mais tu ne sais rien toi !

Inculte ! Va !

Toi oui ! Toi là-bas !

L’ingrat qui vient lui dire

« Pour te sauver il faut cesser d’écrire ! »

*

Et meurt le poète de vos sentences

Equivoques injures

Le poète sauve sa peau à chaque ligne

Sur le cahier tracé à l’encre des aubes

Violettes les encres des abysses

Et des ombres

Et lui réchauffe la muse

S’amuse de lui

Et s’use son âme son âme

Belle dame s’enfuit

*

Nul en ce monde ne peut interdire

Au poète de cheminer sur les lignes

Pareil aux notes de musique

Muse s’amuse mais non de lui

Sa Muse s’amuse car il est né

Sur une portée de contre-songes

Dans un écrin prédestiné

Libre oui d’être libre de lui

*

Le  poète vous me dites le  poète crie ?

Certes désespoir de ne  pouvoir

Etre entendu aimé compris

Pour lui et ses vocables

Trainez  !

Mais trainez le donc dehors !

Au bûcher le poète !

A la mort !

Pauvre de lui …

*

Pauvre agneau

Sacrifié de ce monde

Race éteinte de dans la honte

Tonalité grise dont s’irise

L’encre violette sur la page

Grandes taches

Auréoles Auréales Boréales

Qu’importe les mots ils sont miens

Je les invente les réinvente

Ils m’appartiennent en propre

Ils m’absorbent et je  les bois

Ils sont à moi et je m’en moque

Du papier buvard où les ronds s’étiolent

Pauvre poète oui pauvre de lui

*

Non survivre mais vivre

Muse dis le leur dis  le lui !

M’use la ruse qui les tient

De vouloir mettre à mort

Celui qui s’est taché les mains

D’encre violette vient offrir

Aux êtres laids, aux borgnes

Aux aveugles, aux sourds

Aux muets, aux hagards

Aux  vilains aux blafards

Aux imbéciles même  oui

La lumière !!!

*

La lumière poète vois !

Pas à pas effeuille tes tourments

Comme en un cirque de campagne

Les clowns pleurent sous leurs rires

Les poètes meurent sous les quolibets

Ils ont allumé déjà le bûcher

Poète attends !

Reviens !

Ne sors pas !

Ils vont te brûler ne le comprends tu donc ça ?

*

Et sur ta dalle tombale ils déposeront

Un bouquet de violettes

Couleur de ton encre

Et prieront !

Et la Muse

Pauvre Muse

S’amusent les gens de la conspuer

Mortellement blessée

Elle viendra se coucher

Au flanc de ton corps pauvre poète

Pauvre hère …  Pauvre toi …

Poète mort !

*

Ma muse

Ta muse

T’amuse encore …

Le monde stupide ne s’arrêtera pas de tourner

Et toi poète l’âme consumée

Tu quitteras la fosse

Commune fosse où ils t’auront jeté

Et de là haut,

Des cimes,

Des sommets et des cieux

Avec ta Muse

T’amuseras

Car te gausseras d’eux…

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Autre part

 

 

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Emmanuel Hannaux (1855-1934)

 

Le poète et la Sirène

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ETRE !
POETE !
QU’EN EST-IL DE CELA ?…
DE CES HEURES OU TU TE QUESTIONNES.
POURQUOI TANT DE MOTS ?…
POUR TANT DE MAUX QUI NE PARDONNENT ?…
LES LIBERER ?… RESTER DANS LE MUTISME ?…
EN TOI LES GARDER ? ALIÉNÉS ?…

ET SI POÈTE TU N’ÉCRIVAIS PAS ?… 

QU’EN ADVIENDRAIT-IL, ALORS, DE TOI ? …

DIS MOI … POUR QUELLE RAISON SERAIS-TU VENU LA ?… 

*
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L’écoute est particulière aux êtres aptes à entendre le silence …

Ils sont rares …
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L’écoute est particulière aux êtres aptes à entendre les poètes …
Ils sont clairsemés …
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L’écoute est particulière aux êtres n’ayant pas peur des mots …
Ils sont isolés …
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Certains chemins doivent se rencontrer et cheminer …
C’est ainsi la destinée …
D’autres …
Jamais ne devraient se croiser …
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*
La véritable générosité d’autrui, dans ce que l’on nomme l’amitié …
Dans ce que l’on nomme l’Amour …
Car les deux suivent de semblables contours …
Il semble …
Une fine membrane les sépare …
Comme un hymen.
*
Cette générosité est capacité à entendre le silence …
Qui s’adresse à lui …
Pouvoir l’entendre ce silence …
C’est l’aptitude de faire don d’une part de soi …
A l’autre …
Sans cela pas d’amour …
Sans cela pas d’amis …
*
La plus grande des peurs du poète est de n’avoir plus rien à donner …
Pire encore, que personne ne puisse plus avoir le besoin de ses dons …
Ce serait comme d’une brèche dans un mur …
Comme d’avoir brusquement à avancer vers  « Autre part » …
Autre part ?
Ou vers nulle part …
Là où le terrain deviendrait incertain …
Là où ne s’aventurent pas les humains …
*
Pourtant …
Entrer dans cette brèche serait aussi pouvoir grandir en sa vie …
*
Il importe …
Pour le poète …
De pouvoir trouver sa Muse …
Alors le poète pourra vivre sans la peur de se perdre dans le néant …
Car le risque d’entrer dans la brèche et d’avancer vers « Autre part » …
Autre part ?
Ou vers « nulle part » …
Entraîne le risque de ne pas le voir revenir …
S’il n’y a pas au dehors de la brèche la Muse pour attendre le poète …
Lui donnant du retour le désir  …
*
Le don, le vrai, de soi à l’autre est de pouvoir entendre, comprendre et accepter que l’autre puisse vouloir choisir le chemin qui passe dans la brèche et qui va « Autre part » …
Autre part ?
Ou « nulle part » …
Et pouvoir l’attendre …
Nommons cela fidélité …
*
Chaque minute qui vient de passer est une minute de vie intense …
Chacune de ces minutes passées ne pourront plus être effacées …
Elles  ne reviendront jamais …
Mais elles ont été vécues …
Quoi qu’il en soit de la suite …
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Chaque minute pèse son poids dans ce qu’elle passe …
C’est pourquoi jamais rien n’est ni urgent ni pressant …
C’est là grande erreur que commettent les humains …
Croire qu’il est important d’être sans cesse au premier rang …
D’aller vite, de soutenir la performance …
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Chaque minute qui passe pèse le poids du temps qu’elle a pris pour passer …
C’est cela aussi le temps de vivre …
Et le temps de donner à vivre …
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Les mots sont pareils aux minutes …
Chaque mot va quelque part, pas n’importe où et jamais nulle part …
Nulle part ?
Aucune part ?
*
Si le poète choisit de rejoindre les nuées,
Celui qui le lira pourra se souvenir …
Paisiblement …
Pourquoi il a choisi d’y retourner …
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Les mots que le poète écrit sont vôtres puisque siens a vous donnés …
Personne jamais ne pourra vous les reprendre …
Vous pouvez à présent les apporter plus loin …
Les donner à votre manière, à votre façon …
*
Chaque mot écrit ou prononcé est un don !
C’est une part de la réalisation de ce que l’on porte en soi …
Donner du don …
Du don de soi …
Non pas « donner de soi » …
Mais donner « d’En Soi ».
Donner de cette part de soi qui est le don ‘en soi’ …
Donner de cet impossible à retenir en soi …
Ce sont  les vraies raisons pour le poète de vouloir Etre  » Là  » …
Mais elles sont rares pour suffire toujours à conserver le goût de  » Rester là  » …
*
Ce que le poète écrit ici et maintenant est comme un héritage …
S’il le consigne dans des cahiers cela restera  …
Il se pourrait pourtant que le cahier brûle …
Mais ce qu’il a écrit demeurera …
S’il  n’avait pu les dire ces mots jamais ils n’auraient pu exister …
C’est comme si celui qui vient les lire au poète en aurait fait le don !
Le poète n’a droit sur ses paroles que tant qu’elles ne sont pas dites …
Une fois que posées elles appartiennent au monde entier …
Et le poète sait cela …
Et le poète désire cela …
Car le poète aime cela …
Car le poète attend cela …
C’est sa liberté …
Son espoir d’être aimé.
*
*
Le poète est de ces êtres qui ne connaissent pas la vénalité !
Il donne sans rien attendre en retour …
Les mots viennent le voir …
Il les entend …
Cela le surprend …
Il les agrippe …
Il les transcrit …
Il les donne car il ne peut les retenir en lui …
Les mots s’échappent de son âme …
S’écoulent …
Comme d’une veine taillée abonde le sang …
Il ne peut les garder en cage …
Les mots sont les clés de ses propres mirages …
Comme il en serait dans le miroir de son image.  

L’on peut tout prendre au poète …
Pour lui ne comptent que les mots encore à naître …
Tout le reste est matériel …
Et il ne peut transformer en poésie le matériel …
Le poète est à la fois des mots le prisonnier et l’otage  …
Mais il n’est  captif ni de la matière ni du matériel …
Ce qui le rend tout à la fois magique ….

Et incompréhensible au commun de tout mortel …  

Ainsi ces lignes …
Elles resteront après lui …

Car il les a entendus…
Et transcris…
*
C’est le seul héritage que puisse laisser le poète …
Les mots qui lui furent donnés d’écrire …
Et de les pouvoir écrire le poète fait don ainsi de lui …
Et honore la Muse des vocables et des vers
Qu’elle lui a inspiré pour les  transcrire  …
Sans cette alchimie du verbe le poète mourrait …
*
Le poète est un baladin …
Il se balade …
De mot à mot …
C’est son destin …
*
Le commun ne peut inspirer le poète …
Car le commun triche …
Le commun mystifie le poète …
Mais ces mystifications sont de courte durée …
Le poète entends le vide en réponse à l’écho …
Il entend l’absence de résonance dans les âmes sans repos …
Il sait et en souffre mais ne se trompe pas …
Jamais. 

C’est la Muse …
La Muse oui …
Qui prend soin du poète …
Qui veille sur lui …

Le commun ne peut entendre.

Ni comprendre.
Ni connaître.
Ni percevoir.
Ni rencontrer, non, la Muse …
Ni même y croire …
Mais non plus ne peut la corrompre …
Car il est ignorant …
*
La Muse ne s’abrite pas n’importe où …
Elle choisit les âmes belles …
Car seules les âmes belles peuvent La recevoir …
Elles seules peuvent inspirer les poètes …
Et la Muse le sait …
*
Car la Muse est lucide …
Elle éclaire le poète …
Il peux s’y fier …
Mais ne peut imaginer les âmes noires …
Même en parlant de souffrance.
De vilenie.
Ou de laideur encore ses mots seront beaux …
Seule la Muse sait cela …
C’est pourquoi elle protège le poète …  

La Muse est transcendance …
Et magnificence …
Elle inspire le poète sans chercher à le retenir …
Elle lui donne de voler…
De s’envoler …
Elle ne veut se l’attacher …
Elle libère le poète dans son envol d’où il pourra Lui revenir …
*
Il n’a pas peur …
Le poète …
La Muse le porte à bout de bras…

Au creux de ses paumes…
A portée de sa voix …
Parce que là où réside la Muse…
Il n’y a de place pour la parole falsifiée …
*
Le cristal est fragile …
Mais si riche en reflets …
C’est en ces reflets que se  nourrit la Muse …
Faisant rejaillir sur le poète le tintement des mots …
Et le poète chantera la profondeur de leur beauté …
La préciosisté de leur cristalline fragilité …
Même si sans cesse il vient s’y blesser …
S’y écorcher.
S’y griffer.
S’y taillader des fois jusqu’aux veines. 

Chacun de nous apporte ce qu’en lui il porte …
Cela est ainsi pour les pires humains comme pour les meilleurs …
*
Il est bien que le poète ne soit pas sans gardien …
Mais il est rare…

Oh si rare il est …
De trouver le bon gardien pour l’âme du poète  …
*
Plus l’âme est éthérée et proche des nuées  …
Plus elle risque d’être mortellement brisée …
*
Beaucoup de mauvais gardiens convoitent les âmes belles…
Pour les absorber …
S’en faire une proie.
S’en faire les maîtres.
Oui les maîtriser …
Et les déposséder de leur essence …
Les terrasser.
*
Les poètes sont si seuls …
Très très seuls …
Si immensément seuls …
*
L’on se rit…
L’on se moque …
L’on se gausse des poètes …
Non pas qu’ils soient à moquer …
Juste que le mépris aide le commun
A se défendre de ce qu’il ne peut percevoir …
Le commun craint le poète par bassesse et sottise …
*
Le poète doit craindre le commun par souci de rémanence…
Et de mentale chasteté …
*
Sans la Muse le poète doute de tout …
Et de lui …
Sans la Muse le poète est seul …
Et perdu …
Éperdu…
Et perdu dans l’Immense …
Alors son âme lui demande de retourner aux nuées …
Car ici bas conspuée il lui faut se mettre à l’abri …
Tant elle est exposée et mise à nu …
Tant qu’elle se perd en ces méandres …
Tant qu’elle ne croit plus guère en rien …
Elle perd sa confiance…
Elle fait taire ses rêves …
Elle se retrouve orpheline d’espoirs …
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Et de connivences…
C’est alors qu’elle a peur …
C’est alors qu’elle se meurt …
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Le poète ne peut voir son âme perdre foi en lui …
Car il en mourra aussi …
*
Sans la Muse le poète est livré aux suppliques de son âme errante …
Qui lui demande de partir …
Il est de son  devoir de les entendre …
Son âme insiste, quotidiennement
Elle tient avec lui le même discours …
*
« Où tu veux, s’il te plaît, emmène  moi …
« Loin des récifs, des précipices, élève moi…
« Au delà des confins,
« Plus loin que les matins,
« Emporte  moi,
« Par delà les  horizons,
« De ces douleurs sans nom,
« Libère moi …
« Ailleurs mais pas ici …
« Oh mène moi je te prie …
« Mène moi là-bas …
Là-bas où ma pensée exultera. »
Il ne peut ni la décevoir, ni la trahir …
Car elle est d’une grande lucidité …
D’une infinie clairvoyance …
Et le poète ne peut se tromper dans les suppliques qu’elle lui tient …
*
Le poète est visionnaire …
C’est son sort …
Sa fatalité …
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Le poète ne dis pas :
« Je veux en finir » …
Le poète dit :
« C’est fini … Car je ne peux plus donner …
« Car je n’ai plus le souffle nécessaire pour sublimer …
C’est son âme, elle seule, qui insiste pour lui dire …
« Sous peu viendra l’heure de partir … »
*
Alors il lui faut l’entendre …
Sans quoi elle mourra asphyxiée …
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Sans la Muse l’âme manque d’air …
Sans la Muse le poète manque à son âme …
Sans son âme le poète manque à sa vie …
*
Le plus grand danger est aussi la plus grande fascination du poète…
Entrer dans la brèche pour aller vers autre part…
Autre part ?
Vers nulle part …
Y mettre son âme à l’abri des huées, des calomnies …
Et de la lapidation par les mots désacralisés, désincarnés …
Pire que la mort est la détresse de son âme blessée …
Et sans son âme le peut-il seulement imaginer …
D’exister ?
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Le poète ne converse pas …
Il s’entretient …
Il ne parle pas …
Il chante …
Jusqu’à ce qu’il déchante …
Le poète ne dialogue pas …
Il échange avec la Muse …
Et avec son âme …
Non qu’il ne veuille converser …
Ni qu’il ne veuille dialoguer …
Mais que ses paroles sont ineffables …
Sa pensée toujours indicible, inaudible du commun …
Alors il écrit …
*
Le poète sait que l’espoir se partage …
Mais il ne sait avec qui le partager …
Il sait que c’est dans l’espoir partagé que se trouve sa force plurielle …
Celle qui multiplie à l’infini la puissance d’être soi !
Mais il a peur d’y être trompé …
Les mirages, et les cages,
Là où les ailes éjointées il resterait emprisonné le font reculer.
Car mal entendre le poète équivaut à le briser …
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Les paroles dites ici sont vôtres.

Et quoi qu’il en soit de demain et du destin …
Elles resteront vôtres à l’abri dans votre mémoire …
C’est cela l’héritage …
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Même si le poète choisissais de donner à son âme le répit définitif qu’elle réclame …
Il sera toujours présent en votre esprit par les mots qu’il vous aura écrit …
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Ces questionnements et pensées ne sont pas stériles réflexions …
C’est bien plus que cela …
C’est pensée essentielle …
Certes inénarrable …
C’est le drame du poète …
Hors de cette principale pensée
Le poète s’échappe comme d’un temps pour lui écoulé …
Reculé.
Il rentrera alors dans la brèche et partira  » autre part  » …
Autre part ?
Vers nulle part …
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C’est ainsi que le silence doit être entendu sans jugement …
Pouvoir l’entendre c’est déjà donner au poète la liberté du temps …
C’est ainsi …
Parce que c’est aussi cela …
La vie …
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Nier l’existence d’un « autre part » c’est enlever l’espoir d’un ailleurs  …
Le choix de donner à son âme le répit dans nulle part est un aussi un acte de vie …
Ce choix il convient de le respecter tout autant que n’importe quel compromis…
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Même si tous les demains sont des autres jours …
Et même si ces autres jours peuvent sembler encore utiles à vivre …
Si l’âme du poète ne peut plus y survivre il n’est pas judicieux de la forcer à persister …
Cela équivaudrait à l’anéantir …
Et vivre avec une âme anéantie pour le poète c’est pire que la mort …
*
La mort n’est qu’un état …
Rien de plus …
Simplement qu’il est un autre état …
Un état inconnu …
Et c’est parce qu’il est inconnu qu’il fait peur …
Pour se protéger de cette peur le commun imposera au poète à rester dans le vivant …
Juste pour ne pas devoir contempler ce choix possible du néant !…
*
Les Muses sont rares …
Aussi rares que les poètes …
C’est pourquoi elles prennent soin du poète.
C’est pourquoi elle le sauvent de l’égoïsme et de la cruauté du monde …
Et de l’anéantissement de son âme …
Pour que soient sauvés les poètes …
*
La Muse permet au poète d’apprendre.
A partager l’espoir sans la peur de s’y perdre …
Sans la peur de se voir néantisé dans ce partage …
Car elle est là pour lui …
Et la Muse ne trahit …
Si elle arrive jusqu’à lui.
Ce qui n’est nullement garanti.
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Tout se boucle  …
Le poète donne et partage …
La Muse protège en ce voyage …
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Ces mots ont l’air très simples ?…
Mais ils sont de l’ordre du transcendant …
De la profondeur et du sens existentiel …
C’est mots semblent très compliqués ?…
*
Mais ils sont légers, légers comme les nuages,
Il sont pareils aux perles …
Rares …
*
Le souci du commun
C’est de vouloir tout et de suite et parfait !
Quel leurre !!!
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Le poète sait qu’il n’y a ni urgence ni perfection …
Il y a « La Beauté » …
A elle le poète sait qu’il peut se confier …
Tout se passe et se fait comme il se doit que tout se passe et se fasse …
C’est une des lois en ce monde …
*
C’est une des erreurs de ce même monde
De croire que tout doit toujours être immédiat et parfait …
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Le poète est trop doté, surdoué …
C’est un terrible destin …
Car cette dotation attise la convoitise des malins …
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Le malin est celui portant en son âme le mal.
 

Celui qui ne peut que pressentir la destinée du poète …

Sans l’approcher …

Lui reste alors à la  pièger pour l’anéantir.

Car il ne peut supporter de n’en avoir été touché.

La lumière du poète ébloui les regards aveugles et borgnes

Et ses mots brûlent les méchants …
Il ne peut les retenir …
Car il faut que vive son âme …
C’est pourquoi il est menacé.
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« Ah Muse … »
dit le poète,
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« Je sais que tu me comprends en tout cela …
« Et quel bonheur dis moi, quelle joie …
« Quel soulagement que tu puisses m’accompagner ici-bas …
« Ce passage dans la brêche, ce long chemin entrepris vers autre part…
Autre part ?
Vers nulle part …
Il le fallait traverser pour que tu viennes m’entendre …
En mes silences …
Au moins toi …
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Cô Gîte à Sion

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La muse endormie, Brancusi, 1910.
Tête bronze. Paris, MNAM.

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Est une fée

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Femme dotée

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Poétesse ailée

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Voyageuse de la pensée

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Flânant dans les ruelles de Sion

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Y nourrissant son inspiration

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S’inspire à Sion

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Du son de sa lyre

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La Muse l’attire

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Symphonie

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Nocturne Impromptu…

Tracées hors de cette nuit emplie de visions …

Ces paroles …

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J’allais de page en page et de-ci delà …
Passant ma nuit si proche si près …
C’est à lui que j’enverrai mes solitaires pensées …

S’il existait …

Celles qui jaillissent,

Pareilles à des étoiles,

Dans une sauvage obscurité …

Pareilles à des ombres,

A la recherche d’un ciel immaculé …
Et les laissant là …

J’ai dis laissons les là …
Et décris-les pour les partager avec lui …

Quand il viendra …

Une nuit aux lumières de l’étoile bleue …

Où les échos même affleurent…

Les résonnances …
Ainsi je voyageais, écoutant, regardant …

Et réfléchissant à tous ces secrets …

Ces paroles libres d’entraves …

Ces phrases d’une contrée,

De terre inconnue …
Mais les voix murmurantes pourtant …
Ce murmure des voix dis je pourtant …
Celles qui laissent la souvenance…

Dans l’âme et l’esprit …

Celles qui esquissent la forme…

Et la force dans la pensée …

Celles dont la rumeur alentours dit :

– « Tu n’es plus seule …”
Alors que promenant …
Alors qu’écoutant …
Alors que m’étonnant …
Alors que me promenant j’ai dis …

Atteignant ses pensées,

Au travers de l’atmosphère …

D’un rivage à l’autre,

D’un rivage à l’autre tanguant …
Nos pensées,

Nos émotions…

Si sensiblement transposées …

En musiques, sons et esquisses …
En écoutant dis-je …

Sa musique, et ces paroles,

Ces rythmes, ces bleus…

Ces blues …
Et m’étonnant j’ai dis …

Comment parviendrais-je …

A amorcer le retour …

En aval vers le courant du non sens ?
Là où le bleu semble noir dis-je …

Qu’importe …
Alors que les émotions si près si proches …

Si semblables dans la proximité de l’étoile bleue …
Tandis que mes doigts se tendent,

Et touchent …

Et ressentent son aura lumineux …
Alors que sombrant profondément à l’intérieur …

Des cercles;

Eternellement blessés par les épreuves …
Tandis que,

Volant hors des frontières du désespoir …

Hors de la misère,

Loin des brillances hostiles …
Où vais-je trouver ce désir ?…

Pas même la force ni même le goût …
Même pas l’idée de reprendre à l’envers…

Le chemin parcouru …

Et de partir à nouveau …
Et de quitter, j’ai dis, à nouveau …

Je le dois …
J’ai à le faire …

Une fois de plus le jour arrivera …

De sorte que jamais les charmes de nuit …

N’appartiennent à ma route,

Et ne puissent rester à mes côtés …
Qu’à cela ne tienne …

Je reviendrais encore …

Et encore…

Tout comme cette nuit,

A suivi d’autres nuits…

Auparavant …

Et ainsi de suite il en sera …
Je m’en suis confiée à la Muse …

J’ai voulu lui raconter …
De sorte qu’elle lui dise que je sais …

Et reconnais tant de moi en tout de lui …

En tout cela tel qu’il parait,

J’entends la voix et je comprends …
Que c’est ainsi que je rêvais …

D’être comprise …
Afin qu’il sache …
Qu’il l’apprenne pour sûr …

Qu’il apprenne de certitude.

J’insiste dis-je …
Depuis que j’ai vu la figure de l’absolu …
Au dedans d’émotions imagées tant élevées …
Qu’il sache que l’incertain ….
Est apte à engendrer un vol harmonieux …
Depuis que j’ai entendu,

De-ci delà,

La voix de l’étoile bleue …

Tournant les pages une à une …

Qu’il sache que la dislocation …

Est en puissance de s’élever vers la symphonie …
Depuis que je rencontrais les milliers…

Et plus encore de ces couleurs …

Depuis que j’ai intériorisé…

Les silhouettes et les sons et le toucher …
Qu’il sache…

Que le côté sombre de chaque tourment …

S’efface en se propulsant,

Pour voler plus haut et plus loin,

A l’intérieur du firmament …
Depuis…

Que j’ai connu la résonnance du rayonnement …

Et les paroles grinçantes,

De métal et d’acier,

Et les rires et les cris …
Qu’il sache que la terre a tremblé …

Et s’est divisée …

S’ouvrant …

Pour exhiber le côté scintillant de la cavité …
Depuis que je me suis approchée des rayons…

Et des frontières …

De cette lumineuse étoile bleue de nuit …
Qu’il sache …

Que le vide de l’obscurité ouvrira le chemin …

D’où, issues du silence,

Naîtront les nacres du jour …
Afin qu’il le sache pour sûr …
Qu’il les sache de certitude j’ai dis …
Ces paroles …
Toutes ces paroles …

Tracées dans cette nuit emplie d’entendements …

Qu’elles furent créées,

Composées,

Ecrites …

Et envoyées rien que pour lui alors que…

Cheminant,
Alors que l’écoutant,

Que m’étonnant de son monde …

Emplit de sonorités …

Ces vers comme s’envole l’oiseau ont émergés …
Et allèrent …
Droit vers l’étoile bleue …

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Muse …

Je te prie …

Dis le lui tout ceci …

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